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dimanche 10 octobre 2010

Dans la grotte de Batman


Fiche du film :
Réalisateur : Paul A. Kaufman
Scénariste : Duane Poole
Année : 2003
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Jack Brewer, Jason Marsden, Lee Meriwether, Frank Gorshin
Résumé : Les anciens acteurs héros de la série Batman de 1966 sont invités à une exposition automobile par un malfaiteur qui en profite pour dérober la fameuse Batmobile. Adam West et Burt Ward, se disant que la police est déjà débordée, mènent l'enquète sur les traces de leur passé.

Avis sur le film :
N'ayant jamais pu se débarasser des rôles qui marquèrent leur carrière en tant que Batman et Robin, Adam West et Burt Ward continuent de nos jours à donner des conférences où ils évoquent la série télévisée qui les a fait connaître. En 2003, l'occasion de revenir davantage sur les débuts de leur carrière se présente sous la forme d'un téléfilm nommé Dans la grotte de Batman, qui se définit comme un hommage à la série des années 60 doublé d'une réunion pour les membres du casting encore vivants ainsi que d'autres personnes liées de près ou de loin à l'adaptation sur petit écran du comic book. On peut ainsi repérer la fille d'Adam West ou un acteur rejeté lors des auditions qui se retrouvent à faire une apparition, devant une équipe de tournage en partie constituée de membres de celle d'origine ou leurs descendants.


Les acteurs sont présentés d'une façon qui adopte avec disproportion une image qu'on pourrait avoir d'eux façonnée uniquement par la série grâce à laquelle ils sont célèbres, prenant l'aspect nostalgique existant pour le tourner en ridicule par des extrêmes où Adam West aurait emporté une part de la série chez lui en aménageant sa demeure selon le modèle de la Batcave et où Burt Ward continuerait à lancer des interjections commenceant par "Holy" à tout bout de champ.
Reprendre les interprètes originaux est parfaitement logique, une grande part de l'histoire se joue même autour de la complicité du Dynamic Duo de comédiens présentés comme de vieux amis lorsqu'ils jouent leur propre rôle mais dans cette fiction, cependant cela implique un jeu d'acteur qui n'est pas entièrement bon. C'est par moments le cas pour Ward, dont la fausseté du ton pouvait correspondre au second degré avec lequel il fallait voir la série, mais qui devient un vrai défaut lors des scènes sérieuses de Dans la grotte de Batman qui devraient contraster avec les réels instants de comédie.


Néanmoins sur ce dernier point le téléfilm est réussi, selon qu'il s'agisse de blagues, d'improvisations ou des gags parfois trop exagérés, il y a aussi du plausible tourné en dérision pour accentuer certains faits comme les débuts de Ward ou le succès auprès des fans, et nous avons même droit à un désopilant Batusi sur un remix du thème musical de Batman. Toutefois, tout n'est pas basé sur les références à la série puisqu'on arrive à nous faire rire autrement même si, à travers une intrigue qui inclut la nécessité d'introduire des flashbacks pour résoudre des énigmes, nous revenons de nombreuses fois sur la série pour en apprendre d'avantage sur les coulisses et les hommes sous le costume.
Lors des reconstitutions, le flambeau est alors passé à Jack Brewer et Jason Marsden qui ont été choisis par West et Ward, les personnes qu'ils incarnent, et entraînés afin de leur ressembler dans leurs gestuelles et manière de prononcer les répliques. Sans que la production n'ait pourtant eu le droit d'utiliser des images d'archives de la série, qui n'a d'ailleurs jamais connu de sortie en DVD, des scènes clés de celle-ci sont reproduites, avec des rires derrière la caméra mais aussi des controverses sur les personnages et des inconvénients, comme ceux des costumes, mis en lumière.


Il en devient même fascinant de voir l'approche que le scénariste prête aux acteurs fictifs concernant leurs personnages ; ce n'est peut être inventé que pour Dans la grotte de Batman, mais cela dévoile une profondeur que l'on n'aurait pas perçue autrement.
Même si la reproduction n'est pas aussi drôle que la véritable série, ce très amusant téléfilm laisse porter un autre regard que l'on partage avec des acteurs qui ont vieilli mais qui ont su garder leur sens de l'humour.

Bande-annonce VOST :

jeudi 7 octobre 2010

Batman : Le film


Fiche du film :
Réalisateur : Leslie H. Martinson
Scénaristes : Lorenzo Semple Jr.
Année : 1966
Genres : Comédie / Action
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Lee Meriwether, Cesar Romero, Burgess Meredith, Frank Gorshin
Résumé : Quatre des malfrats les plus dangereux de Gotham city s'allient pour dérober une précieuse invention et tendre un piège à Batman.

