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mercredi 29 juin 2011

Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV


Fiche du film :
Réalisateur : Lloyd Kaufman
Scénaristes : Lloyd Kaufman, Trent Haaga, Gabriel Friedman, Patrick Cassidy
Année : 2000
Genres : Comédie / Action
Acteurs principaux : David Mattey, Clyde Lewis, Heidi Sjursen, Joe Fleishaker
Résumé : C'est une mauvaise journée pour Toxie, non seulement il n'a pas pu sauver une école pour enfants handicappés mentaux, mais en plus de cela l'explosion qui a causé leur mort a transporté le héros dans une dimension parallèle, tandis que son double maléfique a pris sa place à Tromaville.

Avis sur le film :
Cela faisait dix ans que le Toxic Avenger avait été absent, hormis quelques courtes apparitions dans d'autres productions de Troma, mais à l'aube du nouveau millénaire, après bien d'autres réalisations d'un tout aussi mauvais goût telles que Tromeo & Juliet ou Terror firmer, Lloyd Kaufman fait revenir pour de bon sur le grand écran le super-héros du New Jersey devenu le symbole de sa société de production, et qui avait donné un coup de pouce à sa carrière à ses débuts.
Le titre du précédent épisode, The last temptation of Toxie, faisait référence au film de Scorsese sur le Christ, sans qu'on puisse donner de réelle signification à ce détournement. Pour Citizen Toxie, puisque le scénario n'a aucun rapport avec la création la plus célèbre d'Orson Welles, à l'exception d'une courte référence au détour d'une scène, il est possible d'y voir une tentative non pas d'égaler ce chef d'oeuvre, mais de faire à Troma l'équivalent de ce que Citizen Kane est au cinéma.


Dans l'introduction, Lloyd Kaufman balaie d'un coup les deux précédents films, les qualifiant de "suites pourries" et dont il s'excuse. Il est surprenant qu'il dénigre soudainement ses oeuvres, lui qui habituellement se démène pour vendre tous ses films, mais quand bien même le créateur en viendrait à rejeter trop vite ce qu'il a réalisé et qui est loin d'être aussi mauvais qu'il le prétend, le public n'est pas obligé de partager son avis ; toutefois cela place la barre plus haut pour ce nouvel opus qui nous est donc présenté comme surpassant ce qui a été vu précédemment dans la saga.
Dans les années 2000, les spectateurs seraient en droit d'attendre de la part de Troma une amélioration dans la qualité vidéo, et c'est le premier élément qui frappe puisqu'il est visuel : l'image ne s'est que peu améliorée au fil des années, et malgré la réputation croissante de la société, leur budget reste visiblement très réduit. Le montage et le mixage du son, très chaotiques, participent aussi à rappeler un manque de moyens, du moins au début, puisqu'ils s'améliorent ensuite, et le monteur a su finalement jongler avec les plans sous différents angles de façon dynamique, et dans l'une des scènes de combat les plus marquantes il ose même des split-screens en pagaille mais à l'organisation maîtrisée.
Quoiqu'il en soit, peu importe la quantité d'argent à disposition, tant qu'est conservé ce qui a jusque là a fait oublier le faible budget dans les films du Toxic Avenger : l'esprit "Troma".
En 1998 sortait Terror firmer, dont le scénario incluait une grande mise en abyme de la société de production, avec Lloyd Kaufman jouant presque son propre rôle, en interprétant un réalisateur aveugle donnant naissance au nouveau chapitre des aventures de Toxie. Cette oeuvre décalée avait alors été considérée à l'époque comme le film Troma ultime, mais Citizen Toxie le détrône, imposant avec plus de puissance ce qu'est l'essence même de cette maison de production.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce nouvel ajout à la série accomplit l'exploit d'être encore plus fous que ses prédécesseurs, les surpassant en concentrant tout ce qu'ils ont toujours contenu de plus douteux, et en y ajoutant de nouveaux éléments qui vont bien plus loin que tout ce que les scénaristes avaient osé jusque là.


