mercredi 29 septembre 2010

L'inspecteur Harry est la dernière cible


Fiche du film :
Réalisateur : Buddy Van Horn
Scénaristes : Steve Sharon, Sandy Shaw, Durk Pearson
Année : 1988
Genre : Policier
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Patricia Clarkson, Liam Neeson
Résumé : Suite au meurtre de deux célébrités, une liste est découverte où leurs noms étaient inscrits suivis d'un "RIP". Cette feuille de papier appartenait à un réalisateur de film d'horreur qui, pour participer à un jeu, devait sélectionner huit personnes succeptibles de mourir dans la même année, le gagnant étant celui qui a prévu le plus de décès. Les morts s'enchaînent selon les noms qui se trouvent sur la liste, et le dernier est celui d'Harry Callahan.

Avis sur le film :
Avec une recette de plus 67 millions de dollars, Sudden impact a été le film de la saga Dirty Harry à rapporter le plus d'argent et ainsi, même si la série avait déjà du s'arrêter, un cinquième épisode fit son apparition sur les écrans cinq ans plus tard.
Le seul habitué à ne pas revenir est Albert Popwell, acteur afro-américain qui jouait un rôle différent à chaque fois, mais Clint Eastwood répond toujours à l'appel. Aucun des anciens scénaristes par contre ne revient, remplacés par trois personnes dont une pour qui il s'agit de la seule participation au monde du cinéma, et deux autres ayant été présents sur le plateau de Firefox en tant que consultants, mais sans qu'aucun d'eux n'ait déjà une expérience dans l'écriture d'un script.


L'origine de l'adversaire de l'inspecteur change encore, nous sommes passé du tueur psychopathe seul à un groupe, mais pour la première fois on ne connaît pas son identité et le public croit seulement avoir une piste ; c'est un cas rare où l'on sait uniquement quelles sont les victimes à venir.
Malencontreusement, la coutume jusque là respectée est aussi chamboulée chez Harry qui ne fait plus autant preuve d'initiative inconvenante, bien qu'il tue quelques braqueurs en démolissant au passage le restaurant qu'ils attaquaient, comme un entraînement avant de se mettre en chasse du grand méchant du long-métrage. Le personnage principal n'est irrespectueux que pas quelques gestes d'une désinvolture destructrice envers des reporters, tandis que lorsqu'il se montre arrogant par ses paroles, il arrive encore à être drôle par moments, bien que pas autant que par le passé, mais joint à ses répliques une vulgarité qui ne sert pas de propos suffisamment pertinents pour être justifiée.


Que les idées soient bonnes ou non, le coéquipier qui -parce qu'il est asiatique- connaît les arts martiaux, Jim Carrey dans un hommage à L'exorciste qui chante "Welcome to the jungle", ou l'humour en dessous de la ceinture pourraient convenir à d'autres films, mais ne donnent pas l'impression de voir les aventures d'Harry Callahan.
Le héros est introduit dans le domaine du septième art par un pastiche de films d'épouvante, les comptes sont réglés auprès d'une rédactrice qui avait qualifié L'inspecteur Harry de raciste, et qui se voit ici caricaturée puis assassinée ; cependant la critique principale porte sur les média, devenus le grand ennemi de Callahan dans cette enquête, mais là encore le personnage est désincarné. Il avait déjà sauvé un homme du suicide, mais dans une même situation l'inspecteur fait usage de son amabilité et non plus de sa provocation, cela au service d'une sous-intrigue autour du journalisme qui inclut également une romance entre Harry et une présentatrice de journal télévisé. Leur relation se rapproche de celle de L'inspecteur ne renonce jamais ou Sudden impact, mais le héros s'est trop adouci et sa nouvelle conquête ne semble pas correspondre à Harry "le charognard" qui, comme l'a démontré Magnum force, ne correspond pas à l'image d'un homme à femmes.


L'inspecteur Harry est la dernière cible comporte beaucoup de bonnes idées qui rattrappent ses erreurs, et pourtant même la scène la plus marquante qu'est la poursuite entre une voiture télécommandée et le véhicule de Callahan s'achève sur une mauvaise note. Et encore, tous les bons éléments apportés n'ont pas forcément leur place ici, alors que le spectateur ressent la fin d'une glorieuse époque. Ce cinquième épisode est certainement le plus faible de tous, mais si nous oublions ses prédecesseurs qui ont placé la barre bien haut, les "pour" et les "contre" s'équilibrent pour en faire un film tout de même bon selon la norme.

Bande-annonce VO :


Pour en savoir plus sur Clint Eastwood :
http://theclinteastwoodarchive.blogspot.com/

mardi 28 septembre 2010

Sudden impact : Le retour de l'inspecteur Harry


Fiche du film :
Réalisateur : Clint Eastwood
Scénaristes : Joseph Stinson, Earl E. Smith, Charles B. Pierce
Année : 1983
Genre : Policier
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Sondra Locke, Pat Hingle
Résumé : Exposé à trop de menaces auxquelles il met fin avec violence, Harry est envoyé hors de l'agitation de San Francisco pour poursuivre une enquète sur une série de meurtres.

Avis sur le film :
Le troisième épisode des tribulations d'Harold Francis Callahan devait être le dernier, mais suite à un sondage organisé par Warner bros peu avant la sortie du nouveau James Bond Jamais plus jamais, le personnage interprété par Clint Eastwood fut celui qui reçut le plus de voix lorsqu'il fut demandé aux votants de choisir un acteur et un de ses rôles connus, d'où l'arrivée d'un quatrième film. C'est l'occasion pour la star de passer à la réalisation dans sa célèbre saga après en avoir eu par deux fois l'occasion, et de faire jouer à ses côtés Sondra Locke, sa partenaire de l'époque avec qui il avait déjà partagé l'écran à cinq reprises.


Comme le fait remarquer le criminel Threlkis, Callahan est une constante dans un monde qui change, toujours vivant et identique après plus d'une décennie d'existence, mais s'il revient encore c'est que le public l'aime ainsi. Ses fans ont été entendus et ont de quoi être ravis, grâce à des scènes de déconvenues qui préparent la suite où le héros prendra sa revanche sur ceux qui lui ont échappé, mais surtout des scènes où justice est rendue avec effronterie par un Harry qui décoche les répliques devenues cultes encore mieux qu'il ne tire.
Si le culot de l'hargneux inspecteur continue à faire rire et que des idées cocasses surgissent tout au long de l'histoire, ce qu'il se passe en parallèle adopte un ton plus grave.
Chaque film qui vient s'ajouter à la saga n'en reste pas à ce qui a marché auparavant mais évolue avec un même personnage confronté à des situations différentes auxquelles il doit s'adapter. Il n'y a plus de co-équipier cette fois, bien que le décès de l'ami du personnage principal confirme qu'il n'est pas bon de de fréquenter Harry Callahan, mais le drame se situe exceptionnellement du côté du meurtrier.