Avis sur le film :
Pour promouvoir la série télévisée qu'il avait proposé, William Dozier voulut qu'une version cinéma de Batman se fasse, seulement le studio 20th century Fox refusa, jusqu'à ce que la première saison de la série ne soit terminée. Sa production se faisant avec des décors et objets déjà créés, il n'y eut plus d'hésitation quant au financement d'un long-métrage, et les acteurs du petit écran purent passer au grand, tout comme l'un des scénaristes et l'un des réalisateurs de la série.


Les épisodes de Batman étaient connus pour leur ridicule, et pourtant son adaptation cinématographique surprend encore par son démarrage en trombe avec ses messages fantaisistes, ses couleurs criardes à l'extrême et les expressions faciales très caricaturales des acteurs ; ce qui fait que le film en lui-même n'a pas encore commencé que le générique est d'un kitsch insurpassable, poussé à plus de 100% si cela était possible, au point d'en devenir déjà jouissif au bout de quelques minutes.
"Kitsch" est indubitablement le mot d'ordre, puisqu'il se retrouve partout, depuis les bases que sont la risible narration en voix off, les gadgets improbables et les costumes de pacotille, jusqu'à toutes les tournures que prennent les évènements.


Les rebondissements peu crédibles nous sont de plus présentés par des expressions saugrenues tel que "Holy sardine !" venant d'un Burt Ward excessivement fébrile accompagnant un Adam West à la parole saccadée, ainsi que d'autres acteurs faisant de leur mieux pour cabotiner. C'est notamment le cas des malfaiteurs, qui rivalisent essentiellement en mauvais jeux de mots lors de la mise en place d'un plan puéril de par son idée de départ basée sur de la science nanarde aussi bien que par son développement digne du jeu de société Attrap' souris.
Le kitsch va jusqu'à se nicher dans les détails de l'arrière-plan comme si les effets spéciaux et le requin en plastique d'un grotesque incroyable ne suffisaient pas, le tout sur une musique qui n'a jamais paru plus ridicule.


La cadence à laquelle arrivent les âneries se calme par la suite, sans quoi la vision serait devenu éprouvante, mais les éléments ahurissants sont toujours présents, entres autres dans la représentation caricaturale du monde moderne, dans des moments d'irrespect de la physique et dans l'utilisation d'onomatopées visibles à l'image qui sont gardées pour la fin, et les personnages persistent dans une bêtise terrible, sauf quand il leur faut résoudre des énigmes tirées par les cheveux jusqu'à la racine.
Batman le film s'apprécie toutefois sans remords car il assume parfaitement son idiotie monumentale qui s'est accrue et bonifiée avec le temps.

Bande-annonce VO :

mardi 6 avril 2010

The dark knight


Fiche du film :
Réalisateur : Christopher Nolan
Scénariste : David Goyer
Année : 2008
Genre : Action / Drame
Acteurs principaux : Christian Bale, Maggie Gyllenhaal, Heath Ledger, Aaron Eckhart
Résumé : Le nouveau procureur de Gotham, Harvey Dent, fait bouger les choses et grâce à lui la ville sera bientôt débarassée de ses plus grands criminels. C'est sans compter sur un nouvel arrivant, ne faisant partie d'aucune des mafias sévissant déjà. Lui aussi aime la mise en scène, jouer un rôle derrière son maquillage, et il se fait appeller le Joker.

Avis sur le film :
Batman begins n'était que le début du reboot organisé par Warner Bros ; tout comme la fin de ce dernier le laissait présager et grâce à un accueil chaleureux du public et des critiques, la suite se met en place dans la même lignée avec toujours Christopher Nolan et David Goyer aux commandes.
En continuant dans le même sillon tracé par Tim Burton, c'est à un gros morceau que l'on s'attaque avec l'apparition du Joker. Mais s'il semble que ce soit le même univers dont il est question, la façon dont il est traité est totalement différente entre les deux films, presque comme s'il était question de deux sujets antagonistes, alors qu'il s'agit de deux visions très différentes de Batman.


La scène d'intro nous expose ce contraste lorsque les deux némésis nous sont présentés de façon à surprendre le public. De bonnes idées innovantes sont introduites, comme la question des copycats concernant le justicier de Gotham, mais cela se fait beaucoup trop expéditivement : l'Epouvantail est arrêté sans difficultés, et dans l'ensemble les scènes en elles-mêmes ne ressemblent qu'à un avant-goût nous laissant sur une faim qui n'est pas comblée.
Le personnage du Joker n'a rien des versions vues par le passé, et cette intention de changement est soutenue par le fait que Jack Nicholson avait montré un grand intérêt à l'idée de reprendre le rôle, qui lui a été refusé. L'humour de ce criminel dans The dark knight n'est plus aussi extravagant mais plus fin, à l'image de l'humour général du film qui touche surtout à l'ironie et au sarcasme. Mais justement, le personnage perd son aspect clownesque marquant, qui était présent même dans les comics les plus sérieux comme Arkham asylum. L'accent est plutôt mis sur sa démence dans le sens dangereux du terme, et si ce psychopathe fait sourire c'est finalement par le sadisme de ses idées.