Le film s'attaque à des sujets sensibles récents, et notamment se moque sans ménagements du massacre de Columbine, mais derrière la légère dénonciation se trouve surtout un goût malsain pour la provocation violente et gratuite.
Le tournage a été effectué avant les attentats du 11 septembre, les tours jumelles sont d'ailleurs encore visibles dans un plan de New York, sans quoi le film aurait très certainement tourné en ridicule cet autre évènement d'actualité.
Sans raison, totalement arbitrairement, les nouvelles cibles de Kaufman et sa bande sont les attardés, les personnes âgées, les transsexuels, la chirurgie esthétique excessive, et la religion. Cette dernière se fait brutalement saccager, et il est incroyable de voir à quel point l'audace des scénaristes va loin, c'est à se demander à certains moments comment il leur a été possible de placer une insolence telle dans leur film.
Comme dans les épisodes précédents, il y a également cette volonté de se moquer du cinéma et de soi-même, avec un usage de stock-shots qui assume son ridicule, notamment avec le fameux plan de la voiture qui décolle puis explose inexplicablement, déjà utilisé dans Tromeo & Juliette, Sgt. Kabukiman NYPD et Terror firmer, qui est encore une fois repris ici. L'origine du placement de ces images dans ce nouveau film n'est pas si honnête que ça, puisque Kaufman est allé jusqu'à tourner de nouvelles images avec un clown pour justifier sa présence dans les plans de la poursuite et de la cascade en voiture et faire correspondre les images recyclées avec celles inédites, mais par chance il semblerait que l'équipe ait changé d'avis d'ici la post-production et le résultat final fonctionne sans que le spectateur pense que l'on ait voulu le berner, puisqu'il ressort surtout une impression d'auto-dérision de la part de l'équipe de Troma. Ils jouent encore une fois avec les principes du cinéma en faisant ce qu'il ne faut pas, mais sans chercher à dissimuler une tromperie, puisqu'ils laissent à comprendre qu'ils sont conscients de ce qu'ils font.
Avec Troma, l'usage du stock-shot perd sa caractéristique purement nanarde liée à son intention d'embobiner le spectateur, mais d'autres figures plus "nobles" sont aussi détournées, comme la traduction en langage des signes pour les sourds, et la transition en iris, qui voit sûrement ici son utilisation la plus détraquée qui existe, le procédé étant complètement avili. Lloyd Kaufman écrivait "Je suis l'herpès de l'industrie du cinéma... je ne vais pas m'en aller", ce qui s'applique aussi à ce qu'il fait au septième art : il le pervertit, et salit avec plaisir tout ce à quoi il touche.


Quand on croit que ce Citizen Toxie ne peut aller plus loin, il le fait, et pour une fois le grand nombre de scénaristes, quatre dans le cas présent, n'est pas un mal, car c'est certainement à cette polycéphalie que l'on doit une telle profusion d'idées déjantées.
Citons seulement parmi le grand fouillis de personnages hauts en couleurs les mafieux en couches-culottes, les bébés mutants, le scientifique qui se prostitue, et bien sûr les lesbiennes et autres seconds rôles en petites tenues toujours en plus grand nombre.
Des personnages déjà existants de l'univers de Troma font aussi une apparition, comme Sergent Kabukiman, auquel Lloyd Kaufman est peut être attaché puisqu'il est le personnage principal d'un de ses films, mais qui est bien moins attachant que le Toxic Avenger, et qui heureusement est ici montré comme un loser, ce qui évite qu'il fasse de l'ombre au véritable héros. D'autres personnages sont créés spécialement pour l'occasion, tels que Dolphin man ou The vibrator, et ce juste pour apporter quelques gags supplémentaires ; cela fait partie des éléments de surenchère, ces détails qui demandent toutefois de dépenser de l'argent pour les mettre en place, et qui sont d'autant plus honorables pour Troma en ayant connaissance de leur budget. Cela renforce leur image de société indépendante qui fait tout pour mettre en oeuvre ce qu'ils souhaitent, pour apporter un petit plaisir supplémentaire au public, et ce peu importe leurs moyens.


