dimanche 31 octobre 2010

Machete [Grindhouse]

En avant-première :


Fiche du film :
Réalisateurs : Robert Rodriguez et Ethan Maniquis
Scénaristes : Robert Rodriguez et Alvaro Rodriguez
Année : 2010
Genre : Action
Acteurs principaux : Danny Trejo, Jessica Alba, Robert De Niro
Résumé : Le légendaire agent de police Machete perd tout quand il est trahi par un collègue et que sa famille se fait tuer devant ses yeux. Désormais à la rue, survivant comme il peut, il est obligé d'accepter un travail risqué qu'on lui propose : tuer le sénateur McLaughlin.

Introduction :
Ce qui devait devenir le projet Grindhouse trouva ses origines dans l'esprit de Robert Rodriguez avant qu'il ne réalise Sin city, à partir d'idées autour d'un film de zombies qui, une fois assemblées, ne pouvaient que constituer un moyen-métrage d'une heure, et éventuellement un double-programme où se succèderait une autre histoire. Cette idée laissée de côté refit surface lorsque, de visite chez son collègue et ami Quentin Tarantino, Rodriguez remarqua que tous deux possédaient le même poster pour la projection en duo de Dragstrip girl et Rock all night, ce qui fit réémerger en eux des souvenirs de cette époque où le cinéma d'exploitation envahissait les salles de quartiers par ses pellicules abîmées et ses bandes-annonces pour des productions aussi grotesques les unes que les autres.
C'est ainsi que naquit Grindhouse, bannière portant le nom de ces salles de cinéma disparues et sous laquelle se réunirent un groupe de compagnons cinéastes comprenant également Eli Roth, Edgar Wright et Rob Zombie qui participèrent aux bandes-annonces de l'entracte, pour livrer au public l'ambiance Grindhouse au delà des séances privées que Tarantino se fait avec ses amis, jusqu'aux grandes salles de cinéma qui, le temps d'une séance, régressent sciemment vers des temps plus modestes mais à l'ambiance unique. Si ce n'est que, pour l'occasion, Tarantino et Rodriguez cherchèrent à ce que la programmation soit à la hauteur de la folie des affiches et des bandes-annonces qui la promouvait.


Avis sur le film :
Machete ne devait être qu'une fausse bande-annonce parmi celles placées au milieu du programme Grindhouse, mais comme l'avait prédit Quentin Tarantino, le public exigerait qu'elles deviennent de vrais films. Après plusieurs années d'hésitation quant à savoir si "la Machette" se fraierait ou non un chemin vers les salles de cinéma qui réserveraient une heure et demie de projection rien que pour lui, la concrétisation du projet fut annoncée en même temps que le début du tournage en 2009.
Les origines du film remontent pourtant avant Grindhouse, qui n'a fait qu'annoncer le projet grâce à l'opportunité présentée par la réalisation d'une bande-annonce, puisque c'est lorsque Danny Trejo travailla avec Robert Rodriguez sur Desperado que ce dernier vit en l'acteur la possibilité de créer un héros d'une série de films latinos, comme un équivalent Mexicain de A toute épreuve et The killer.
Ce n'est qu'avec la révélation publique du scénario écrit depuis 1993 que le projet se met en marche, l'occasion pour Danny Trejo, "gueule" pourtant déjà connue du cinéma par ses rôles de méchants ou d'hommes de mains dans une centaine de films, d'avoir pour la première fois un rôle principal.


Le contexte de Machete s'appuye sur un problème toujours d'actualité et qui a connu des remous récemment : les immigrés clandestins de plus en plus nombreux qui outrepassent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Cependant Robert Rodriguez ne réalise pas un film engagé, malgré des piques destinées aux partisans d'une politique rude, et même avec ses recherches sur le travail illégal soutenu par des membres du gouvernement et sa représentation des activités clandestines connues de l'homme de la rue, tout n'est fait que pour servir de toile de fond à l'histoire et mettre en avant Machete comme le badass ultime. Que sa famille ou son coéquipier soient tués n'est pas tant dramatique, mais ne sert qu'à donner une raison au héros de vouloir se venger sauvagement et le valoriser de la même façon que Charles Bronson dans la saga Death wish.
Du reste, Danny Trejo a déjà de quoi s'imposer par sa seule présence, son visage marqué par des aléas violents de sa vie et les longs couteaux qu'il arbore à sa veste.
L'acteur est le représentant de l'aspect brutal et de la culture Mexicaine dont le réalisateur est adepte, plaçant des allusions à ce pays sans se faire d'illusions sur sa pauvreté, néanmoins sans réelle moquerie mais plutôt avec la fierté d'un peuple aux moyens modestes. C'est dans la même logique qu'est choisi le reste du casting, rassemblant des acteurs hispaniques d'hier et d'aujourd'hui face à des comédiens blancs dans des rôles de méchants, piochés parmi des personnalités cultes ou au contraire has-been, qui se prêtent au jeu pour abîmer ou détruire leurs images en incarnant des personnages qui leur vont pourtant si bien.


Robert Rodriguez sait choisir ses collaborateurs, selon qu'ils conviennent à leurs rôles comme Tom Savini en méchant et Lindsay Lohan en fille riche pourrie-gâtée qui se débauche, ou qu'ils soient en total décalage comme Cheech Marin en prètre et Steven Seagal en surpoids armé d'un katana, le principal est de faire rire d'une façon ou d'une autre. Quoi qu'il en soit, la combinaison effectuée avec chacun apporte des répliques hilarantes, des questionnements idiots, et une critique sévère de la société qui ne se prend à aucun moment au sérieux.
C'est par leur ridicule que les ennemis de la justice en deviennent méchants et, bien qu'au nombre de cinq, Machete vient les abattre un à un sans donner l'impression d'un scénario surchargé par ses promesses, arrivant aussi à placer de courtes mais superbes reprises d'éléments du cinéma Grindhouse comme les catcheurs masqués et la nunsploitation, le tout parfaitement imbriqué dans une histoire qui a l'air simple mais qui se démène pour tout ordonner sans avoir l'air de vouloir trop en faire. L'absurdité de ces films d'antan se retrouve même à coïncider avec des aberrations de la vie moderne devenues drôles et acceptables une fois Danny Trejo mis en scène, capable de faire approuver, en même temps que rire, l'utilisation des low-riders une fois qu'il y est placé au volant en brandissant sa machette. Cette arme favorite, préférée aux pistolets, est utilisée avec une diversité jamais lassante et toujours estomaquante, et est devenue une emblème d'un retour aux plaisirs simples, mais avec une abondance exorbitante de violence qui va toujours plus loin grâce à des coups supplémentaires inutiles mais admirables ; et en dehors de cela un usage létal d'objets se trouvant à chaque lieu visité qui, à la sauvagerie déjà prodigieuse, ajoutent des effets comiques qui achèvent de couper le souffle.


Avec cette tuerie dans tous les sens du terme, Robert Rodriguez a, jusqu'à sa prochaine réalisation du moins, atteint le sommet de ce qu'il savait déjà faire, car il y a encore la possibilité de faire mieux et surtout de créer un crescendo où actes démentiellement saugrenues et démembrements barbares mèneraient à un final qui cette fois surpasserait le reste par un réel coup d'éclat. Il a néanmoins bâti un nouveau personnage terriblement badass que méritait Danny Trejo pour couronner sa carrière cinématographique, et a étonnamment réussi à prolonger l'action et la frénésie sans temps morts qui aurait pu ne pas fonctionner au delà de la bande-annonce qu'il avait monté.