C'est Jennifer Spencer, de l'autre versant de la loi, qui a désormais besoin d'une vengeance sauvage, son intrigue et sa préparation de chaque assassinat prenant même une grande place à l'écran. Sa tragédie évite d'attribuer un caractère manichéen à toute la série des Dirty Harry, car cette fois c'est quelqu'un considéré par la juridiction comme étant coupable qui est en réalité victime.
Callahan ne semblait avant qu'éliminer les tueurs automatiquement, mais cette affaire révèle que lui et son code ne sont pas infaillibles et rend le personnage plus humain, le surhomme redescend sur terre même si cela doit inclure un passage à tabac. Cette humanité dissimulée jusque là inverse la position qu'Harry tenait fermement ; c'est toujours au nom de la vraie justice qu'il transgresse les lois, mais jusque là elles empêchaient de protéger des innocents alors que dorénavant ce sont les coupables qu'elles défendent, et c'est à l'opposé que l'inspecteur doit agir, avec un choix plus difficile à faire.


Il aurait été dommage que ce quatrième épisode ne soit pas réalisé, et même s'il n'était pas prévu il se place parfaitement aux côtés des précédents, aussi bien pour ce qui est de la qualité de l'ensemble que pour son personnage principal qui reste radical quand il est question de supprimer la vermine, mais dont le développement de la personnalité paraît avoir été nécessaire dès lors que l'on nous a montré qu'il y a en lui une pointe de compassion.

Réplique culte :
"Go ahead, make my day" - Harry Callahan

Bande-annonce VF :

samedi 25 septembre 2010

L'inspecteur ne renonce jamais


Fiche du film :
Réalisateur : James Fargo
Scénaristes : Stirling Silliphant, Dean Riesner, Gail Morgan Hickman, S.W. Schurr
Année : 1976
Genres : Policier / Action
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Tyne Daly
Résumé : Avec un nouveau partenaire qui lui a été assigné, Harry Callahan doit retrouver les traces d'une bande de malfrats prétendant agir pour le peuple mais laissant de nombreux cadavres derrière eux.

Avis sur le film :
Depuis L'inspecteur Harry, Clint Eastwood eut l'occasion de réaliser cinq long-métrages, et il devait également s'occuper de L'inspecteur ne renonce jamais, mais à cause du montage de Josey Wales hors-la-loi, sa dernière réalisation en date, il dut laisser la place à James Fargo, son assistant sur ce même film. Avec l'acteur principal, le scénariste Dean Riesner, qui avait déjà participé au script du premier film de la saga, revient pour ce qui devait être la clôture d'une trilogie.


La structure de début nous ramène au premier film, puisque ce troisième s'ouvre également sur des meurtres, surprenants par la violence de leurs effets spéciaux sans faille, non plus commis par un fou mais par un groupe organisé de militants. Ce n'est qu'ensuite que la place est laissée à Harry, toujours aussi peu précautionneux et donc méchamment drôle, placé qu'il est dans des situations qu'on ne verrait pas ailleurs au cinéma, certainement par manque d'audace, et qui pourtant sont suffisamment crédibles pour se les imaginer faire partie du quotidien des forces de l'ordre. Ce, en tout cas, jusqu'à ce que l'inspecteur ne fasse une entrée fracassante au coeur de l'action. On ne botte pas les fesses de l'inspecteur le plus extrême de la côté ouest impunément, car l'irrévérencieux Harry Callahan est bel et bien de retour, se heurtant encore aux inepties de la justice des hommes pour notre plus grand plaisir.


Cette fois, ce qu'il considère comme impensable lui arrive sous la forme d'un autre co-équipier, et après qu'il ait été accompagné d'un Mexicain et d'un Afro-Américain, l'inspecteur est obligé de faire équipe avec une recrue féminine qui contraste avec lui pour faire de ce binôme un duo comique, évidemment alimenté par cette réalité d'inégalité des sexes au travail. Le personnage de Kate n'est néanmoins pas là uniquement pour remplir cette fonction, car elle détient une réelle personnalité, et c'est d'ailleurs avec son caractère qu'elle obtient l'attention du public et le respect d'Harry qui n'est plus le seul à liquider des suspects, quand il ne prouve pas enfin qu'il sait user de ses poings à défaut d'une arme à feu.


Les poursuites à pied sont rendues haletantes, l'action est explosive, et Harry le charognard est de retour exactement comme nous l'aimions lors de la première rencontre, mais encore plus dévastateur et allant plus profondément dans des dépravations si ahurissantes que c'en est hilarant. Ce qui est perdu en sérieux est gagné en rires en aucun cas moqueurs, mais provoqués par un léger décalage et un second degré volontaire sous un sérieux apparent qui prend les traits de l'impassible Eastwood.

Bande-annonce VF :

jeudi 23 septembre 2010

Magnum force


Fiche du film :
Réalisateur : Ted Post
Scénaristes : John Milius et Michael Cimino
Année : 1973
Genre : Policier
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Hal Holbrook, Tim Matheson
Résumé : Depuis quelques jours, des malfrats se font tuer quand la loi ne peut rien pour les mettre sous les verrous. Sans que la police n'ait aucun indice, Harry se sent obligé d'agir.

Avis sur le film :
Clint Eastwood aurait pu être le réalisateur pour cette suite, lui qui avait déjà dirigé la scène de suicide dans L'inspecteur Harry, mais c'est finalement Ted Post, autre collaborateur de l'acteur avec qui il avait tourné Pendez-les haut et court, qui occupe le poste.
Harry Callahan jetait son insigne à la fin de sa première apparition au cinéma, mais est tout de même de retour dans Magnum force, après un geste qui ne signifiait pas qu'il quittait la police, mais qu'il n'avait plus foi en l'application de la loi. Ses méthodes sont toutefois remise en question dans ce script basé sur une ébauche de Terrence Malick qui était à l'origine prévue pour le précédent film, le scénariste ayant eu en tête que le héros soit confronté à un justicier assassinant des criminels qui auraient échappé à une juste condamnation.