Attirés par la renommée de la société, du moins c'est le cas de Corey Feldman qui s'est proposé pour un rôle, des acteurs plus connus viennent apporter leur pierre à l'édifice. Entre célébrités internationales et grands noms de séries Z, le spectateur peut s'amuser à remarquer entre autres Eli Roth et Lemmy qui sont déjà des habitués, la star du porno Ron Jeremy, Debbie Rochon, Julie Strain et James Gunn toujours fidèles, et plus étonnament Stan Lee ; tous sont aussi un ravissement de plus, pour le spectateur qui les reconnaît.
Il y a également ces acteurs inconnus en dehors du cercle des oeuvres de Troma, qui ont interprété des personnages secondaires et qui reviennent, que ce soit Lauren Heather McMahon issue de Class of Nuke'em high ou Joe Fleishaker qui est de plus en plus apparent dans les films de Lloyd Kaufman, ils favorisent l'idée que Troma est une grande famille dont on aime revoir des membres de temps en temps.
Comme le montre le fascinant documentaire de près de deux heures Apocalypse soon sur le tournage de Citizen Toxie, qui par ailleurs ne cache rien des déboires sur le plateau, Troma est aussi un géant du cinéma indépendant qui pousse les fans à un élan de participation, et ainsi comment ne pas être touché par ce vieil homme qui spontanément décide d'interpréter le fou qui court nu au début d'une scène à l'hôpital, ou par cet autre individu qui a tout fait pour avoir le rôle du "reporter #3" ?
Il y a enfin ces inconnus complets mais marquants, qui se prêtent au jeu pour incarner un personnage dégénéré rien qu'un instant, ces acteurs survoltés qui cabotinent à l'extrême tout comme le font Heidi Sjursen qui joue la blonde complètement à côté de la plaque caricaturale ou Corey Feldman déchaîné, avec en sus sa moustache on ne peut plus factice en travers de son visage. Ayons ainsi une pensée pour cet afro-américain qui n'apparaît qu'une seconde, au milieu de la foule, hilare alors qu'en face de lui est censé se trouver le chef de la police se faisant arracher les bras, sorte de soldat inconnu du cinéma bis.


Citizen Toxie est sans nulle doute l'apogée de la série d'aventures du Toxic Avenger, mais aussi des réalisations de Lloyd Kaufman qui porte l'esprit Troma à des sommets. Le film est d'un irrespect affolant, d'une audace inimaginable et donc totalement jouissive. Plein de surprises, jamais à bout de souffle, The Toxic Avenger IV dépasse largement les limites mais parvient encore à ne pas aller trop loin dans son exploration du mauvais goût ; en tout cas il trouve le bon dosage pour continuer à plaire.

Réplique culte :
"Oh my god ! It's the Toxic Avenger, Tromaville's favourite hideously deformed creature of superhuman size and strength !" - Dex Diaper

Bande-annonce VO :

mardi 13 avril 2010

Spider-man 3


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Année : 2007
Genre : Action / Fantastique
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church, Bryce Dallas Howard, Topher Grace

Avis sur le film :
Avec un nouveau succès rencontré à la sortie de Spider-man 2, une suite est immédiatement prévue avec une date fixée, et cette fois les frères Ivan et Sam Raimi accompagnent Alvin Sargent dans le processus d'écriture, décidant eux-même des personnages et des thèmes qui seront traités.
Cette fois les choses ont l’air d’aller pour le mieux dans la vie de Peter, le second film s’étant cette fois terminé sur une note positive, ce troisième épisode n’efface pas les accomplissements réalisés. Mais il y a néanmoins un problème qui persiste et qui s’est même aggravé : celui d’Harry Osborne, le fil conducteur de la trilogie, instauré en même temps que son père le Bouffon vert, et qui revient sous une nouvelle forme comme pour boucler la boucle une fois pour toutes.



Alors qu’il n’y avait précédemment qu’un seul ennemi sur lequel le script se concentrait, bien que les premiers jets prévoyaient déjà Doc Ock dans Spider-man 1 ainsi que le Lézard dans le 2, ce nouveau segment de la saga choisit de placer trois ennemis au total.
C’est ainsi que l’on découvre l’Homme-sable, pour lequel les scénaristes se sont appliqué à montrer le côté humain avant qu’il ne mute. Il ne s’agit pas d’un méchant caricatural dont il est très facile de n’afficher que les défauts, mais on nous le montre en premier lieu auprès de sa fille malade avec autant de soin que lorsque l’on nous fait voir tante May donnant sa bague de fiançailles à Peter. C’est cela qui fait preuve d’un talent de la part des scénaristes, qui développent leurs personnages pour leur donner une dimension réelle même dans un univers pareil, et c’est ce qui fait par exemple que le public retient son souffle quand Spider-man, en plein milieu des gratte-ciels, perd la bague qu’il peut presque saisir du bout des doigts.