Réplique culte :
"You just fucked with the wrong Mexican" - Michael Booth

Fausse bande-annonce VO :


Bande-annonce VO :

vendredi 29 octobre 2010

Planète terreur [Grindhouse]


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Robert Rodriguez
Année : 2007
Genres : Horreur / Action
Acteurs principaux : Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Marley Shelton, Josh Brolin
Résumé : Dans un patelin contaminé par un gaz transformant en zombies, la survie réside en l'action d'un groupe de survivants parmi lesquels se trouvent un criminel, une infirmière et une go-go danseuse unijambiste.

Introduction :
Ce qui devait devenir le projet Grindhouse trouva ses origines dans l'esprit de Robert Rodriguez avant qu'il ne réalise Sin city, à partir d'idées autour d'un film de zombies qui, une fois assemblées, ne pouvaient que constituer un moyen-métrage d'une heure, et éventuellement un double-programme où se succèderait une autre histoire. Cette idée laissée de côté refit surface lorsque, de visite chez son collègue et ami Quentin Tarantino, Rodriguez remarqua que tous deux possédaient le même poster pour la projection en duo de Dragstrip girl et Rock all night, ce qui fit réémerger en eux des souvenirs de cette époque où le cinéma d'exploitation envahissait les salles de quartiers par ses pellicules abîmées et ses bandes-annonces pour des productions aussi grotesques les unes que les autres.
C'est ainsi que naquit Grindhouse, bannière portant le nom de ces salles de cinéma disparues et sous laquelle se réunirent un groupe de compagnons cinéastes comprenant également Eli Roth, Edgar Wright et Rob Zombie qui participèrent aux bandes-annonces de l'entracte, pour livrer au public l'ambiance Grindhouse au delà des séances privées que Tarantino se fait avec ses amis, jusqu'aux grandes salles de cinéma qui, le temps d'une séance, régressent sciemment vers des temps plus modestes mais à l'ambiance unique. Si ce n'est que, pour l'occasion, Tarantino et Rodriguez cherchèrent à ce que la programmation soit à la hauteur de la folie des affiches et des bandes-annonces qui la promouvait.


Avis sur le film :
C'est à l'époque du tournage de The faculty, en discussion avec Elijah Wood et Josh Hartnett, que Robert Rodriguez leur présenta le début d'une trentaine de pages de son projet de film de zombies, un genre à l'époque inactif qu'il voyait revenir en force. Passant ensuite à d'autres réalisations, alors qu'entretemps les zombies envahirent de nouveau les écrans grâce à Shaun of the dead, Rodriguez remarqua son erreur de ne pas avoir poursuivi son ébauche. Même sans les jeunes acteurs sus-mentionnés, qu'il dirigea pourtant de nouveau dans Sin city, c'est avec le projet Grindhouse qu'a l'occasion de voir le jour son hommage aux films de morts-vivants.


S'il a grandi avec la même culture que Quentin Tarantino, et si à son comparse il emprunte une partie de son univers en faisant apparaître des cigarettes "Red apple" et en prolongeant l'histoire de personnages anciens tel qu'Earl McGraw existant depuis Une nuit en enfer ou récents tel que Dakota Block, faisant à la fois allusion au fait que se croisaient de même acteurs dans les deux films d'un double-feature grindhouse, Robert Rodriguez préfère aux longs discours un divertissement plus direct.
Il se sert lui aussi de l'altération de l'image, avec un montage aux transitions amusantes, mais s'axe par la suite vers d'autres aspects du cinéma d'exploitation à détourner.
Le scénario est d'une bêtise écrasante, prétexte simple pour des poussées de délires d'un mauvait goût prononcé et assumé, souligné par des dialogues scabreux ou à l'air volontairement idiot à hurler de rire, mais plus élaborés qu'il n'y paraît derrière une traduction Française impossible, parfois venant de personnages ridiculement pas crédibles comme celui de Fergie. La chanteuse paraît totalement irréelle par ses paroles, comme si le réalisateur cherchait à donner de la profondeur en décalage complet avec un personnage uniquement présent pour exposer ses attributs mammaires et se faire tuer.
Ce ne sont pas des idées plagiées mais un esprit, basé sur ce qu'on imaginerait qui aurait pu germer dans des esprits malades des 70's et serait tombé à plat faute de budget qui aurait rendu les choses encore plus grotesques, que Robert Rodriguez adopte et rend euphoriquement bon sans prise au sérieux mais sans non plus la nécessité d'un recours au 37ème degré. C'est cette réussite authentique avec usage appliqué de ce qui serait théoriquement incorrect et raté que le réalisateur peut s'autoriser de dépasser les limites.


Pour accomplir son délire cinématographique, Rodriguez a su s'entourer d'acteurs ouverts à cette sorte de bizarrerie et prêts à accepter la gratuité décomplexée des images, comme le concepteur légendaire d'effets spéciaux Tom Savini qui se voit attribuer plus de présence à l'écran que dans Une nuit en enfer, et Rose McGowan qui confirme après Scream et Phantoms qu'elle s'attache à l'épouvante.
Souvent oubliée dans le cinéma d'horreur où l'on nous habitue à des souffrances et des décès dépersonnalisés, la douleur réaliste et cruelle des pauvres personnages est ici mise en scène pour le malin plaisir du réalisateur, même s'il retient essentiellement l'action spectaculaire à laquelle il avait habitué son public dès Desperado.
La musique d'ambiance déjà contrôlée alterne avec une bande-son d'enfer qui rentre dans le crâne du spectateur et l'emporte dans des massacres aux effets spéciaux exagérés à l'extrême : un coup de feu provoque une surenchère de sang gluant qui éclate en ayant abandonné toute logique, mais Rodriguez peut se permettre de pareils traitements à ses zombies, devenus contaminés en suivant la voie de Danny Boyle, et de leur coller des têtes disproportionnées d'Elephant man ou des membres pendants de The Thing, en prolongement de la démesure de Desperado 2 devenue complètement acceptable dans ce contexte où les plus grandes divagations imaginables sont automatiquement justifiées.


En gardant le meilleur en réserve, l'explosion finale va encore un peu plus loin dans tout ce qui fait le caractère unique de Grindhouse, son apparente stupidité intelligemment constituée et sa violence excessive qui fait couler la chair et jaillir le sang comme une fontaine.
Ces dernières années ont vu naître de nombreux films de zombies, mais même en arrivant en retard Robert Rodriguez fait bien mieux que la plupart, car une fois les règles posées il trouve un point où le mauvais goût peut devenir pur plaisir sans complexes.

Bande-annonce Planet terror VOST :


Bande-annonce alternative Grindhouse VO :


Fausses bandes-annonces VO :

mercredi 27 octobre 2010

Boulevard de la mort [Grindhouse]


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Quentin Tarantino
Année : 2007
Genres : Action / Thriller
Acteurs principaux : Sydney Tamaiia Poitier, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Kurt Russell
Résumé : Dans une petite ville du Texas, des jeunes femmes s'amusant en soirée sont suivies par un tueur bien particulier : Stuntman Mike, le cascadeur usant de sa voiture comme d'une arme.