C'est l'aspect glorieux de la vie du policier qui est retenu, avec ses répliques et son arme brandie érigés en symboles dans le générique de début, alors qu'est laissé aux oubliettes l'inspecteur totalement désabusé qui donnait le mot de la fin dans Dirty Harry. Comme si presque rien n'avait changé depuis l'affaire "Scorpio", il semblerait que nous retrouvions Callahan tel qu'il était au début, toujours armé d'une répartie incisive et prêt à se mettre en danger de manière peu conventionnelle. Pourtant, là encore ce n'est pas exactement le même homme, car c'est l'environnement autour de lui qui est surtout modifié, il ne tient plus de la simple caricature mais est devenu trop étrange pour se rapprocher de la réalité, et cependant Harry l'accepte, comme s'il n'était plus au dessus des choses de ce monde. Le personnage a perdu de son aigreur, de son dédain pour les plus faibles qui ne peuvent se sauver eux-mêmes, et ne rejette ni la voisine qui se glisse dans son lit à la première rencontre, ni le coéquipier afro-américain qui finira rapidement à la morgue comme les autres.


Dans une autre mesure, l'exploration de ce personnage changeant est approfondie par deux figures policières opposées qui reflètent des facettes d'Harry qui croit voir en eux son futur et son passé. Il y a d'un côté son ami plus âgé et dépassé, sans autre avenir que la mort durant son service, et de l'autre de jeunes recrues plus douées que le héros et prêtes à le détrôner. Bloqué entre les deux, l'inspecteur Callahan se trouve dans une situation incertaine, surtout en une époque où les règles ont changé avec plus de violence de la part des criminels, contre lesquels on ne peut répliquer sans complications légales.
Pour ce qui est du groupe de recrues, les jeunes hommes se présentent comme une menace qui se montre pour le moment amicale, mais bien plus dangereuse qu'il n'y paraît, car ils commencent par pousser Harry à se questionner sur son statut, avant d'en arriver à une élimination littérale de la génération précédente.
Il n'y a aucun doute quant à l'identité du ou des tueurs de malfrats, d'où la légère tension lors de la présentation des "vigilantes". Leurs exploits lors de la compétition de tir deviennent bien plus qu'un exercice, et se révèlent être un avertissement auprès de l'adversaire du danger qu'il court, tandis que l'inspecteur fait passer lui aussi un message et fait avancer l'enquète durant cette scène d'apparence banale pour un policier mais qui sert grandement l'histoire.


Pour les besoins du scénario, Harry n'est plus tellement le "Charognard" que nous connaissions et continue à faire respecter le système pour contraster avec une bande d'amis à la gachette facile qui vont trop loin ; mais le héros règle encore une fois le problème en tuant ceux qu'il ne peut replacer dans le droit chemin.
Ce Magnum force comporte de l'action et des poursuites présentés avec des plans soignés, et même si nous ne retrouvons pas le personnage pivot avec exactitude, nous en savons d'avantage sur un protagoniste recentré sur le plan éthique afin de riposter auprès des détracteurs du premier film, et de bonnes questions restent sans réponses afin que le spectateur se questionne lui-même sur la morale et l'équilibre de la justice selon la loi des Etats-Unis.

Réplique culte :
"There's nothing wrong with shooting, as long as the right people get shot." - Harry Callahan

Bande-annonce VF :

mardi 21 septembre 2010

L'inspecteur Harry


Fiche du film :
Réalisateur : Don Siegel
Scénaristes : Harry Julian Fink, Rita M. Fink, Dean Riesner, John Milius
Année : 1971
Genre : Policier
Acteurs principaux : Clint Eastwood, Andrew Robinson, John Vernon
Résumé : A San Francisco, un tueur manipule la police en menaçant d'abattre un prètre ou un homme noir si le maire refuse de lui livrer 100 000$. Harry Callahan, policier connu pour ses méthodes radicales, est chargé de s'occuper de ce psychopatge qui se fait appeller "Scorpio".

Avis sur le film :
Passé entre les mains de plusieurs scénaristes, chacun apportant des éléments qui constituèrent l'histoire de L'inspecteur Harry, celle-ci changea plusieurs fois de lieu et d'intrigue avant que l'inspiration ne vienne de l'affaire du Tueur du zodiaque pour définir les agissements du meurtrier fictif Scorpio ainsi que le caractère du grincheux Harry Calahan, basé sur le policier Dave Toschi chargé à l'époque de résoudre cette même série d'assassinats. Bien que ce rôle soit devenu l'un des plus connus de Clint Eastwood, l'acteur ne fut pas le premier à être considéré pour interpréter ce personnage mythique, mais une fois choisi il put apporter cette figure de dur à cuire qu'il avait acquis avec ses célèbres western, et fut même à l'origine du choix de Don Siegel, avec qui il travailla la même année sur Les proies, pour occuper la place de réalisateur.


L'inspecteur Harry se présente comme un jeu du chat et de la souris qui laisse plusieurs cadavres derrière lui et où les adversaires se tiennent longuement à distance sans que l'on sache vraiment qui tient quel rôle. Scorpio ouvre le film en position de supériorité, sur les toits d'où il voit tout à travers la lunette de son sniper par lequel il délivre la mort. Néanmoins après le premier meurtre, l'action se concentre sur Eastwood qui, après avoir joué les cow-boys, fait sa loi de façon toujours expéditive, prouve qu'il a un plus gros calibre que ses adversaires et qu'il sait s'en servir.
L'homme se montre tout à la fois désabusé et maître de la situation, drôle et angoissant dans une scène à la tirade inoubliable qui captive et laisse à penser que Dirty Harry n'est pas un film policier comme les autres, tout comme le personnage éponyme ne fait rien dans les règles. La suite nous fait tout autant apprécier les écarts de conduite du héros et donne différentes explications pour son surnom de "Charognard" selon les pratiques déplacées et les dégâts causés au cours d'une enquète jamais ennuyeuse qui nous apprend entres autres comment l'inspecteur Callahan s'occupe d'un suicidaire en se servant d'une provocation peu appropriée.


