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jeudi 26 août 2010

Fool moon


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Jérôme L'hotsky
Année : 2008
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Christophe Alévêque, Bruno Salomone, Armelle, Artus de Penguern
Résumé : Alors qu'il se sent au plus bas, Tom invite de vieux amis de Science-Po pour passer quelques jours ensemble en Bretagne. Tout ne se passe pas comme prévu en ce premier soir de pleine lune, les comportements se font inhabituels et les discussions s'enveniment.

Avis sur le film :
Déjà partenaires sur Grégoire Moulin contre l'humanité, Artus de Penguern et Jérôme L'hotsky inversent cette fois les rôles puisque le premier devient seulement acteur, tandis que le second s'inspire d'une idée de son comparse pour se lancer dans l'écriture de son premier long-métrage en tant que réalisateur. Autour de l'activité de la pleine lune, il façonne un script qui vise la "comédystérie" selon ses propres dires, avec une touche de fantastique.


Le décor est placé en Bretagne, une région où a grandi le réalisateur et d'où en ressort une ambiance conviviale pour des premières scènes de retrouvailles où deux amis d'enfance se réunissent et se lancent les habituelles boutades qui ne font rire qu'eux. Le souper qu'ils partagent tout en discutant de leurs vies respectives se change plus tard en dîner essentiellement composé de crêpes autour desquels une réunion d'anciens élèves tourne mal. Cependant, quelque soit le sujet de conversation, on assiste aux réjouissances de camarades de longue date qui forment un groupe dont nous sommes exclus, et le film commence à ressembler à un repas de famille qui s'éternise et durant lequel on ne peut sortir de table.
Un peu d'animation est apportée tant bien que mal, par l'évocation des plus grand moments de honte de chacun, avant que les disputes n'éclatent pour des questions de recette ou d'introduction d'un chat dans la maison.


Les propos virulents s'échangent aussi rapidement que les couples, avec des conséquences toujours aussi ravageuses, mais bien loin d'être aussi extravagantes que les opportunités que laissent concevoir l'idée de départ.
Le lendemain des évènements, les personnages se réveillent comme si rien ne s'était passé, et ç'aurait pu n'être qu'un mauvais rêve si le spectateur n'avait pas éprouvé ce qu'il avait vu. Les éléments fantastiques issus de la présence de dolmens restent inexpliqués, bien qu'on puisse y voir, à la façon de l'astre lunaire dans le film, la manifestation de la mauvaise influence des comédies Françaises de nos jours si banales qui ont retiré de ce Fool moon tout ce qui faisait la particularité de Grégoire Moulin contre l'humanité, qui reste finalement et malheureusement trop unique.

Bande-annonce VF :

mardi 24 août 2010

Grégoire Moulin contre l'humanité


Fiche du film :
Réalisateur : Artus de Penguern
Scénaristes : Artus de Penguern et Jérôme L'hotsky
Année : 2001
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Artus de Penguern, Pascale Arbillot
Résumé : Angoissé depuis toujours, le malchanceux Grégoire Moulin n'ose pas adresser la parole à celle qu'il aime secrètement. Il élabore donc un plan pour lui donner rendez-vous, qui consiste à lui dérober son porte-monnaie afin d'avoir un prétexte de la rencontrer en le lui rendant. Ce que Grégoire n'avait pas prévu, c'est qu'il donne rendez-vous à Odile dans le bar "Le pénalty" le soir de la finale de la Coupe de France, et il se retrouve de Charybde en Scylla dans une ville enfiévrée par le match.

Avis sur le film :
Jusque là seulement connu sur le grand écran en tant qu'acteur, notamment dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain en 2001, Artus de Penguern réalise, scénarise et joue la même année dans Grégoire Moulin contre l'humanité, film qui pioche dans les courts-métrages de son auteur et autres supports cinématographiques dont la frénésie d'un Albert Dupontel couplée à un sens de l'humour qui se rapproche des Monty Pythons sur une histoire qui fait penser à un After hours amélioré, et une réalisation inspirée de Jean-Pierre Jeunet, afin d'en tirer un résultat unique.


Pourtant à l'origine du script bourré de gags farfelus, et lui-même comédien, Artus de Penguern se garde le rôle le plus sage, celui du personnage principal : Grégoire Moulin, qui rêve d'un peu de poésie et de délicatesse dans ce monde de brutes, à l'instar de la tout aussi maladroite Odile Bonheur dont il est amoureux. Les deux interprètes sont bluffants de crédibilité dans leurs rôles de personnes timides qui sont visiblement faits l'un pour l'autre lorsqu'on les voit se bafouiller un dialogue gauche au téléphone, drôles et touchants à la fois.
C'est pour sa dulcinée que Grégoire s'oppose, dans tous les sens du terme, à une humanité bestialisée qui incarne toute la folie du film, contrairement au héros qui fait contrepoids pour maintenir un équilibre comique entre stabilité et instabilité mentale. Ce dernier va devoir se dépasser et surmonter des obstacles plus fantasques les uns que les autres dans ce qui est sa propre Odyssée de 2001.


Teinté d'une critique sociale qui n'est pas sans rappeler une réalité incongrue, le parcours n'est fait que de rebondissement qui mènent Grégoire bien loin à partir d'un problème tout simple, et quand il cherche à se rebeller légèrement ce n'est que pour récupérer plus de dégénérés à ses trousses. La loufoquerie passe par des dialogues insolites énoncés avec sérieux à la démence d'acteurs survoltés, mais quelle que soit la sorte d'humour cela reste drôle à sa propre façon grâce à des interprètes épatants même si peu payés faute de moyens, et grâce à une bonne direction des comédiens qui les pousse à un délire maximal sans dépasser les bornes. Le réalisateur ayant sollicité l'aide de ses compagnons de courts-métrages pour compléter le casting, le budget a été géré autrement, entres autres pour la superbe bande-son énergique et déjantée qui est particulièrement mise à l'honneur dans la scène de la fête costumée qui permet par la même occasion de déployer ses références avec originalité.


Un des seuls remparts restants, Grégoire Moulin reste ébahi devant tant de violence humaine avant de craquer lui aussi, toujours dans le but de faire rire le spectateur, et au regret de ceux à qui il finit par s'en prendre.
Pour ce qui est du cinéma Français, la surexcitation ne fait en général pas bon ménage avec la comédie qui se veut déjà délirante, mais Grégoire Moulin contre l'humanité n'est pas aussi bête que l'affiche peut le laisser penser, car de ce mélange souvent dangereux en ressort de l'humour qui fonctionne à tous les coups au point de provoquer des éclats de rire à chaque tournant.
Déchaîné, saugrenu, et néanmoins fabuleux, Artus de Penguern donne envie avec ce premier long-métrage de le voir persévérer dans l'industrie du cinéma.

Bande-annonce VF :