Introduction :
Ce qui devait devenir le projet Grindhouse trouva ses origines dans l'esprit de Robert Rodriguez avant qu'il ne réalise Sin city, à partir d'idées autour d'un film de zombies qui, une fois assemblées, ne pouvaient que constituer un moyen-métrage d'une heure, et éventuellement un double-programme où se succèderait une autre histoire. Cette idée laissée de côté refit surface lorsque, de visite chez son collègue et ami Quentin Tarantino, Rodriguez remarqua que tous deux possédaient le même poster pour la projection en duo de Dragstrip girl et Rock all night, ce qui fit réémerger en eux des souvenirs de cette époque où le cinéma d'exploitation envahissait les salles de quartiers par ses pellicules abîmées et ses bandes-annonces pour des productions aussi grotesques les unes que les autres.
C'est ainsi que naquit Grindhouse, bannière portant le nom de ces salles de cinéma disparues et sous laquelle se réunirent un groupe de compagnons cinéastes comprenant également Eli Roth, Edgar Wright et Rob Zombie qui participèrent aux bandes-annonces de l'entracte, pour livrer au public l'ambiance Grindhouse au delà des séances privées que Tarantino se fait avec ses amis, jusqu'aux grandes salles de cinéma qui, le temps d'une séance, régressent sciemment vers des temps plus modestes mais à l'ambiance unique. Si ce n'est que, pour l'occasion, Tarantino et Rodriguez cherchèrent à ce que la programmation soit à la hauteur de la folie des affiches et des bandes-annonces qui la promouvait.


Avis sur le film :
A la lumière de l'affection particulière que porte Tarantino pour le cinéma grindhouse nouvellement dévoilée, le reste de sa filmographie est éclairée sous un jour nouveau qui laisse apparaître au moins une référence aux films d'exploitations dans chacune de ses réalisations, comme la séance de trois films de kung-fu dans True romance, quand cela ne va pas jusqu'à l'hommage à la blaxploitation avec Jackie Brown.
Véritable cinéphage qui crée à partir de ce qu'il ingère, Tarantino parsème de clins d'oeil tous ses films, mais ici c'est l'occasion d'en consacrer un entièrement au grindhouse, mais en se penchant particulièrement sur le genre du slasher, avec des courses-poursuites parties de la fascination du scénariste pour ces cascadeurs aux véhicules death-proof, à l'épreuve de la mort.


Tarantino s'amuse d'abord à poser un décor où le rétro s'affiche en tapissant les murs de posters grindhouse et en déteignant les costumes décontractés et les "muscle cars" d'époque déjà tachetés par des imperfections rajoutées sur la pellicule. Plus qu'un traitement de l'image, sur les premières scènes dépourvues d'action c'est un outil comique en partenariat avec un montage qui, feignant une saute, offre des plans alternatifs et enfreint sans problèmes, par un assemblage incorrect de plans, des règles cinématographiques, mais sans trop en abuser non plus. Le n'importe quoi irresponsable d'autrefois, réservé à des salles "restricted", se retrouve dans des plans déplacés et impensables, presque kitschs par leur inesthétisme désormais voulu, qui manifestent par exemple l'envie pressante d'un personnage à l'aide d'un gros plan sur l'entrejambe. Cela reste étrange mais drôle et acceptable de nos jours, le réalisateur traçant des lignes passées et présentes qui se recroisent quand les filles sortent leurs portables, pour ne pas simplement reproduire une époque, bien qu'en dehors de cela l'illusion soit parfaite, mais créer un univers parallèle à la Tarantino dans lequel une machine à remonter le temps se serait enrayé en cours de route, et attribuer à Grindhouse son propre style.


Dans ce cadre déjà enchanteur s'immisce le slasher en disposant un groupe de victimes typiquement 80's composé de filles au langage cru des années 2000, et le loup qui a en après elles. Mais quel que soit le genre où il s'installe, Tarantino fait les choses à sa manière dans de longues scènes qui se font écho dans les deux parties du film. La musique, même en fond sonore, est soigneusement sélectionnée parmi les titres de son propre juke-box apporté sur le plateau, s'imposant à un moment grâce à une fameuse scène de lap-dance. Les dialogues toujours aussi copieux demeurent primordiaux, décrivant les filles branchées, les pervers autour d'elles, le cascadeur désabusé car dépassé, qui lui aussi parle de jours glorieux maintenant derrière lui ; ou tout simplement parce que les répliques se font mordantes, on ne s'ennuie pas tant que l'on se raccroche aux mots. En somme Death proof se regarde comme un Tarantino comme les autres, mais avec un tueur en série qui assassine en se servant de son bolide, et la quiétude des discussions alentour donne alors l'impression que la décharge de violence au montage coup-de-poing est plus forte.


Cette brutale interlude suffit pour être rassasié lors des autres dialogues qui suivent, en parallèle au mode opératoire du meurtrier qui s'apprête à se répéter. Le rythme retombe sans dommages, quelques rires ponctuent l'attente d'une nouvelle dose d'action dont la venue est signalée par des références à Point limite zéro ou La grande casse de la part de cascadeuses dont Zoë Bell qui prend place comme actrice avant de justifier sa présence en mettant ses talents à éxecution.
Tarantino jugeant qu'il n'y a plus de bonnes poursuites depuis des années, Terminator 2 et Destination finale 2 seulement sortant du lot, il ramène sur le devant de la scène des poursuites à l'ancienne, brutes, sans ces CGI contre lesquels Stuntman Mike s'oppose également.
Tout ce qui fait une bonne poursuite, sans la surenchère des effets numériques remplaçant les images réelles, est distillé en une longue séquence où le rythme est soutenu par une grande variété de plans qui se succèdent dans un montage prenant qui s'allie à l'envie viscérale des femmes de rattrapper leur assaillant et de l'attaquer à tout prix, du moins le heurter, et ce désir se ressent, se partage, le suspense se créant, provoqué par la volonté de savoir si elles vont réussir ou non à riposter coupant le souffle comme sous l'effet d'une ceinture trop serrée crispant les muscles, et canalisant la concentration sur le moindre rapprochement éventuel de pare-chocs ; sans toutefois oublier le spectaculaire.


Seule la fin peut paraître en décalage avec ce qui a été vu jusque là, mais poursuit en fait sur un thème continu du film où les femmes dominent sur les hommes, et même si le réalisateur replace Kurt Russell dans un rôle de badass, il reprend ses interrogations concernant la personnalité des cascadeurs en transformant celui qu'il dépeint un moins que rien sans son engin.
Faisant de ce qu'il sait faire de mieux concernant l'écriture, même sans autant de répliques cultes que dans Pulp fiction, Tarantino associe à son style unique un ton moins sérieux, entraîné qu'il est par son ami Robert Rodriguez et sa seconde partie dédiée aux zombies, se rapprochant légèrement du film d'horreur de l'époque de l'inimitable Une nuit en enfer. Et encore, quel que soit la nature du divertissement, Quentin Tarantino offre un plaisir audio et visuel à chaque niveau tout en ouvrant plus amplement au grand public les portes d'un cinéma oublié.

Bande-annonce Death proof VOST :


Bande-annonce Grindhouse VO :

dimanche 24 octobre 2010

Brocéliande


Fiche du film :
Réalisateur : Doug Headline
Scénaristes : Doug Headline et Benoit Lestang
Année : 2002
Genre : Fantastique
Acteurs principaux : Elsa Kikoïne, Mathieu Simonet, Alice Taglioni
Résumé : Sur un chantier de fouille, l'entrée de la forêt de Brocéliande a été retrouvée. Sa découverte est suivie d'une série de meurtres, perpétrés par des fanatiques voulant revenir à l'ère des druides.

Avis sur le film :
Autrefois rédacteur en chef du magazine de cinéma d'horreur Starfix, Doug Headline eut l'envie, après des carrières à la radio et dans l'édition de comic books, de passer à la réalisation de fiction, et non plus de documentaires comme il en avait fait pour Canal+, en voyant Crying Freeman de son ancien collègue directeur de publication Christophe Gans.
Son projet de départ qui était d'adapter La princesse de sang, roman de son père Jean-Patrick Manchette, est remplacé par Brocéliande, qui lui est proposé par le producteur Eric Névé, et qu'il scénarise en compagnie de Benoît Lestang, célèbre maquilleur et créateur d'effets spéciaux Français, pour qui il s'agit d'un premier travail d'écriture.