Dans le camp ennemi, Scorpio est en une place qu'il aime tenir, au sommet de la ville d'où il peut manoeuvrer Harry par une vision d'ensemble qui l'élève en ange de la mort, ce qui fait écho à la musique et la voix divines qui se font entendre quand la caméra pointe dans la ligne de mire. Le tueur sait tout de même changer de méthode quand il est menacé, et évite ainsi de lasser en n'utilisant que le sniper. Andrew Robinson interprète un psychopathe à la hauteur du policier en face de lui puisqu'il fait preuve d'un dérangement mental peu commun même au cinéma, capable de se faire violence pour servir ses fins, et va bien plus loin au delà de ce que la censure pourrait faire pour l'arrêter car la brutalité physique n'est pas tant présente, contrairement à une amoralité qui se fait très sévère. Le fou se montre de plus en plus vicieux par une escalade de bassesses estomaquantes qui le font dépasser le Zodiac killer en réalisant ce que ce dernier ne faisait qu'évoquer dans ses lettres.
Tout se base sur l'affrontement entre les deux grandes figures de ce film, aussi mémorables l'une que l'autre, entre lesquelles rien n'est épargné pour tirer le meilleur du politiquement incorrect. Comme le fait remarquer l'une des affiches américaines, ce qui sépare ces antagonistes, l'un ayant fait quatre victimes et l'autre trois, c'est le badge. L'un doit mourir, et ce qui est décisif c'est le côté de la loi duquel ils se trouvent.


Pour se différencier des films policiers de l'époque, Harry se devait d'être un représentant des forces de l'ordre peu ordinaire, joué sans fautes par un Clint Eastwood qui sait exprimer la colère avec retenue. Et même en décalage avec les productions d'aujourd'hui, qui doivent s'appuyer sur des fusillades et de l'action toujours plus impressionnantes, L'inspecteur Harry fait preuve de grandeur en osant ce qui ne serait plus toléré de nos jours, par une constante et cependant légère exagération presque surréelle qui bâtit le caractère bien trempé de son personnage principal, devant faire face à l'adversité qui prend cette fois la forme d'un exemple de circonstances où la loi entrave la justice.

Réplique culte :
"You've got to ask yourself one question: Do I feel lucky? Well, do ya, punk?" - Harry Callahan

Bande-annonce VF :

dimanche 19 septembre 2010

Plaga zombie : Zona mutante


Fiche du film :
Réalisateurs et scénaristes : Pablo Parés et Hernán Sáez
Année : 2001
Genres : Comédie / Horreur
Acteurs principaux : Pablo Parés, Berta Muñiz, Hernán Sáez
Résumé : Les survivants de l'invasion de zombies de toute une ville sont récupérés par le FBI, avant d'y être renvoyés pour servir de cobayes.

Avis sur le film :
A la suite de la sortie directement en vidéo de leur premier long-métrage, les trois amis Argentins à l'origine de Plaga zombie s'étaient remis aux courts-métrages, jusqu'à ce qu'ils décident de s'atteler à la suite de leur film. Ce dernier ayant atteint un certain statut de culte, cela a probablement permis de disposer de participants par centaines tels qu'on les voit en non-morts dans des scènes d'invasion, pour un tournage étalé sur quatre ans et avec un budget plus conséquent de 3000$ pour faire cette fois un long-métrage excédant les 1h30.


Reprenant là où le premier film s'était arrêté, les personnages principaux sont décédés, ce qui ne les empêche pas de revenir dans cette suite sans pour autant qu'une quelconque raison ne soit attribuée à leur resurrection. Si les inteprètes des héros sont toujours les mêmes, habillés des exacts mêmes haillons couverts de sang, ils déployent cette fois une réelle énergie déchaînée qui a l'avantage de camoufler un jeu d'acteur jusque là mauvais. Les complexes sont abandonnés pour laisser place à du cabotinage qui correspond désormais à la folie désirée par les cadrages déviants et mouvements de caméras agités.
Dès leur apparition, les morts-vivants indiquent que ce Zona mutante est enfin ce que Plaga zombie premier du nom aurait du être, car le carnage mieux filmé et mieux rythmé par le montage bénéficie de meilleurs maquillages et effets spéciaux au service d'un gore qui innove, en allant plus loin sur certains points là où Braindead s'était aventuré, avec un zombie qui se sert de son système digestif défaillant comme d'une arme.


Cependant, si les débuts sont prometteurs, la suite en revient à des défauts que comportait déjà Plaga zombie. Le rythme s'étiole pour s'attarder sur des personnages qui ont au moins le mérite de se voir attribuer une histoire, en particulier John West pour qui une chanson country est même composée et une gamme de produit dérivées façonnée, ce qui ne permet pas pour autant de s'attacher à ce cow-boy catcheur ou à ses amis. Seul Bill se détache comme étant le personnage le plus facile à supporter, mais pour ses deux comparses qui finissent par s'affronter, le spectateur ne se sent pas concerné car ne peut se placer ni d'un côté ni de l'autre, entre la brute ou le nerd psychopathe.
Pour continuer de voir de l'intérêt dans la suite du film, il ne reste que les scènes de combat sanglantes, qui se font de plus en plus rares, mais qui comportent toujours leur lot de bonnes idées appliquées avec un amateurisme qui a des visions de grandeur suffisantes pour agréablement surprendre.


L'un des principaux défauts de Plaga zombie : Zona mutante est qu'il ne tient pas la longueur, le délire d'origine s'éparpillant pour se perdre parmi les gémissements incessants des morts-vivants qui finissent par agacer. D'autres scènes sont trop tirées en longueur par une tentative de suspense qui échoue en se basant sur des liens affectifs avec les personnages dont on se désintéresse en réalité, car encore une fois les scénaristes n'ont pas su mélanger le sérieux avec le déjanté.
Ce second essai en dehors des courts-métrages se rapproche plus du film gore décomplexé que son prédecesseur mais, avec un budget aussi limité pour un sujet similaire, n'arrive pas à égaler la cadence infernale d'un Infantry of doom.

Bande-annonce VO :

vendredi 17 septembre 2010

Plaga zombie


Fiche du film :
Réalisateurs : Pablo Parés, Hernán Sáez
Scénaristes : Berta Muñiz, Pablo Parés, Hernán Sáez
Année : 1997
Genres : Comédie / Horreur
Acteurs principaux : Berta Muñiz, Pablo Parés, Hernán Sáez
Résumé : Trois amis se défendent dans une maison contre une attaque de zombies organisée par des aliens.

Avis sur le film :
Ayant réuni 600 dollars, un groupe d'amis Argentins se sont placé à la fois derrière et devant la caméra pour toucher le marché de la vidéo avec leur propre moyen-métrage gore, à la croisée entre Sam Raimi pour le thème des zombies ainsi que la façon de filmer, et le Bad taste de Peter Jackson pour la présence d'aliens et le tournage se déroulant principalement sur les week-ends, durant une période étalée sur une quinzaine de mois.