L’affrontement est néanmoins reporté -même si les combattants se croisent parfois le temps d'une scène spectaculaire- pour se concentrer sur un autre ennemi plus proche : Harry Osborne, qui se retrouve amnésique. L’adaptation cinématographique s’éloigne désormais encore plus du comic book, mais se crée finalement son propre univers en piochant parmi les créations du support d’origine. L’idée de l’accident d’Harry est d’ailleurs très bonne pour pouvoir également nous faire attendre avant le grand combat final, et crée une tension au milieu de ce bonheur trop parfait pour que le super-héros conserve son intérêt.
Le projet de mariage entre Peter et Mary-Jane ainsi que le trou de mémoire d’Harry qui fait qu’il est en permanence de bonne humeur sont le calme avant la tempête, mais sont favorables à l’insertion de scènes comiques plus nombreuses. Parmi les deux grandes figures comiques de la trilogie, Jameson prend une plus grande place à l’écran rien que pour faire son show ; et l’acteur Bruce Campbell est de retour dans le rôle surprenant et désopilant d’un restaurateur Français qui lui permet encore une fois d’étaler devant nos yeux tout son talent de comédie.


Encore une fois, il y a besoin de perturber la vie presque tranquille de Peter Parker par une remise en question du héros. Venom, à disposition parmi les méchants du comic book, est parfait pour remplir ce rôle. Cette fois, le problème n’est plus extérieur mais littéralement intérieur à Spider-man, dont c’est finalement le tour de dévoiler son côté obscur, après Norman Osborne et Otto Octavius contre qui il s’était battu.
Mais c’est là que la situation devient caricaturale. Avant même d’être contaminé, Peter se comporte de façon inexplicable et sème le trouble dans son couple ; mais une fois que le symbiote s’est accroché à son organisme, notre héros se comporte comme un emo en manque de rebellion et qui prouve que le mal est en lui en se coiffant de travers. Pourtant les possibilités d’actes de cruauté auxquels pourraient mener le symbiote sont infinies. C'est comme si l'envie de chambouler le quotidien de Parker était toujours présente, mais sans en en faire trop non plus pour éviter d'en arriver à des actes irréparables. Ce point là est vraiment raté, mais on peut à la limite rire en ne le prenant pas au premier degré lorsque l'on voit Peter Parker se déhancher en pleine rue.


Toutefois les combats sont toujours superbes, repoussant encore plus loin leurs limites. La scène de la formation de l'Homme-sable était déjà le produit d'un aboutissement technologique incroyable, mais l'affrontement final tant attendu mettant en scène les quatre personnages dotés de pouvoirs surhumains redéfinit les notions de titanesque et d'épique qui avaient accompagné la trilogie.
Le sang neuf parmi les opposants et leurs pouvoirs permettent de donner des coups beaucoup plus sévères et stupéfiants de brutalité ; et la grandeur phénoménale du spectacle nous fait comprendre pour quelle raison Spider-man 3 était le film le plus cher de l'histoire du cinéma à sa sortie.
La conclusion complète l'histoire de la mort de l'Oncle Ben, suivie d'une leçon de moral pour le héros qui découvre que le mal n'est pas forcément là où il le croit.
On pourrait croire que la boucle est définitivement bouclée, comme ce devait être le cas, mais la relation entre Spidey et Mary-Jane reste en suspens, alors que ce que le public attendait avant même la sortie du film était le mariage concluant leur relation tout comme ce fût le cas dans la série animée.
Malgré le grandiose du divertissement, cette déception entâche quelque peu cette super-production.

Bande-annonce VF :

samedi 10 avril 2010

Spider-man 2


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Scénaristes : Alvin Sargent, Alfred Gough, Miles Millar, Michael Chabon
Année : 2004
Genre : Action
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina

Avis sur le film :
Dès la fin du tournage de Spider-man, Sam Raimi voit déjà une suite, qui est clairement annoncée dans la scène finale du premier film. Ce dernier avait pourtant placé haut la barre et s'était terminé de façon à donner de la difficulté à raconter ce qui allait s'ensuivre, car les réponses aux nombreux problèmes de Peter restaient en suspens.
Et des problèmes, il en a désormais plus que l'on ne s'imaginait. Les premières minutes sont à la fois surprenantes et drôles, on assiste au malheur de Peter mais toujours entouré d'humour. Le scénario prend de nombreuses libertés, en nous montrant le héros en livreur de pizzas par exemple, mais ça colle toujours au personnage et est dans la continuation de ce qu'on nous avait déjà montré.