Egalement ancien auteur de livre-jeux aux thèmes d'héroïc-fantasy, Doug Headline place l'action de nos jours mais fait parvenir jusqu'à notre époque des croyances celtiques d'autrefois, passant par un chantier de fouille où travaillent des étudiants. De la terre sont ainsi exhumés sans précautions des objets antiques, d'autres seront aperçus lors de meurtres, et servent, avec les cours d'histoire que suivent les personnages, à en savoir juste assez sur les druides pour placer le spectateur dans le bain et pour bâtir l'intrigue par l'embriquement des quelques infos apprises. Ce n'est pas toutefois suffisant pour avoir tous les détails ni comprendre les motivations des tueurs ou ce qu'ils entendent par "l'ère des druides" à laquelle ils veulent revenir, qui n'a en apparence pas de rapport avec la transformation d'un des fanatiques en démon.
Malgré un scénario qui s'embrouille et qui permet d'assassiner des professeurs en extérieur sans attirer les forces de l'ordre comme s'il s'agissait d'un monde chimérique, Brocéliande tient encore en équilibre grâce à des interprétations correctes et de plaisantes références rappellant le passé chargé en culture geek d'Headline par l'apparition d'un numéro d'Elvifrance ou une mise en scène imitant directement Dario Argento ; ce en tout cas jusqu'à la seconde moitié du film.


Tous ces mauvais éléments éparpillés s'associent lors du regroupement d'informations qui résolvent une branche de l'enquète et convergent vers une seconde partie où la révélation de l'identité des meurtriers marque le franchissement du point de non-retour au delà duquel tout s'effondre. La répartition déjà incorrectement calculée des deux sections du film fait que les courses-poursuites dans les catacombes se prolongent, et pour meubler des scènes se répètent en usant d'un subterfuge déjà de trop la première fois lorsqu'à trois reprises les tueurs sont arrêtés alors qu'ils s'apprêtent à décapiter une victime. L'horreur ne semble ne jamais vouloir vraiment pointer son nez, si bien que lorsque cette tête tranchée arrivera, c'est avec une heureuse surprise due à l'idée que ce genre de scène serait totalement absente, même si est utilisé un piètre effet numérique.
Il ne reste qu'à se contenter des scènes de combats, qui restent aussi peu crédibles puisque deux étudiantes armées de serpes se battent contre un mutant né du croisement entre Predator et Phantom of the Paradise, mais qui ont au moins le mérite d'être suffisamment bien orchestrées et montées pour donner une illusion de vraisemblance.


Brocéliande n'est globalement pas ennuyeux, mais est à ranger dans la catégorie des films de genre Français qui, sans encore les comparer avec les productions Américaines à concurrencer, n'ont pas même réussi à atteindre un seuil de qualité acceptable. Doug Headline et Benoît Lestang confirment qu'il ne suffit pas d'être amateur de film d'horreur pour réussir à en faire un soi-même tant que ce qui fait la qualité d'une telle oeuvre n'est pas assimilée, et au contraire ce sont beaucoup trop de déjà-vus qu'ils ressortent pour peupler leur vision de la forêt légendaire.

Bande-annonce :

jeudi 21 octobre 2010

Kaboom


La seule affiche existante pour le moment,
le film n'étant à ce jour sorti en salles qu'en France

Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Gregg Araki
Année : 2010
Genres : Comédie / Fantastique
Acteurs principaux : Thomas Dekker, Juno Temple, Haley Bennett
Résumé : Sur un campus, un groupe de jeunes gens se retrouve au milieu d'une histoire de complots où élèves aux pouvoirs paranormaux et hommes aux masques d'animaux semblent être liés à la disparition d'une étudiante.

Avis sur le film :
A la suite de son bouleversant Mysterious skin, Gregg Araki revient à la comédie avec Smiley face et plus récemment Kaboom, et bien que les scripts de ses deux derniers films n'aient pas été ses créations originales, il y avait toujours ce grand fil directeur mené par de jeunes protagonistes. Néanmoins avec Kaboom il cherche à proprement revenir à ses racines, encouragé par John Waters qui voulait revoir du Araki de la première heure, en faisant un film tout aussi débridé et fou qui suit toujours des jeunes dans leurs expériences multiples et questionnements durant la vie à la fac.


Dans un environnement étudiant où l'on oublie les cours pour se concentrer sur la distraction, nous retrouvons un monde d'ados auquel Araki est tant attaché, mais résolument plus axé vers la comédie. Le travail porté sur l'esthétique offre un regard autre où des illuminations fluos qui éclairent les visages façonnent les traits de personnages variés -rendus uniques par leurs caractéristiques aposées de surnoms ou de noms atypiques comme seul on en donne à ses enfants aux USA- tous hauts en couleur et à la limite du teen-movie, ayant parfois un pied en plein dedans par le biais de blagues grivoises peu subtiles. L'asexualité du héros qui ne peut choisir entre être gay ou hétéro est un outil de plus pour apporter des situations cocasses accumulées, mais la diversité et la cadence à laquelle les blagues et scènes indécentes s'enchaînent doit tout à une narration dynamisée par le montage, sans que ce ne soit caricatural, contrairement à The faculty où tous les clichés étaient réunis en un même plan-séquence.
Les fêtes arrosées et les discussions obscènes se suivent donc sans être trop nombreuses ni sortir du réel pour atteindre quelques pics de rire en étant ornées d'expressions hilarantes lancées anodinement comme dans un Juno en plus vulgaire.


Ce qui différencie cependant Kaboom d'un American pie, c'est le style particulier d'Araki qui fait attention à ce qu'il fait lorsqu'il filme ses acteurs, toujours prêts à donner de leur personne, et qui pour une fois se renouvelle, voulant se rapprocher de ses débuts sans se répéter, en ajoutant l'élément fantastique.
La comédie pour adolescents pourrait mal se marier avec l'arrivée de complots et de sorcières, mais les deux facettes du film alternent d'abord selon les scènes, reliées par une mise en scène qui reste toujours aussi décalée grâce à un suréclairage de l'image, une manière de tourner qui met en avant l'expression des visages, une bande-son pop bien choisie qui ne faiblit qu'à cause d'une musique d'ambiance qui se prolonge de trop, des effets spéciaux peu communs qui insistent sur de petites choses devenues surréalistes, et des transitions dignes d'un montage de Windows Movie Maker qui arrivent tout de même, étonnament, à être utilisées correctement.
Le fantastique, présent dès la scène d'introduction entre rêve et réalité rappellant Donnie Darko en plus scabreux, envahit de plus en plus le film par des flashbacks où la préfiguration symbolique antérieure des évènements à venir est mise en lien avec ce qui arrive sur le moment. La comédie ne perd alors sa place qu'en seconde partie, où la première réaction de spectateur est de penser que l'amusement est passé pour nous entraîner avec les personnages bien malgré nous dans une intrigue énigmatique où il faut enquêter.
La prise de pouvoir du paranormal arrive sans être prise directement au sérieux, mais conserve la première place dans l'intrigue si bien que le spectateur doit ingérer le surplus d'informations arrivant tout d'un coup, comme un retard rattrapé dans les dernières minutes.