Les noms des personnages indiquent une influence du cinéma Américain, et les mouvements de caméras désordonnés rappellent Evil dead, et bien qu'aucun plan ne soit totalement original, quelques uns sont bien organisés et donnent un air de folie à chaque scène, toutefois quelque peu gâchées par l'inesthétisme de certains plans rapprochés. Entre démence et sérieux il est nécessaire de choisir, mais même là Plaga zombie ne sait se placer, bloqué entre les deux à cause d'un besoin de meubler qui pousse à des dialogues adoptant un ton plus grave, mais qui révèlent un mauvais jeu d'acteur et une incapacité à construire une conversation qui  arrive à affecter le spectateur.
Ce n'est toutefois pas ce que l'on attend d'une pareille petite production, car ce qui y importe essentiellement ce sont les zombies. Mais ce qui pourrait faire oublier les défauts du film empire peut être même la situation, le maquillage se résumant à du glaçage de gâteau étalé sur le visage, et aucun des morts-vivants n'osant attaquer les survivants, qui peuvent rester au milieu de la horde sans risquer leur peau. Ce n'est qu'armés d'un couteau ou d'une tondeuse que les cadavres ambulants agissent enfin, mais la plupart du temps sans que le meurtre ne soit satisfaisant, faute de violence qui ne soit pas coupée par le montage.


Avec très peu de bonnes idées et un rythme lent qui crée l'ennui en s'attardant sur des scènes qui n'en valent pas la peine, Plaga zombie ne dispose pas de ce que l'on serait en droit d'attendre d'un film de zombies amateur, et n'est pas même sauvé par le moindre massacre digne de ce nom.

Bande-annonce VO :

mercredi 15 septembre 2010

13 fantômes


Fiche du film :
Réalisateur : Steve Beck
Scénaristes : Benjamin Carr et Richard d'Ovidio
Année : 2001
Genre : Horreur
Acteurs principaux : Tony Shalhoub, Matthew Lillard, Shannon Elizabeth, Alec Roberts
Résumé : Une famille hérite d'un oncle maître de l'occulte et se rendent dans son ancienne demeure, qui leur appartient désormais. Il ne s'agit pas en réalité d'une simple maison, car ce dans quoi entrent les Kriticos est une reproduction d'une machine enfermant 12 fantômes qui serviront à ouvrir l'oeil de l'enfer.

Avis sur le film :
Deux ans après La maison de l'horreur, remake de La nuit de tous les mystères, Joel Silver et Robert Zemeckis poursuivent avec la mise à jour de 13 fantômes, autre film à l'origine réalisé par William Castle et scénarisé par Robb White, et ce toujours par le biais de la maison de production "Dak castle", mais avec cette fois le débutant Steve Beck aux commandes.
Pour perpétrer la tradition instaurée par Castle, ce film-ci devait lui aussi user de lunettes, cette fois en 3D, tout comme l'achat d'une place pour La maison de l'horreur donnait droit à un ticket à gratter pour gagner une somme d'argent. L'idée fut toutefois abandonnée pour 13 fantômes, ne laissant que le film à l'appréciation du spectateur.


Réactualisé pour s'adresser au public actuel, l'horreur pure s'accompagne de violence puisque les spectres ne font plus qu'effrayer mais cherchent réellement à causer du tort aux occupants de leur maison. Le générique de début fait preuve d'originalité et d'une maîtrise de la caméra, tandis que les premières scènes laissent présager du gore comme il en est permis à notre époque grâce à quelques meurtres paranormaux particulièrement douloureux, orchestrés par Greg Nicotero, passé maître après avoir été l'apprenti de Tom Savini.
L'envie de viser un public jeune, principale cible de ce genre de production, se ressent par le casting qui comprend Shannon Elizabeth connue par American pie et Scary movie ainsi que Matthew Lillard, qui cabotinait extrêmement à la fin de Scream, et dont on reconnaît ici les grimaces crispées qu'il peut afficher à volonté dès lors qu'il joue un psychique souffrant à chaque vision surgissant dans son esprit. La post-production aussi en est affectée, la bande-son est essentiellement constituée de rock ou de hip hop, et le montage est d'une frénésie qui secoue l'image en tous sens lors de chacune des apparitions fantômatique.
Malheureusement, parmi ces aperçus, ce sont les mauvais éléments qui prennent le dessus et se déploient durant tout le reste du film.


Les lunettes permettant de voir les fantômes, qui ne sont plus désormais qu'en plastique, constituent le seul vrai point commun avec le film d'origine, et le 13 fantômes moderne semble apporter des éléments intéressants de sa propre création, en particulier la maison de verre ainsique les spectres variés et atypiques qu'elle renferme. Seulement, à peine la famille et le notaire pénètrent dans la demeure que l'on peut prédire que le massacre ne sera pas de grande envergure, au vu du peu d'éventuelles victimes présentes. Malgré une première mort inattendue et d'autres personnages faisant irruption sans que l'on sache comment, les esprits se font discrets bien que l'un d'eux soit, apparemment, le "Charles Manson des fantômes".
Si l'on excepte les personnages qui ne peuvent certainement pas mourir afin de ne pas trop heurter le public et qui s'en sortent avec quelques griffures, il ne reste plus qu'un faible choix de personnes à tuer et leur décès, parfois résultat d'une attitude absurde, n'est pas même satisfaisant.
Le destin d'un personnage étonne pourtant, et il s'agit de la nourrice afro-américaine stéréotypée de la famille Kriticos, que l'incompétence rend inutile en tant qu'employée et qui ne sert pas plus en tant que personnage du film, si bien qu'il est tout aussi surprenant de ne pas la voir mourir que de s'apercevoir que le mot de la fin lui est laissé. Car, bien que cela reste difficilement perceptible pour quelqu'un doté d'un sens de l'humour ordinaire, il semblerait qu'elle n'ait été présente que ses blagues.


En dépit du titre assimilable à une promesse, les ectoplasmes pourtant pleins de potentiel ne sont pas même correctement utilisés, tout comme les personnages vivants, pourtant peu nombreux, sont incorrectement gérés au point que l'un d'eux disparait avant la fin.
13 fantômes n'apporte pas de sang nouveau, pas même quelques litres car, plus destructrice que le "Jackal" et le "Juggernaut" réunis, l'aseptisation Hollywoodienne a mis fin à ce qui aurait pu être un film divertissant.