Cet épisode cinématographique, second d'une nouvelle série instaurée par Christopher Nolan, est marqué par le bouleversement pour ranimer l'attention du spectateur par rapport à l'épisode précédent qui posait les bases. Le trouble s'installe dans la vie sociale de Bruce Wayne, arborant autant de femmes qu'il veut avec lui lorsqu'il arrive à une fête mais n'arrivant pas à concilier sa doublie vie et ses sentiments pour Rachel Dawes ; et quant à Batman il est remis en question non seulement par la population mais aussi par l'arrivée du Joker. L'apparition d'Harvey Dent est par contre liée aux deux visages de Wayne, pour son bien comme pour son mal.
Gotham était proche de la salvation grâce à l'intervention de l'homme chauve-souris, mais le chaos est ramené par le Joker. L'histoire progresse en même temps que le scénario très élaboré brasse des actes criminels et magouilles de la mafia ainsi que des affaires judiciaires, à côté de celles financières de Wayne Enterprise.
Batman portait déjà ce pseudonyme avant, mais il est désormais le Chevalier noir plus que jamais grâce à des moments très sombres faits de morts, de déceptions et de révélations, alors même qu'une lueur d'espoir était proche.


Mais à vouloir trop insister sur le sérieux, Batman perd son essence même, qui avait pourtant été bien cernée dans Batman begins. Qu'il y ait des chamboulements n'est pas du tout dérangeant en soi, mais les personnages ne sont plus ce qu'ils devraient être. Les caractéristiques de l'univers se perdent même, la Batcave en premier lieu qui n'a plus le charme d'antan et est devenue une immense salle aseptisée semblable à une grande chambre d'hôpital.
Les diverses branches de l'histoire prennent une place trop vaste pour être suivie dans ses moindres détails et deviennent trop envahissantes pour ne pas affaiblir d'autres aspects du film. Les scènes d'actions par exemple se font plus rares, et bien qu'elles soient impressionnantes par leur démesure, elles le sont moins que dans Batman begins.
Néanmoins, les dispositifs mis en place préparent comme il faut le final d'une grande noirceur pleine de pessimisme, le mal l'emportant en partie sur le bien, jusqu'à l'ultime sacrifice qui nous fait retrouver l'héroïsme du Chevalier noir sous une forme nouvelle et donne une justification toute nouvelle pour ce surnom qui redéfinit complètement la perception du personnage.


Mais encore dans la dernière partie, il est dommage d'avoir mis fin trop tôt aux ennemis de Batman. Le film pose un rythme lent en son début et s'accélère quand les deux grandes figures du mal qui nous sont exposées prennent de l'importance et affichent leur potentiel qui est finalement trop peu exploité.
Il est tout de même impossible en 2h30 de rendre pleinement honneur à ces personnages capitaux du comic book, mais ils articulent tout de même une histoire qui est en définitive marquante, et dont le mot de la fin réconforte.

Bande-annonce VOST :

dimanche 4 avril 2010

Batman begins


Fiche du film :
Réalisateur : Christopher Nolan
Année : 2005
Genre : Action / Drame
Acteurs principaux : Christian Bale, Katie Holmes, Gary Oldman, Liam Neeson
Résumé : Après avoir cherché à toucher le fond aux quatre coins du globe, Bruce Wayne revient à Gotham, après un entraînement physique très éprouvant, ayant en tête l'idée d'éradiquer le crime qui empoisonne la ville à tous les niveaux. Mais pour pouvoir agir, Wayne doit frapper les esprits en tant que symbole porteur de force qui instaure la peur parmi ses ennemis, c'est ainsi qu'il choisit la chauve-souris.

Avis sur le film :
Les deux catastrophes filmiques réalisées par Joel Schumacher avaient mené à la cloture de la saga, même si une autre suite était prévue ; c'est au début des années 2000 que Warner bros décide de lancer un reboot de Batman, et cette fois c'est le connaisseur en comics David Goyer, déjà scénariste de la trilogie décomplexée et pleine de prises de liberté Blade, qui prend les rennes de l'écriture.
Pour que la saga reparte sur de bonnes bases, tout est repris depuis le début et Goyer se documente grâce à quelques uns des comics de Batman parmi les plus réputés dont Le long Halloween et Batman année 1. La réalisation est attribuée à Christopher Nolan qui montre de l'intérêt au projet, déjà réalisateur des très sombres et élaborés Memento et Insomnia.
Le sérieux du traitement du sujet et l'implication de l'équipe se ressent au vu du résultat, le grand soin frôlant le raffinement lors des séquences d'ouvertures tournées en Islande donnent l'impression d'un univers complètement différent de celui des précédents épisodes.