Poussant finalement les choses encore plus loin, l'arrivée d'une mère de famille dans la partie dépasse les bornes et fait apparaître un rapport avec un scénario de film érotique qui jusque là ne transparaissait pas, de même que la victoire d'un otage ligoté sur ses ravisseurs a aussi de quoi hausser les sourcils par inquiétude de voir Kaboom prendre un mauvais tournant.
La fin cependant, d'une facilité telle qu'on ne croirait jamais la voir utilisée ainsi tellement sa ressemblance avec des réflexes d'écriture d'un enfant paresseux est saisissante, est d'une audace estomaquante qui fait comprendre que Gregg Araki ne tient pas plus à la logique de la fin de son histoire qu'à la manière de procéder dans la narration habituelle.
Cela peut plaire tout comme fortement déplaire à certains qui y verront une fin amère, "bitter end" comme le dit la chanson du générique judicieusement placée ; mais le culot est tel qu'on n'aurait pas pu croire qu'une telle façon d'agir ait pu être possible au cinéma mainstream, aussi bien dans l'ensemble du film qui n'a pas honte d'être cru, que dans son achèvement qui donne sens à tout ce qui précédait par un personnage aux airs divins, probablement la représentation humaine de Gregg Araki qui fixe ses propres règles sur son monde.

Réplique culte :
"(...) nuttier than squirrel shit" - Stella

Bande-annonce VOST :

mercredi 20 octobre 2010

Paris by night of the living dead [Court-métrage]


Fiche du film :
Réalisateur : Grégory Morin
Scénariste : David Neiss
Année : 2009
Genres : Action / Comédie
Acteurs principaux : Karina Testa, David Saracino


Avis sur le film :
Peu avant La horde, autre film où des zombies envahissent la région Parisienne, Paris by night of the living dead était tourné et connut lui aussi une sortie tardive après avoir fait le tour des festivals et avoir été disponible gratuitement en vidéo à la demande. Ce troisième court-métrage de Grégory Morin, de nouveau en collaboration avec David Neiss, avait pour intention de briser le lien avec le cinéma Français traditionnel, pour ajouter une brique au mur des films de genre hexagonaux avec une équipe de tournage amateurs d'horreur et l'aide de figurants zombies volontaires parmi lesquels se trouve le chroniqueur Christophe Lemaire, qui tenait déjà un tel rôle dans le méconnu Mad mutilator.

Ne s'étendant que sur douze minutes, huit si le générique de fin n'est pas inclus, le film expédie l'introduction et n'attend pas même qu'elle soit finie pour passer au charcutage de zombies, qui est le seul but du court-métrage et qui ne se cache même pas derrière un prétexte.
La concentration de l'action en peu de temps a de quoi être dynamique, et pourtant en si peu de temps, Paris by night of the living dead accumule surtout des défauts qui deviennent impardonnables sur un format si court.

A vouloir s'inspirer du cinéma Américain ou des combats armés de John Woo, le Français Grégory Morin imite dans un même temps les erreurs des étrangers, puisque le décor censé être réel est modulé selon les déplacements des personnages, preuve également que toutes les autorisations de tournage n'ont pas été obtenues ; et ainsi la tour Eiffel, le Sacré-Coeur et le Louvre se trouvent côte à côte avec une casse automobile en bordure de forêt. Durant des scènes d'action qui s'enchaînent avec automatisme, tous ces lieux de cartes postales finissent détruits par des CGI dont le ridicule pousse à se demander si l'effet est volontaire ou s'il est simplement bâclé.

Les massacres de morts-vivants par contre, bien qu'assistés par des images de synthèse, se basent sur des maquillages traditionnels qui ravissent le regard même si rien de nouveau n'est apporté dans leur mise en scène. Les clichés habituels sont même poussés trop loin, à cause d'un procédé scénaristique qui évoque la tristesse de l'héroïne qui réutilise au bout de six minutes des images du début représentants les heureux souvenirs du personnage, ou à cause de munitions gâchées pour rien qui créent de partout des explosions, même sur un véhicule abandonné qui, même rempli d'essence, ne créerait en aucun cas cette réaction.

Le peu de temps que prend la vision de Paris by night of the living dead et son initiative peu commune font que ce court-métrage mérite d'être vu par tout amateur de non-morts francophone, mais à cause de quantités de défaillances contrebalançant quelques bons instants, on ne peut trancher entre l'amusement ou la honte du n'importe quoi total.

Vidéo promo :

dimanche 17 octobre 2010

Little red riding hood [Court-métrage]


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : David Kaplan
Année : 1997
Acteurs principaux : Christinna Ricci, Timour Bourtasenkov, Quentin Crisp


Avis sur le film :
Avec The frog king et Little suck-a-thumb, Little red riding hood se place dans la série des contes folkloriques repris par David Kaplan pour les illustrer sous forme de courts-métrages avec un regard plus sombre et mordant.

S'ouvrant sur une jeune fille aux habits de petit chaperon rouge classiques dans un décor champêtre, la modernisation du conte n'est pas de suite apparente puisque l'ambiance ressemble jusque là à un Walt Disney où l'héroïne aurait pris vie.
Ce n'est qu'à l'arrivée du loup, incarné par un acteur aux mouvements de danseur de ballet et au costume qui donne l'impression d'être issu de Cats, élément pertubateur dans l'histoire et dans le cadre bucolique typique, que l'aspect arty apparaît. Il se prolonge par la présence burlesque d'une marionette de chat et l'utilisation expressioniste des décors, mais ne va pas au bout de ses influences qui ne ressemblent plus qu'à des ébauches de stylisation qui laissent place aux situations grotesques.

Kaplan a retranscrit une vision contemporaine non pas par l'environnement mais par les moeurs des personnages, et a cherché à donner un exemple de la maturité des adolescents de nos jours exposés encore jeunes à la perversion. Le petit chaperon rouge n'a plus besoin d'être secourue par un chasseur, mais se déprave en se jetant dans la gueule du loup pour le prendre à son propre piège.
Mais entre l'intention et le résultat, il y a un écart qui donne lieu à des situations qui rendent les motivations des personnages étranges ; ainsi pourquoi l'héroïne mangerait des tripes, d'origine humaine ou non ?

La narration par Quentin Crisp rappelle celle de Vincent Price dans Vincent, mais là où les commentaires en voix-off portaient sur les actions en cours des personnages animés par Tim Burton, les paroles rapportées au moment de leur énonciation par les protagonistes dans Little red riding hood ont un effet étrange sur des acteurs qui restent la bouche close. De plus, cette narration, malgré la touche esthétique apportée, accompagne des actions et des dialogues loins de la finesse et qui s'abaissent au "pipi-caca", selon une intention qui reste vague, entre l'humour impropre et l'amoralité simple réduite à la compréhension des enfants.

Les dernières paroles prenant de l'avance sur des images qu'on ne verra jamais laissent le spectateur sur une impression d'inachevé, sans qu'on ait pu cerner les personnages ou saisir les intentions du réalisateur.
Alors âgée de 16 ans, une mineure qui rajoute du malsain au court-métrage, Christina Ricci est, par sa simple présence, le plus grand atout du film qui, contrairement à elle, n'est pas promis à la durabilité.

Bande-annonce VO :

vendredi 15 octobre 2010

Battlefield baseball


Fiche du film :
Réalisateur : Yûdai Yamaguchi
Scénaristes : Isao Kiriyama, Ryuichi Takatsu et Yûdai Yamaguchi
Année : 2003
Genres : Action / Comédie
Acteurs principaux : Tak Sakaguchi, Atsuhi Ito, Hideo Sakaki
Résumé : Cette année, le directeur du lycée Seido sait qu'il a toutes les chances de gagner au tournoi de baseball, avec les nouveaux joueurs qui ont intégré l'équipe de l'école. C'était sans compter sur l'établissement Gedo, qui est de retour dans la compétition et est connu pour jouer au Battlefield baseball où aucune règle n'est établie, ce qui leur permet de tuer leurs adversaires durant la partie.