Cette fois encore, l'humour alterne avec un sérieux plus grave, Peter étant le seul super-héros qui doit gérer sa vie d'étudiant fauché et son rôle de justicier masqué. Il doit jongler entre ses devoirs et son passé qui le rattrappe : la mort de son oncle et l'abandon de la fille qu'il aime, qui sont justement dus à sa double identité. Il y a également son ami Harry dont le père a été tué par l'homme araignée ; les conséquences du premier film ne sont donc pas oubliées, elles sont bien ré-intégrées pour pratiquement structurer les intrigues de ce second épisode. Spider-man est un héros qui traverse une crise qui est compréhensible par le public, il est harassé, humilié et le mauvais sort s'acharne sur lui. On prend un plaisir malsain à le voir souffrir, car les concours de circonstances sont clairement poussés jusqu'à l'éxagération, mais c'est d'un dramatique qui pousse aussi à la compassion.
Les personnages que l'on suit au cours du film nous sont déjà connus, nous nous y sommes déjà attaché, c'est pourquoi leur tiraillement est partagé, et le départ de Spider-man placé à l'aboutissement d'un engrenages d'évènements tragiques est compris.


C'est le moment choisi par Dr. Octopus pour faire son apparition. Il a la particularité, par rapport aux ennemis habituels, d'être un homme gentil de nature, mais qui se tourne vers le crime à cause du contrôle exercé sur lui par ses bras mécaniques. Sa genèse est même accompagnée d'une sévère violence, presque effrayante, et pourtant sans la moindre goutte de sang cette fois.
Avant sa transformation, l'attachement d'Octavius exprimé à l'encontre de Peter Parker remplace Norman Osborne du premier opus. C'est une variation sur le même thème de la dualité des rapports entre les personnages selon qu'ils sont dans leur état normal ou leur statut de héros ; si ce n'est que le drame accompagne aussi la nouvelle vie de Doc Ock, rongé par le remord qui nourrit le côté obscur de son être, après la mort de sa femme et le ratage de l'expérience qui lui a pris toute sa vie.
Le côté sombre de sa personnalité est symbolisé par ses tentacules douées d'une grande intelligence artificielle, et dont la formidable animation donne vie de façon inattendue pour nous montrer qui détient vraiment le pouvoir.


Le retour du héros est bien entendu inévitable, il est accueilli chaleureusement par des New-Yorkais dont l'attitude fait chaud au coeur, et par un combat de titans entre ce Spider-man plus expérimenté et un Doc Ock plus habile grâce à ses huit membres, suivi d'une démonstration de pouvoirs aux proportions épiques.
Parker arrivera finalement à panser ses plaies issues du passé en les confrontant, et concilie enfin ses deux identités en ne les faisant plus qu'une aux yeux de Mary-Jane, le personnage s'assume alors et devient réellement "lui-même" en faisant une amalgame de ses deux personnes.


Spider-man 2 est une suite à la hauteur de son prédecesseur, voire même meilleure, en conservant les mêmes atouts tout en allant légèrement plus loin. Le héros est cette fois en pleine puissance et nous fait preuve de toute l'étendue de ses pouvoirs face à un ennemi coriace qui nécessite l'application non seulement de la force physique mais aussi intellectuelle de l'Araignée.
Les personnages sont mieux explorés encore, et même complétés grâce aux réponses apportées par rapport au premier épisode ; et ce toujours avec de prodigieuses scènes d'actions.

Bande-annonce VF :

vendredi 9 avril 2010

Spider-man


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Scénariste : David Koepp
Année : 2002
Genre : Action
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco
Résumé : Lors d'une visite dans un centre de recherche avec sa classe, Peter Parker se fait mordre par une araignée modifiée génétiquement. Il détient désormais les pouvoirs de plusieurs races d'arachnides et, lui qui était le bouc-émissaire de ses camarades, s'en sert pour devenir Spider-man.