Bande-annonce VF :

lundi 13 septembre 2010

13 ghosts


Fiche du film :
Réalisateur : William Castle
Scénariste : Robb White
Année : 1960
Genre : Horreur
Acteurs principaux : Charles Herbert, Martin Milner, Jo Morrow
Résumé : Une famille en manque d'argent hérite d'une vieille bâtisse qui semblerait hantée.

Avis sur le film :
Un an plus tôt, le film à petit budget mais à grand succès La nuit de tous les mystères de William Castle inspira Hitchcock pour réaliser Psychose. Sorti la même année que ce dernier, 13 ghosts n'a pas une histoire de Robert Bloch accompagnée d'une réalisation du maître du suspense pour s'inscrire dans la légende, mais Castle préfère plutôt continuer sur sa lancée en réalisant ce nouveau film avec la même recette qui fonctionne toujours : peu de moyens mais de sensationnels stratagèmes promotionnels.


Le programme était présenté en "Illusion-O", procédé qui permettait aux spectateurs de voir ou faire disparaître les fantômes s'ils étaient trop effrayés, et que l'on trouve avec amusement placé dans le film lorsqu'est signalé le moment du port des lunettes. Ce système divertissant évitait d'avoir à développer l'histoire, l'indigence des protagonistes n'étant que brièvement évoquée et traitée avec humour, juste avant qu'ils ne déménagent pour en arriver aux effets spéciaux. Le scénario ne s'embarasse pas même des spectres pour les faire découvrir au fur et à mesure que le scepticisme s'estomperait, car leur présence est certifiée et chacun d'eux est présenté durant un beau générique de début. Pourtant, comme si ce qui était déjà présenté ne suffisait pas au spectateur, alors qu'il ne reste que les personnages pour continuer à ne pas croire aux manifestations surnaturelles, ces derniers se lancent dans une classique partie de Ouija qui ne laisse plus de surprise pour la famille qui se voit déjà avertie avant même leur rencontre avec les revenants.


Ils se voient dès lors confrontés à des trucages effrayants en leur temps et qui, excepté les cris d'origine inconnue qui font travailler les forces de l'imagination, ont vieilli de sorte à ne plus faire d'effet ou, dans le pire des cas, faire rire malgré les efforts des acteurs dont le jeu correspond à la norme de l'époque. La plupart des apparitions consistent en des objets qui lévitent, une piperie ici bien appliquée puisqu'on ne voit pas les ficelles, mais trop commune pour impressionner. D'autres fois, il s'agit de la surimpression d'acteurs par dessus l'image, et ceux non maquillés en cadavres en deviennent risibles, en particulier pour ce qui est d'Emilio le cuistot avec sa toque et sa moustache suspendus dans les airs, ou le fantôme d'un lion accompagnant son dresseur.


A la maison hantée s'ajoute une seconde intrigue de trahison et de cupidité lorsqu'il est question d'un butin caché, mais rien de tout cela n'apporte un quelconque suspens.
Tout repose sur les artifices utilisés dans la salle de cinéma et la participation du spectateur, sans qu'il n'y ait de quoi véritablement créer l'effroi dans ce film qui n'exploite d'ailleurs pas assez ses 13 fantômes, la plupart ne faisant qu'une apparition, et duquel il ne reste aujourd'hui qu'un charme désuet.

Introduction :


Bande-annonce VO :

samedi 11 septembre 2010

Tremors 4 : La légende commence


Fiche du film :
Réalisateur : S.S. Wilson
Scénaristes : S.S. Wilson, Brent Maddock, Nancy Roberts
Année : 2004
Genres : Western / Action / Science-fiction
Acteurs principaux : Michael Gross, Sara Botsford, Brent Roam, Billy Drago
Résumé : En 1889, la ville de Rejection finit par bien porter son nom quand presque tous ses habitants partent progressivement, la mine à proximité qui attirait des travailleurs ayant fermé. Les autochtones restants vont ensuite devoir faire face à une autre menace qui est à l'origine du départ des mineurs : les Graboïds.

Avis sur le film :
Alors que les fans de la saga craignaient l'arrivée de la série, la surprise fut générale lors de sa diffusion sur SciFi Channel puisqu'elle s'avéra bien mieux que prévu, au point de faire regretter son arrêt au bout d'une unique saison. Néanmoins, elle permit probablement de relancer l'intérêt pour la production d'un quatrième long-métrage réunissant la même équipe de scénaristes que pour le précédent, mais avec Steve Wilson reprenant sa place de réalisateur après que son collègue Brent Maddock se soit occupé de Tremors 3.


La trilogie devenue quadrilogie avait besoin de renouveau, et ajouter un chaînon à la famille des Graboïds n'aurait cette fois pas suffi. Au lieu d'avancer dans cette direction, l'histoire recule dans le temps pour faire de ce dernier épisode un western doté de ses figures emblématiques de pionniers en plein désert, mais avec des vers carnivores précambriens en supplément qui font passer le film dans la catégorie des "Weird West".
Alors qu'il ne reste qu'un groupe de six personnes aussi hétéroclyte et représentatif de l'époque que possible, est annoncée l'arrivée d'un "grand conquérant". De quoi s'imaginer qu'Hiram Gummer, ancêtre de Burt, viendra trouer à coups de fusils la peau des monstres affamés le dérangeant. Le personnage est toujours joué par Michael Gross, le seul acteur à être resté fidèle à Tremors au cinéma et à la télévision, mais délivre probablement sa meilleure interprétation jusque là en changeant de registre, puisqu'il joue un riche Anglais très maniéré qui en arrive presque à être méchant par sa pingrerie sans s'en rendre compte.


Le rire est toujours aussi important, mais les bêtes désormais surnommées "dirt dragons" apparaissent aussi pour de bon en première partie du long-métrage, elles arrivent même encore à surprendre grâce à de nouvelles facultés, mais surtout l'équipe de tournage a enfin compris l'importance d'avoir des spécimens concrètement présents sur le plateau et non rajoutés par ordinateur en post-production, même si quelques CGI sont utilisés, quoiqu'uniquement pour animer les langues sur quelques plans.
Nous retrouvons un peu de l'astuce de Tremors 1 chez les Graboïds toujours aussi pestilentiels et rapides à l'apprentissage, et face à eux se tient le redoutable Billy Drago, parfait pour son rôle d'hors-la-loi qui crée un contraste comique avec Michael Gross.
Ce dernier revient tel qu'on le préfère dans un combat final où l'on reconnaît l'ingéniosité première des scénaristes de la saga, qui arrivent enfin à placer une scène retirée maintes fois des scripts.