Avis sur le film :
Deux ans avant Meatball machine, le premier film de Yûdai Yamaguchi, scénariste du populaire Versus l'ultime guerrier, était Battlefield baseball, adaptation d'une série de mangas du même nom par Gatarô Man qui parodie les films de sports Américains.


La structure narrative où une mauvaise équipe doit en vaincre une beaucoup plus forte, comme dans Les petits champions, est reprise, et parmi les sports appréciés au Japon comme aux Etats-Unis, le baseball est utilisé comme dans la plupart des films de ce genre, à l'instar de Le meilleur ou The bad news bears. On peut reconnaître des joueurs qui sont aussi des figures typiques de l'environnement universitaire des USA tels que les athlètes, les nerds et le rebelle qui va s'intégrer en emmenant ses coéquipiers vers la victoire ; donc rien de nouveau de ce côté du scénario, seulement ces invariants deviennent plus dégénérés en étant reportés sur un humour exagérateur et insensé propre au Japon.
Le prolongement de l'intrigue à la suite du court aperçu au début du champ de bataille qu'est le terrain recouvert de corps après le passage d'une équipe ennemie aux airs de zombies fait comprendre que, fautes de moyens, le film nous montre davantage le résultat de l'action que l'action elle-même, celle-ci étant principalement constituée de plans où les acteurs se battent à coups de poing à plusieurs centimètres du visage de l'adversaire, sans montrer face à la caméra ce qui donne lieu aux corps ensanglantés transpercés de battes qui restent à l'issue du combat.


Heureusement l'histoire est d'une grande bêtise suffisante, et s'écarte parfois favorablement de sa direction initiale pour aller vers de surprenants petits égarements comme une séquence musicale à l'innocence de la mélodie détournée par des paroles farfelues.
Le récit étant issu d'un manga, quelques caractéristiques de ce genre de lectures sont retranscrites à l'écran avec des idées folles qui frôlent en même temps le cartoon, servies par une maîtrise qui évite le fiasco de Sukeban boy et qui rend même mieux à l'image que Sars wars, pour un résultat sans ridicule mais un humour réussi au premier degré.
L'insertion des robots et de la lutte contre une mère dominatrice jouée par un homme dans l'histoire font que les personnages ne se retrouvent pas tant sur le terrain, mais ces égarements ont une présence bénéfique dans un scénario qui se serait vite essouflé autrement.


Malgré une fin niaise qui sort du cadre mais plus dans le bon sens, Battlefield baseball est suffisamment bête et désaxé pour être hilarant par moments, et en particulier sur la fin où arrivent des personnages excentriques pour affronter les méchants. Cependant il manque du rythme pour que le plaisir soit bien présent, ainsi qu'une connaissance minimum du montage où les acteurs n'auraient pas à rester immobiles pour mimer une image qui se fige.

Bande-annonce :

mercredi 13 octobre 2010

Sex, lögner och videovåld


Fiche du film :
Réalisateur : Richard Holm
Scénaristes : Johan et Richard Holm
Année de sortie : 2000
Genres : Comédie / Horreur
Acteurs principaux : Mike Beck, Johan Holm, Camilla Henemark
Résumé : C'est lorsqu'il regardait Die hard qu'un terroriste est sorti de la télévision de Micke, un mordu de films violents pour qui les hallucinations vont se multiplier et devenir de plus en plus dangereuses.

Avis sur le film :
Peu après avoir achevé The resurrection of Michael Myers et sa suite, deux fan-films qui connurent une certaine notoriété en parodiant Halloween puis en réunissant à l'image trois grands boogeymen de sagas d'horreur, Richard Holm eut l'idée, lorsqu'il reçut pour la promotion de RoboCop 2 un costume du personnage éponyme, d'utiliser cet objet de marketing dans une réalisation future. C'est ce qu'il fit dans Sex, lögner och videovåld, fourre-tout d'allusions à des films fantastiques très variés, tourné de 1990 à 1993 mais à la sortie en vidéo retardée jusqu'en 2000 à cause de problèmes de post-production.


Les frères Holm, co-scénaristes, ont pu réunir une équipe de tournage grâce à un peu plus de 5000€ et faire participer quelques guests stars prestigieux de passage dans le pays tel que Mel Brooks ou Brandon Lee qui apparaissent quelques secondes, une célébrité plus underground qu'est Christina Lindberg qui reprend son rôle de Thriller, et un cinéaste amateur comme eux qu'est Anders Jacobsson. Ce dernier avait fait référence à The resurrection of Michael Myers dans Evil Ed, dont on retrouve ici l'acteur Per Löfberg l'instant d'un caméo. Le sujet de Sex, lögner och videovåld est même similaire et le rapport semble d'autant plus flagrant quand le héros, fan d'horreur contrairement à l'innocent Edward, devient aussi victime d'hallucinations. Le personnage sert de plus à véhiculer un même message inversé qui est l'exact contraire de l'image que devraient promouvoir les réalisateurs, puisqu'il est question d'un idiot caricatural qui s'ennuye durant les dialogues et ne cherche que la violence, mais est tellement exagéré que l'on comprend de suite que l'attaque n'est pas portée envers les amateurs de gore mais leurs détracteurs qui cherchent à accuser la violence télévisuelle d'influencer des comportements brutaux.
Par contre, la critique ne marche pas autant avec le psychiatre fou et escroc qui mange son cérumen ou le cuistot qui bave sur ses hot-dogs.


Le film ne cherche pas de toute façon à cacher ses références, qu'elles soient obscures comme Evil Ed ou très connues comme Alien ou Die hard, puisqu'elles sont exposées par une grande série de posters chez le personnage principal, des scènes cultes sont reconstituées, et les clins d'oeil envahissent même la bande-son du générique de début par l'insertion de thèmes musicaux populaires.
A partir de là, disposant d'un arsenal et arborant un t-shirt "Censorship is a disease" sur un air de rock, le héros antipathique part dans un délire fantasmagorique où les personnages sortis de l'écran s'alignent pour se confronter dans la réalité à des innocents pris entre deux feux.
Cela ravit de voir reproduits des personnages ou scènes mythiques, si les droogies et RoboCop font directement partie de l'intrigue, les Tortues Ninjas et Darkman ne font que passer devant la caméra, ce qui prouve un grand investissement personnel malgré un aspect fauché très apparent. Contrairement à d'autres réalisations à petit budget, un coordinateur des combats a été engagé et cela se voit puisque la maîtrise se ressent lors des scènes de lutte qui osent tout de même mettre en scène la fracture d'un bras d'où ressort l'os et le passage d'un méchant à travers une table en verre.


Sex, lögner och videovåld n'a aucun rapport avec le film de Steven Soderbergh dont le titre est pastiché, il ne s'agit pas non plus tellement d'une parodie, c'est avant tout l'accomplissement des fantasmes de deux fans, qui finissent par s'emmêler les pinceaux et perdre le sens de la réalité quand il ne le faut pas, dans des scènes censées se trouver hors de la fiction mais où le sexe s'y mêle de la façon la plus improbable qui soit.
Johan et Richard Holm se font certainement plus plaisir qu'ils ne le font au spectateur, qui a de quoi être rassasié mais finit par ne plus s'y retrouver dans une histoire aussi chaotique que l'environnement sans queue ni tête qui défile devant ses yeux.