Avis sur le film :
Avec la vague de super-héros déferlant sur les écrans au début des années 2000, Colombia Pictures redonne sa chance à l'un des personnages les plus populaires de Marvel en essayant d'effacer les trois nanars produits dans les années 70. Le scénariste David Koepp reprend ce qu'avait écrit James Cameron au début des années 90 pour Carolco pictures, mais en collant plus au comic book pour finalement conserver essentiellement l'idée de la toile fabriquée de façon organique par le héros.
Sam Raimi se charge de la réalisation, pour une fois sans qu'il ait été impliqué dans l'écriture, mais son intérêt est du à sa passion pour le comic book original.


Spider-man est un film qui rend honneur à son personnage et le comic book éponyme, partant de ses origines de loser typique, qui arrive à faire rire même avec un brin d'éxagération, jusqu'à ce qu'il devienne le super-héros que l'on connait. C'est une histoire qui semble familière à tous, mais sa revisite accompagnée d'une légère modernisation donne un air nouveau à l'image traditionnelle du zéro qui passe au héros. Tobey Maguire convient d'ailleurs bien à son rôle double, il passe de l'une de ses personnalités à une autre de façon crédible, en étant le nerd générique d'une part puis le super-héros qui garde dans sa voix une marque de son statut d'adolescent.
En même temps que le personnage acquiert ses pouvoirs, ils nous sont présentés et expliqués de façon astucieuse en associant la science-fiction à ce qui existe déjà dans la nature parmi les araignées. Généralement, les films du genre nous présente les pouvoirs en flash-back pour mieux nous montrer le héros dans toute sa puissance dans un temps présent, mais ici nous assistons à la découverte des pouvoirs tout comme leur contrôle progressif, avant qu'il ne devienne le vengeur masqué et ne vive des moments plus sombres.
Cette insistance de Columbia pictures pour que l'on suive l'évolution de Parker correspond bien au moment de sa vie dans lequel cela se déroule : son adolescence. Et le fait de placer l'histoire dans cette période précise implique la possibilité de dresser une parallèle avec sa crise d'adolescence, et la découverte sexuelle représentée au travers d'allusions par ses pouvoirs qui se développent.
Le scénario nous place même par la suite dans une situation de mal-être qu'est celle de ce jeune homme qui doit faire des choix à l'aube de sa vie d'adulte, la mort de son oncle se change en un tourment partagé avec le spectateur, qu'aurait-il fallu faire dans une telle situation ?


A tout bon héros, il se doit d'y avoir un méchant à la hauteur, et parmi la vaste cohorte d'ennemis issus du comic, c'est le Bouffon vert qui est choisi. Il introduit par la même occasion le personnage de son fils, Harry Osborn, un ami de Peter jouant un rôle très important dans sa vie. Se noue alors une intrigue triangulaire, entre Norman Osborn aka le Bouffon vert qui est comme un père de substitution pour Peter, délaissant son fils Harry et ami du héros. La métamorphose de deux d'entres eux en surhommes masqués envenime encore plus ces rapports relationnels qui construisent une intrigue bien ficelée dont les diverses histoires sous-jacentes se recroisent et s'entrechoquent.
Norman Osborn est joué par Willem Dafoe, qui convient au rôle de scientifique qui sait se montrer affectueux, mais sur son visage se dessine déjà ce mal qui est en lui et qui s'apprête à frapper, tout comme les couleurs de son environnement annoncent celles de son futur costume.
Avoir choisi le Bouffon vert permet d'exploiter plusieurs possibilités inclues en sa personne, et sert aussi d'équivalent au Joker dans Batman par son sens de l'humour qui s'avère tordu lors des quelques scènes où il en use. C'est le premier ennemi à affronter, il se montre démoniaque non seulement en tant que monstre derrière son masque grimaçant mais aussi en tant qu'être arrivant à tromper son entourage en maintenant ses pulsions le jour afin d'avoir l'air normal, et laissant libre cours à son sadisme derrière son costume.