Sans non plus égaler le premier, Tremors 4 pourrait bien être la meilleure des suites, car apporte un vent de fraîcheur que n'avaient su fournir les deux précédents épisodes qui maintenaient une même trajectoire. Les bons éléments sont repris sans que l'on ait un air de déjà vu, entre autres grâce à un bon nombre de nouvelles façons de tuer les créatures souterraines.
La boucle est bouclée avec ces informations sur l'histoire de Perfection autrefois nommée Rejection, et sur le personnage de Michael Gross qui, s'il n'a pas (re)trouvé l'âme soeur dans le présent contrairement à ses amis Val et Earl, l'a en quelque sorte trouvée dans le passé.

Bande-annonce VO :

jeudi 9 septembre 2010

Tremors 3 : Le retour


Fiche du film :
Réalisateur : Brent Maddock
Scénaristes : S.S. Wilson, Brent Maddock et Nancy Roberts
Année : 2001
Genre : Action
Acteurs principaux : Michael Gross, Susan Chuang, Shawn Christian
Résumé : Désormais célèbre en tant que chasseur de Graboïds, Burt Gummer retourne là où tout a commencé, pour découvrir que sa ville natale a bien changée afin d'attirer des touristes intéressés par les vers géants du Nevada. Et pourtant, le commerce est menacé lorsque des specimens encore vivants réapparaissent.

Avis sur le film :
En vue de lancer une série télévisée dérivée de Tremors qui fut diffusée à partir de 2003 aux Etats-Unis, deux des scénaristes originaux revinrent pour ajouter un troisième opus à la saga créée avec Ron Underwood, absent cette fois aussi bien à l'écriture qu'à la réalisation, remplacé à ce dernier poste par Brent Maddock.
Les personnages principaux présents devaient aussi apparaître dans la série, et en dehors des nouveaux arrivants, dont les interprètes furent finalement remplacés pour la télévision, seul reste Michael Gross du casting original, probablement le seul acteur facilement reconnaissable à accepter de s'engager sur un projet à long terme, lui qui jouait autrefois le père dans la sitcom Sacrée famille.


Le titre original Back to Perfection est à prendre littéralement, puisque Burt revient après plusieurs années d'absence, le précédent épisode ayant eu lieu au Mexique, et découvre des changements majeurs dans la ville devenue une curiosité touristique. Et si la tournure qu'a pris la bourgade n'est pas entièrement convenable, comme pour ce qui est du circuit de visite d'une zone à Graboïds qui n'est qu'une arnaque, elle dispose en tout cas de bonnes trouvailles scénaristiques qui nous apprennent en suivant une certaine logique ce qu'est arrivé à la communauté suite à la popularité acquise par quelques uns de ses membres.
Le merchandising qui en découle comporte une vaste gamme de produits mis en vitrine pour le film et donne du réalisme à la fiction en incluant des évocations des livres de Rhonda Lebeck ou des comic books de Dark horse dans des gags récurrents qui jouent aussi sur le fait que onze ans ont passé depuis la sortie de Tremors, ce qui est également rappelé par des figures auto-référentielles ressurgissant du passé.


Les dialogues et les plaisanteries occupent une large place dans la première partie du film où l'on ne rencontre que peu de créatures, et une fois qu'elles font leur apparition, on ne peut plus leur appliquer la phrase "back to perfection".
La relation avec la future série se ressent trop dans ce troisième épisode sorti en direct-to-video qui prend des airs de téléfilm avec un budget visiblement trop faible. La musique n'est plus aussi bonne, on décèle quelques incohérences, et les acteurs font de leur mieux mais ne sont parfois pas assez motivés pour fuir de façon crédible devant le plus gros défaut du long-métrage : ses monstres presque entièrement en CGI. Ils étaient déjà utilisés en quelques occasions dans le second film, mais étaient à l'époque déjà mieux réalisés, ce qui fait que dans Tremors 3 certaines scènes d'action ne sont plus tellement trépidantes, et ce sans que le montage ne réussisse à apporter un rythme plus soutenu.
L'ennui n'est pas présent pour autant, mais le récit reste mou jusqu'aux vingt dernières minutes où se regroupent plusieurs ass-blasters pour la chasse finale où apparaissent les premières lueurs d'originalité.


Il y a bien de nouveaux Graboïds mais le traitement demeure classique à partir de la présence de ces créatures, utilisées sans surprises en cours de route, et elles ont surtout perdu de leur éclat en étant désormais faites la plupart du temps d'images d'archives ou d'images de synthèse.
C'est surtout ce défaut majeur qui fait que Tremors 3 est inférieur par rapport à ses prédecesseurs, mais reste un film correct après tout, car conserve ses qualités relatives à son appartenance à la saga.

Bande-annonce VOST :

mardi 7 septembre 2010

Tremors 2


Fiche du film :
Réalisateur : S.S. Wilson
Scénaristes : S.S. Wilson, Ron Underwood, Brent Maddock
Année : 1996
Genres : Action / Science-fiction / Comédie
Acteurs principaux : Fred Ward, Helen Shaver, Michael Gross, Christopher Gartin
Résumé : Des créatures rappellant les Graboïds menacent une raffinerie au Mexique, ce qui vaut au gouvernemant de faire appel à des connaisseurs qui ont réussi à s'en débarasser par le passé.

Avis sur le film :
Arrivant 6 ans plus tard, Tremors 2 continue sur le même chemin qu'avait emprunté le premier épisode de la quadrilogie, puisque l'on retrouve le même trio d'amis à l'écriture, avec Steve Wilson reprenant le poste de réalisateur pour filmer un même groupe de personnages principaux presque au complet. Seul le membre le plus connu du casting de Tremors, Kevin Bacon, manque à l'appel, tout comme il refusa de se prêter au jeu des interviews pour les bonus de ce film ou ceux de Vendredi 13 dans lequel il avait fait ses débuts.
Qu'à cela ne tienne, son rôle est substitué par un autre, Grady Hoover joué par Christopher Gartin devenant le sidekick de Burt Gummer et d'Earl Bassett, qui sont quant à eux de retour pour affronter une nouvelle fournée de monstres géants.