Extrait :

dimanche 10 octobre 2010

Dans la grotte de Batman


Fiche du film :
Réalisateur : Paul A. Kaufman
Scénariste : Duane Poole
Année : 2003
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Jack Brewer, Jason Marsden, Lee Meriwether, Frank Gorshin
Résumé : Les anciens acteurs héros de la série Batman de 1966 sont invités à une exposition automobile par un malfaiteur qui en profite pour dérober la fameuse Batmobile. Adam West et Burt Ward, se disant que la police est déjà débordée, mènent l'enquète sur les traces de leur passé.

Avis sur le film :
N'ayant jamais pu se débarasser des rôles qui marquèrent leur carrière en tant que Batman et Robin, Adam West et Burt Ward continuent de nos jours à donner des conférences où ils évoquent la série télévisée qui les a fait connaître. En 2003, l'occasion de revenir davantage sur les débuts de leur carrière se présente sous la forme d'un téléfilm nommé Dans la grotte de Batman, qui se définit comme un hommage à la série des années 60 doublé d'une réunion pour les membres du casting encore vivants ainsi que d'autres personnes liées de près ou de loin à l'adaptation sur petit écran du comic book. On peut ainsi repérer la fille d'Adam West ou un acteur rejeté lors des auditions qui se retrouvent à faire une apparition, devant une équipe de tournage en partie constituée de membres de celle d'origine ou leurs descendants.


Les acteurs sont présentés d'une façon qui adopte avec disproportion une image qu'on pourrait avoir d'eux façonnée uniquement par la série grâce à laquelle ils sont célèbres, prenant l'aspect nostalgique existant pour le tourner en ridicule par des extrêmes où Adam West aurait emporté une part de la série chez lui en aménageant sa demeure selon le modèle de la Batcave et où Burt Ward continuerait à lancer des interjections commenceant par "Holy" à tout bout de champ.
Reprendre les interprètes originaux est parfaitement logique, une grande part de l'histoire se joue même autour de la complicité du Dynamic Duo de comédiens présentés comme de vieux amis lorsqu'ils jouent leur propre rôle mais dans cette fiction, cependant cela implique un jeu d'acteur qui n'est pas entièrement bon. C'est par moments le cas pour Ward, dont la fausseté du ton pouvait correspondre au second degré avec lequel il fallait voir la série, mais qui devient un vrai défaut lors des scènes sérieuses de Dans la grotte de Batman qui devraient contraster avec les réels instants de comédie.


Néanmoins sur ce dernier point le téléfilm est réussi, selon qu'il s'agisse de blagues, d'improvisations ou des gags parfois trop exagérés, il y a aussi du plausible tourné en dérision pour accentuer certains faits comme les débuts de Ward ou le succès auprès des fans, et nous avons même droit à un désopilant Batusi sur un remix du thème musical de Batman. Toutefois, tout n'est pas basé sur les références à la série puisqu'on arrive à nous faire rire autrement même si, à travers une intrigue qui inclut la nécessité d'introduire des flashbacks pour résoudre des énigmes, nous revenons de nombreuses fois sur la série pour en apprendre d'avantage sur les coulisses et les hommes sous le costume.
Lors des reconstitutions, le flambeau est alors passé à Jack Brewer et Jason Marsden qui ont été choisis par West et Ward, les personnes qu'ils incarnent, et entraînés afin de leur ressembler dans leurs gestuelles et manière de prononcer les répliques. Sans que la production n'ait pourtant eu le droit d'utiliser des images d'archives de la série, qui n'a d'ailleurs jamais connu de sortie en DVD, des scènes clés de celle-ci sont reproduites, avec des rires derrière la caméra mais aussi des controverses sur les personnages et des inconvénients, comme ceux des costumes, mis en lumière.


Il en devient même fascinant de voir l'approche que le scénariste prête aux acteurs fictifs concernant leurs personnages ; ce n'est peut être inventé que pour Dans la grotte de Batman, mais cela dévoile une profondeur que l'on n'aurait pas perçue autrement.
Même si la reproduction n'est pas aussi drôle que la véritable série, ce très amusant téléfilm laisse porter un autre regard que l'on partage avec des acteurs qui ont vieilli mais qui ont su garder leur sens de l'humour.

Bande-annonce VOST :

jeudi 7 octobre 2010

Batman : Le film


Fiche du film :
Réalisateur : Leslie H. Martinson
Scénaristes : Lorenzo Semple Jr.
Année : 1966
Genres : Comédie / Action
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Lee Meriwether, Cesar Romero, Burgess Meredith, Frank Gorshin
Résumé : Quatre des malfrats les plus dangereux de Gotham city s'allient pour dérober une précieuse invention et tendre un piège à Batman.

Avis sur le film :
Pour promouvoir la série télévisée qu'il avait proposé, William Dozier voulut qu'une version cinéma de Batman se fasse, seulement le studio 20th century Fox refusa, jusqu'à ce que la première saison de la série ne soit terminée. Sa production se faisant avec des décors et objets déjà créés, il n'y eut plus d'hésitation quant au financement d'un long-métrage, et les acteurs du petit écran purent passer au grand, tout comme l'un des scénaristes et l'un des réalisateurs de la série.


Les épisodes de Batman étaient connus pour leur ridicule, et pourtant son adaptation cinématographique surprend encore par son démarrage en trombe avec ses messages fantaisistes, ses couleurs criardes à l'extrême et les expressions faciales très caricaturales des acteurs ; ce qui fait que le film en lui-même n'a pas encore commencé que le générique est d'un kitsch insurpassable, poussé à plus de 100% si cela était possible, au point d'en devenir déjà jouissif au bout de quelques minutes.
"Kitsch" est indubitablement le mot d'ordre, puisqu'il se retrouve partout, depuis les bases que sont la risible narration en voix off, les gadgets improbables et les costumes de pacotille, jusqu'à toutes les tournures que prennent les évènements.


Les rebondissements peu crédibles nous sont de plus présentés par des expressions saugrenues tel que "Holy sardine !" venant d'un Burt Ward excessivement fébrile accompagnant un Adam West à la parole saccadée, ainsi que d'autres acteurs faisant de leur mieux pour cabotiner. C'est notamment le cas des malfaiteurs, qui rivalisent essentiellement en mauvais jeux de mots lors de la mise en place d'un plan puéril de par son idée de départ basée sur de la science nanarde aussi bien que par son développement digne du jeu de société Attrap' souris.
Le kitsch va jusqu'à se nicher dans les détails de l'arrière-plan comme si les effets spéciaux et le requin en plastique d'un grotesque incroyable ne suffisaient pas, le tout sur une musique qui n'a jamais paru plus ridicule.


La cadence à laquelle arrivent les âneries se calme par la suite, sans quoi la vision serait devenu éprouvante, mais les éléments ahurissants sont toujours présents, entres autres dans la représentation caricaturale du monde moderne, dans des moments d'irrespect de la physique et dans l'utilisation d'onomatopées visibles à l'image qui sont gardées pour la fin, et les personnages persistent dans une bêtise terrible, sauf quand il leur faut résoudre des énigmes tirées par les cheveux jusqu'à la racine.
Batman le film s'apprécie toutefois sans remords car il assume parfaitement son idiotie monumentale qui s'est accrue et bonifiée avec le temps.

Bande-annonce VO :

mardi 5 octobre 2010

Big nothing

Comme pour La nuit des loosers vivants, les distributeurs Français ne savent pas écrire "loser" correctement.