Les effets spéciaux rendent la puissance des pouvoirs de Spider-man dans toute son intensité, et ils deviennent plus époustouflants encore par des mouvements de caméras originaux qui traduisent l'action dans laquelle nous sommes plongés, accentuée par la sublime musique de Danny Elfman.
C'est alors là que l'on retrouve la marque de Sam Raimi, qui a toujours essayé des effets nouveaux et audacieux à l'écran. Il y a aussi la présence de Bruce Campbell, l'acteur fétiche du réalisateur, et Ted Raimi qui donne la réplique à J. K. Simmons qui est hilarant en Jameson. Telle est la façon de s'exprimer de Sam Raimi, à travers un film qu'il n'a pas écrit mais auquel il donne un peu de lui-même.
Le style du film est épatant, nous sommes bien loins de L'armée des ténèbres réalisé 9 ans plus tôt par Raimi et dans lequel les fils transportant les démons étaient visibles ; et même si un large public est visé, la violence ne nous est pas épargnée. Il y a peu de sang, on pourrait presque compter les quelques gouttes versées, mais la violence graphique est plus stylisée et s'avère tout de même rude dans les combats les plus vifs.


Spider-man brise l'image du super-héros instaurée dans les années 80 pour se trouver fièrement à la tête d'une nouvelle ère dans ce genre-ci. C'est du grand spectacle qui respecte le comic book tout en apportant une dose de modernité qui ne lui fait pas de mal et sans essayer de l'édulcorer, avec de l'action et de la violence suffisantes pour divertir sans trop choquer ; et de part la maîtrise des artifices cinématographiques, le résultat est plus adulte qu'il n'y paraît.

Bande-annonce VF :

jeudi 8 avril 2010

Daredevil


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Mark Steven Johnson
Année : 2003
Genre : Action
Acteurs principaux : Ben Affleck, Jennifer Garner, Michael Clarke Duncan, Colin Farrell
Résumé : Matt Murdock est un avocat aveugle le jour, qui fait de son mieux pour rendre justice. Mais lorsqu'il faillit, son alter ego prend la relève la nuit. En tant que Daredevil, il punit les criminels.

Avis sur le film :
La Fox avait déjà posé une option sur Daredevil à la fin des années 90, mais c'est avec le succès des adaptations de comics Marvel dans les années 2000, et ce quelle que soit la qualité des films en question, qui a poussé le studio à accélérer le processus. En s'inspirant des comic books récents tout comme des classiques écrits par Frank Miller, Mark Steven Johnson s'occupe de la réalisation et du scénario, qui a d'ailleurs été apprécié par Harry Knowles du site Ain't it cool news. Pour ce qui est de l'interprère du rôle principal, il a été conseillé par le fan et scénariste de comic books Kevin Smith. Pour les fans du support original, Daredevil avait de quoi se présenter sous les meilleures auspices.


La première chose frappante dès les toutes premières images, c'est l'usage outrancier des images de synthèse pour lesquelles le film n'a sûrement pas manqué de budget. C'est d'ailleurs sûrement cet argent mis à disposition qui a motivé le choix de certains plans impossibles et nécessitant des retouches par ordinateur, mais justement il y en a trop et ils n'apportent rien aux scènes dans lesquelles ils sont placés. C'est un choix stylistique qui essaye de se développer au sein du scénario, mais est beaucoup trop artificiel, et malheureusement on découvre qu'il fait partie intégrante des pouvoirs du héros lorsqu'il est capable de voir son environnement grâce à son audition et son odorat surdéveloppés.
Les effets spéciaux et le montage ont un rendu parfois impressionnant mais qui n'est pas crédible la moindre seconde, notamment lorsque Matt a une force surhumaine ou fait des bonds titanesques sans se blesser, ce qui n'est pas expliqué par ses pouvoirs.


On peut alors décider d'apprécier le spectacle pour ses séquences d'action, mais encore une fois les choix artistiques entravent un quelconque plaisir à cause de la décision prise de montrer les choses telles qu'elles sont vues et senties par Daredevil. Le résultat est chaotique : la musique baisse ou monte de ton, les ralentissements sont suivis d'accélération et toute la panoplie de bruitages qui vont avec sont utilisés excessivement.
De plus, tout est prétexte au combat, que ce soit un règlement de compte avec un violeur ou la rencontre de Matt avec une femme, et même si les chorégraphies sont bonnes, le contexte est ridicule.
Les autres personnages n'ont pas, non plus, résisté au grotesque. Il n'est pas si important dérangeant que le Caïd ait changé de couleur de peau en passant du comic à l'écran, mais lui et le Tireur sont tombés sous la coupe de l'éxagération maladive. L'un casse des nuques d'une seule main tandis que l'autre tue avec une cacahuète et se pavane comme s'il était le roi du monde. Les deux personnages, en particulier le Tireur, auraient pu être intéressants s'il n'y avait pas tout ce cabotinage.