L'histoire n'est que peu recherchée, il y est question du gouvernement Mexicain offrant la somme de 50 000$ pour chaque Graboïd éliminé, mais alors qu'ils pourraient très bien le faire eux-même, ils préfèrent engager Earl Bassett, ce qui donne à ce dernier une raison de remettre le couvert avec le sourire. Armes et coéquipier sont fournis par la même occasion afin de retrouver rapidement et autant que possible le goût de l'aventure à la sauce Tremors, portés que nous sommes par une musique encore plus entraînante.
Comme de vieilles connaissances oubliées depuis un moment, nous revoyons avec plaisir les personnages et leurs habitudes, le remplaçant quelque peu nigaud de Valentine apprenant à son tour à jouer à pierre/papier/ciseau tandis que le duo roule en direction de nouvelles créatures à faire sauter. Nous en apprenons d'ailleurs d'avantages sur elles, même si l'on ne sait pas d'où vient la nouvelle génération ni comment ces bêtes ont pu passer inaperçu pendant des milliards d'années, ce qui n'est finalement pas si important ici tant qu'elles se font lapider devant la caméra.


Le suspense n'est plus présent et il n'y a plus besoin de nous présenter les vers, on en arrive directement au divertissement bon enfant qui comporte moins de morts humaines malgré une once de gore, pour mettre en avant les bétises de Grady et les explosions dans le sol suivies d'une pluie de gerbes de terre et d'entrailles animales. Ces scènes se font quelque peu répétitives, mais le montage enchaîne rapidement en disséminant quelques gags.
Ce n'est qu'avec l'arrivée tant attendue de Burt, plus proche de la vie militaire que jamais après avoir fait son shopping auprès de l'armée Mexicaine, que l'histoire se renouvelle grâce à la naissance de nouveaux Graboïds.
Même si nous ne retrouvons pas toute l'originalité et le pouvoir créatif du premier opus, cette suite a son lot de surprises, les monstres aux caractéristiques inédites et les armes plus dévastatrices encore sont tous très bien utilisés pour malmener les personnages d'un bout à l'autre de cette intrigue pleine de rebondissements qui font oeuvrer l'ingéniosité des scénaristes.


Cet épisode 2 très divertissant n'est pas exactement à la hauteur de son prédecesseur mais constitue une bonne suite, un de ses principaux atouts qui persiste en dehors des formes de vies pré-cambriennes affamées étant son développement des personnages. Le nouveau dans l'équipe, Grady, est explicitement vu comme étant un boulet pour le groupe, mais la boucle est bouclée pour ce qui est d'Earl que l'on avait suivi jusque là et qui, après Valentine, trouve à son tour chaussure à son pied.

Bande-annonce VOST :


Extrait de la bande-originale :

dimanche 5 septembre 2010

Tremors


Fiche du film :
Réalisateur : Ron Underwood
Scénaristes : S.S. Wilson, Brent Maddock, Ron Underwood
Année : 1990
Genre : Science-fiction
Acteurs principaux : Kevin Bacon, Fred Ward, Michael Gross, Finn Carter
Résumé : Les habitants de Perfection ne sont pas nombreux mais apprécient leur tranquilité dans le désert avec le peu dont ils aient besoin à proximité. Seulement, une activité sismique anormale se manifeste récemment dans les parages, et se révèlent être provoquées par des créatures géantes cherchant des humains à dévorer.

Avis sur le film :
Avant de faire équipe avec ses amis le réalisateur Ron Underwood et le scénariste Brent Maddock avec qui il avait déjà écrit les deux films Short circuit, Steve Wilson eut l'idée de créer les Graboïds, les monstres de Tremors, lorsqu'il travaillait comme monteur pour la Marine dans le désert Californien, assis sur un rocher, et s'imagina ce qui pouvait arriver si un danger souterrain l'empêchait de se déplacer.
Le décor aride et les créatures assimilables à des vers géants rappellent un des éléments de Dune de David Lynch, dont la même idée a été reprise de nombreuses fois sur divers supports, mais la comparaison s'arrête là puisque si Tremors emprunte cela à la science-fiction, du reste il s'ancre dans le monde réel et se dirige vers une histoire bien différente.


L'action se déroule dans une petite ville construite spécialement pour le tournage mais qui rappelle ces innombrables patelins perdus au milieu de nulle part où les habitants s'imaginent goûter à une certaine indépendance. Tout le monde se connaît, ce qui donne d'amusantes marques de complicité de la part d'amis à l'écran qui peuvent rire d'un rien, tandis que le spectateur peut déjà prévoir le futur "body count" parmi les 14 habitants de Perfection.
Tremors se rapproche plus de la comédie que de l'horreur, toutefois les mêmes procédés habituels sont utilisés en ne montrant pas de suite les créatures, pour les dévoiler petit à petit, et cela marche en partie puisqu'elles s'avèrent finalement plus grosses que prévu. Contrairement à Alien ou Terminator dont s'est occupé l'équipe des effets spéciaux, ce film se déroule en plein jour et sous un soleil de plomb en un milieu ouvert, sans que rien ne puisse en apparence dissimuler l'ennemi, et pourtant les "Caederus mexicana" se cachent eux aussi, cette fois sous le sol. Il n'y a pas de surprise concernant leur identité, dévoilée dès l'affiche, mais leurs premières apparitions restent tout de même filmées de sorte à ne pas encore les voir, afin de ne pas savoir qui va mourir, ni comment.


Les résidants de Perfection doivent oublier la paisibilité de leur quotidien quand leur espace de liberté devient un piège d'où on ne peut atteindre le reste du monde, et doivent contre-attaquer une fois que leur parfait coin de paradis est directement assailli. Tous ont leur caractéristiques, qu'ils aient des connaissances scientifiques, soient débrouillards ou servent simplement d'amuse-gueules pour Graboïds, mais trouvent toujours un moyen d'aller de l'avant. Le plus drôle de tous est certainement Burt, accompagné de sa femme Heather, caricatures de ces Américains soutenant autant que possible le port d'armes, et équipés de la tête au pied. A partir de là, le reste du film ne pourrait être qu'une partie de chasse, mais le camp adverse ne se laisse pas faire et se met à réfléchir également, ce qui évite en définitive de s'ennuyer dans cette petite bourgade du Nevada.
La conception des bêtes est déjà bonne, leur animation est encore meilleure, récompensée par une utilisation formidable de ces titans qui ne s'arrêtent pas à ce que l'on sait déjà d'eux, mais continuent d'innover. L'évolution oblige le changement d'armes et de tactique, sans que l'on ait le temps de se lasser de chacune des façon de tuer un ver de terre géant.


Le concept n'est pas nouveau et Tremors arrive en retard par rapport à la vague de films de monstres des années 80, mais arrive tout de même à se faire remarquer par un bon développement des ses personnages, confrontés à des monstres dans un combat d'inventivité très divertissant qui ne s'arrête pas de surprendre.

Bande-annonce VOST :