Fiche du film :
Réalisateur : Jean-Baptiste Andrea
Scénaristes : Billy Asher et Jean-Baptiste Andrea
Année : 2006
Genres : Comédie / Thriller
Acteurs principaux : Simon Pegg, David Schwimmer, Alice Eve
Résumé : Pour arrondir ses fins de mois, Charlie se trouve un job dans une société d'assistance téléphonique, mais se fait virer dès le premier jour. Compatissant, Gus Dickinson, son collègue depuis quelques heures, propose à Charlie de récolter 100 000 dollars facilement, en faisant du chantage à un prètre qui s'est connecté sur des sites pédophiles.

Avis sur le film :
Cinéaste d'origine française surtout connu dans nos contrées pour son dernier scénario qu'est Hellphone, Jean-Baptiste Andrea a grandi à Cannes où il tourna son premier court-métrage, mais réalisa son premier long, Dead end, aux Etats-Unis. Après ce film s'écoulèrent trois ans où il chercha différents projets auxquels participer mais sans succès, et c'est de là que vint l'inspiration pour le héros à la recherche d'un travail dans Big nothing. Ce dernier n'a pas non plus été tourné en France mais de l'autre côté de la Manche en compagnie des stars David Schwimmer et Simon Pegg, ainsi que Billy Asher venant se joindre à l'écriture pour apporter une touche British au scénario.


L'histoire part d'une combine banale où l'humour et le culot sont déjà présents, mais qui bien sûr dégénère à cause d'une culpabilité classique dont le besoin de tout raconter à son conjoint rappelle Un plan simple, puis à cause d'une succession de malchances.
A partir d'un travail ennuyeux façon Fight club qui se transforme en un défoulement de violence verbale gratuite s'engage la mécanique de la folie bouillonnante par un montage frénétique qui rappelle les tactiques de survie évoquées en image dans Shaun of the dead avec ici l'ajout de séquences animées qui partagent l'écran en compagnie de personnages qui, selon les situations dans lesquelles ils se retrouvent, sont dignes d'un film de Guy Ritchie mais enrichi grâce à un humour davantage maîtrisé, alimenté à partir de références présentées avec malice et des situations cocasses qui ne cessent de s'empiler au cours de l'intrigue.


Avancer dans ce film correspond à marcher sur des oeufs qui rasent la plante des pieds afin de provoquer une hilarité soulignée par une angoisse hystérique. Même quand on pense déjà être suffisamment surpris par la folle tournure des évènements, ce qui était naturellement considéré comme vrai s'avère faux pour apporter de nouvelles doses concentrées d'éclats de rires surpris par des situations qui viennent frapper les nerfs déjà à vif du spectateur aussi soudainement que surgissent quelques personnages barges qui assument leur singularité d'un air ordinaire mais qui en arrivent à se comporter avec une démence qui leurre en faisant croire que c'en est fini alors qu'il n'en est rien.
La fin se permet même de faux rebondissements, et d'autres que l'on croit vrais jusqu'à ce qu'il nous soit prouvé qu'ils soient faux avant qu'ils ne se révèlent plus tard être vrais.


Le scénario qui cherche à dérouter au maximum en devient légèrement poussif en n'étant presque qu'un enchaînement de situations inatendues, mais elles sont reliées par des éléments qui se recoupent et finissent par construire une intrigue massive qui tient la route en suivant ce qu'elle a instauré, pour un film qui ne faiblit pas et apparaît en lui-même du début à la fin comme une formidable surprise.

Bande-annonce VO :

dimanche 3 octobre 2010

Dick Tracy


Fiche du film :
Réalisateur : Warren Beatty
Scénaristes : Jim Cash et Jack Epps Jr.
Année : 1990
Genre : Comédie / Policier
Acteurs principaux : Warren Beatty, Glenne Headly, Madonna, Charlie Korsmo
Résumé : Dick Tracy ne veut pas devenir maire ni chef de la police, tout ce qu'il cherche c'est à éradiquer le crime dans sa ville. Avant de pouvoir mettre des ennemis hauts en couleurs derrière les barreaux, il doit cependant avoir affaire à une femme fatale et un jeune voyou orphelin qu'il prend sous son aile.

Avis sur le film :
Issu d'un comic book qui continue d'être publié depuis sa création en octobre 1931, le personnage de Dick Tracy avait déjà connu des apparitions sur le petit et grand écran avec une série en 1937 et un moyen-métrage en 1945. A partir de 1975, Warren Beatty eut des idées pour un nouveau film qui rendrait hommage au support papier en le retransposant à l'écran de façon stylisée ; c'est ainsi que les scénaristes eurent à faire des recherches en lisant un bon nombre de numéros de la bande-dessinée et broder autour du peu qu'ils aient pu en tirer, sans introduire de la violence à une license à l'origine destinée aux enfants.
Jusque là essentiellement connu pour son rôle de Clyde Barrow dans Bonnie & Clyde, autre personnage vivant au début du 20ème siècle, c'est Warren Beatty qui est choisi pour interpréter le héros éponyme de Dick Tracy ainsi que pour occuper la place de réalisateur, après avoir été acclamé par les critiques pour Reds, film que l'acteur a écrit, produit et réalisé.


Avant Sin city ou The Spirit dans les années 2000, Dick Tracy avait déjà l'ambition de recréer autant que possible une ambiance de bande-dessinée et prouve, avec un regard retrospectif, que c'est possible même sans disposer d'effets numériques qui recréent en mouvement des pages d'une blancheur impeccable recouvertes d'encre de Chine. Les éléments clés du film noir que sont les femmes fatales et les gangsters sont repris, mais sont placés au milieu de couleurs très vives venant des costumes jaune banane ou des décors mauves qui ont du à eux seuls demander un énorme travail et une colossale quantité de peinture.
Le physique des héros est ordinaire afin de ne pas rebuter le spectateur, mais le film se veut tellement proche du comic book que les méchants comme Pruneface ou Flattop sont maquillés de sorte à avoir une tête déformée correspondant à leur nom. Dick Van Dyke et Al Pacino font partie de ceux qui se sont prêté au jeu, ce dernier ressemblant même à un "Satanas" devenu vivant après s'être extirpé d'un épisode des Fous du volant tandis que parmi ses sbires au crâne aplati ou allongé se trouve une version humaine de "The Goon". Cet éventail de freaks fait partie des éléments tellement fidèles au matériel d'origine que ça en devient inquiétant.


Certains gags se basant sur le ridicule de la transposition d'un élément typique de cartoon dans un film arrivent à faire rire et font dès lors penser à un film pour enfants, mais un aspect plus adulte avec Madonna remuant son postérieur au visage de Dick et Caprice traitant le héros de "dumb dick" vient créer le trouble entre ce qui doit être vu avec une âme d'enfant et ce qui est trop explicitement vulgaire pour ne pas être fait exprès et qui ne devrait pas avoir sa place ici.
Dick Tracy aurait du se positionner quant au public visé mais ne le fait pas, et cela lui nuit puisque l'histoire est trop enfantine pour être prise au sérieux, et reste trop banale en reprenant l'intrigue classique d'un film policier prévisible jusqu'au bout.
L'intention première devait alors être de tout miser sur le style, ce qui fonctionne d'abord grâce à de surprenants plans larges sur une ville colorée, mais même si le décor reste le même, la fin oublie ce qui jusque là faisait que le film était plaisant à voir pour ne plus laisser que l'histoire insipide bien obligée de se poursuivre et de se conclure, mais sans plus aucun intérêt.


Un long-métrage comme Dick Tracy collant au comic au point d'en devenir comique aurait pu donner lieu à un ravissement visuel amusant, mais la dernière demi-heure où les caractéristiques de la BD et les touches d'inventivité se font rares créent un ennui qui se transforme en lassitude à cause d'une BO uniquement composée de chansons rétros tombées dans la désuétude.

Bande-annonce VO :