Mais les clichés nous assaillent de partout, dans l'histoire romantique avec Elektra ou dans la mise en scène, dans le montage et ses bruitages, dans le personnage du side-kick qui se veut drôle alors qu'il accumule les déjà-vus, ou dans le personnage joué par Coolio pour qui, décidément, le cinéma ne réussit pas (Dracula 3000, Leprechaun 5, Batman & Robin, Gangland 2010, ...)
Il y a quelques allusions agréables à John Romita, Jack Kirby, Stan Lee, ou encore Kevin Smith qui fait une apparition ; il y a aussi de bonnes idées tel que la remise en question de ce héros qui se costume en diable et dont la justice est discutable, mais rien de tout cela ne sauvent le film du trop grand nombre d'idées saugrenues qui l'anéantissent.

Bande-annonce VF :

samedi 19 décembre 2009

Les glandeurs


Fiche du film :
Réalisateur : Kevin Smith
Année : 1995
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Jason Lee, Jeremy London, Shannen Doherty, Claire Forlani
Résumé : Deux amis sont largués par leurs copines le même jour, et décident d'aller au centre-commercial pour se consoler. Sur place, ils retrouvent leurs ex et tentent de les reconquérir.

Avis sur le film :
Quelques années après le phénomène Clerks, Kevin Smith se voit offrir un budget plus conséquent de 5 millions de dollars afin de réaliser son prochain film. Il décide donc de remettre au goût du jour les teen comedies de son adolescence, les films à la façon de John Hughes ou Breakfast club de John Landis. C'est dans cette optique que se présente Mallrats.


On retrouve de nombreux détails qui constituent peu à peu et au fil des films l'univers particulier de Kevin Smith. Les références entre les films commencent à se profiler et on retrouve avec grand plaisir quelques personnages emblématiques comme Jay & Silent Bob, avec un Jason Mewes toujours aussi bon dans son rôle taillé sur mesure.
Il y a également d'autres têtes connues qui, pour certains, sont restés par la suite des acteurs récurrents dans les films de Smith, dont Shannen Doherty ou Ben Affleck dont la popularité a considérablement grandie depuis.
Mais même si on sent la patte de Kevin Smith ici, ce n'est plus la même chose qu'auparavant. Cette volonté d'axer le film vers un public adolescent est à regretter par moments, lorsque l'on sombre dans un humour beaucoup moins subtil voire trop graveleux.
Le réalisateur lui-même avoue depuis avoir fait preuve d'un peu d'inconscience et pense avoir en partie raté Mallrats. Mais n'allons pas jusqu'à dire cela, car il y a quand même de nombreux éléments à sauver.


Kevin Smith a conservé sa superbe écriture pour les dialogues, qui sont moins nombreux mais très intéressants. Ceux de Mallrats mêlent quelques réflexions sur la vie, sur des faits réels ou encore sur la sexualité des super-héros. La scène avec Stan Lee est mémorable non seulement grâce à l'apparition de Stan "The man", mais surtout grâce aux superbes répliques qui lui sont attribuées, lorsqu'il évoque les aspects cachés de ses personnages. Jason Lee quant à lui se voit attribuer la plupart des meilleures paroles, leur donnant vie de façon particulièrement drôle grâce à son jeu d'acteur surprenant.


Si on regarde comme il faut Mallrats, ce film est loin d'être mauvais, au contraire. Ses nombreuses qualités contrebalancent ses quelques défauts perçus aux premiers abords. Le travail des acteurs ainsi que l'intrigue et les répliques concoctées par Smith arrivent finalement à nous tirer des éclats de rire, mais évidemment à condition que l'on ne voit pas le film comme étant un successeur de Clerks. L'humour de Mallrats est totalement différent et est à voir à part entière pour être apprécié pleinement.

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