Batman begins nous fait voyager vers l'Orient puis nous entraîne jusqu'aux bas-fonds de Gotham city, deux cultures antagonistes avec leurs propres coutumes reflétées par les paysages et costumes ; avec aussi leur style de combat assimilés par Wayne pour former l'homme qu'il est devenu, se battant de façon brute avant qu'il ne soit formé par la ligue des ombres à un style plus technique et réfléchi.
C'est là que l'on découvre véritablement le côté humain de Bruce Wayne, nous connaissions déjà son histoire mais jamais nous ne l'avions vue ainsi. Sa mélancolie et sa rage sont exprimées de façon à ce qu'elles soient ressenties et comprises, on nous montre même le personnage comme étant faible, au seuil d'erreurs qui auraient pu lui être fatales, mais par la suite nous assistons aux gros sacrifices auxquels il se livre pour atteindre son idéal de justice.
David Goyer a fait le choix de quelques prises de liberté tout en reprenant des éléments du comic book, mais l'essence même de Batman est tout à fait assimilée, les ajouts sont tous positifs et construisent les diverses facettes d'un être complexe.


Les autres personnages repris du comic book et placés tous en même temps arrivent à entrer en adéquation et de façon habile au sein de l'histoire qu'ils servent tous sans jamais l'encombrer. Ils sont repris avec leurs caractéristiques propres, et pourtant leur présence est source d'innovations dans les éléments clés de l'intrigue inventés de toute pièce par le scénariste qui a réussi à s'inspirer des comics sans non plus les transposer simplement à l'écran.
Le casting de ces mêmes personnages arrive à concilier une brochette d'acteurs d'exceptions ainsi que des interprètes qui collent à la perfection à leur rôle respectif. Pour les adeptes de la bande-dessinée, Ra's Al Ghul est reconnaissable du premier coup d'oeil, et le choix de Gary Oldman pour Gordon était loin d'être aisé mais correspond complètement au rôle du commissaire tel qu'il était dessiné dans Batman année 1, par exemple.
Christian Bale quant à lui remplit la fonction de playboy, et même s'il n'est pas une montagne de muscles, car seul Stallone tel qu'il est actuellement conviendrait dans ce cas-là, Bale convient également en tant qu'alter ego de Bruce Wayne. Batman s'avère même être plus badass que jamais, et ce grâce à un montage exemplaire dont les astuces font comprendre au spectateur la peur instaurée par le chevalier noir. Malgré une approche plus réaliste du personnage, des artifices dignes d'un pretidigitateur donnent l'impression de le porter au rang de surhomme.


Pour la première fois les origines du costume, de la Batmobile, et de la Batcave entres autres sont expliquées, de façon rationnelle tout en ayant le prestige habituel.
Aucun élément ou personnage n'est laissé pour compte, tous sont utilisés suffisamment et à bon escien ; et cette fois toute la palette des talents du justicier est explorée et déployée sublimement, le scénario très astucieux rend hommage à son talent de détective, tandis que les actes de bravoure et les combats monumentaux sont sublimés par des effets spéciaux titanesques.


Batman begins minimise l'humour par rapport à ses prédecesseurs mais gagne en un sérieux providentiel et fait oublier tout ce que l'on sait ou non sur l'homme chauve-souris pour offrir une version nouvelle qui rend ses lettres de noblesses au héros créé par Bob Kane. Le scénario de génie est d'une richesse incroyable et donne même une dimension épique, confirmée par la musique, que n'a jamais connu le personnage au cinéma.
On en oublierait presque les films de Burton qui étaient pourtant admirables, mais cette fois Batman est de retour avec un long-métrage à sa mesure.

Réplique culte :
"It's not who you are underneath, it's what you do that defines you." - Rachel Dawes

Bande-annonce VF :

vendredi 2 avril 2010

Batman : année 1 [Autour du cinéma]


Fiche du comic :
Auteur : Frank Miller
Dessinateur : David Mazzucchelli
Année : 1987
Résumé : Le riche héritier Bruce Wayne revient à Gotham après 12 ans d'absence, bien décidé à mettre un terme au crime. En même temps arrive un nouveau policier, James Gordon, qui essaye de se frayer un chemin dans la hiérarchie alors que la corruption règne en maître.

Avis sur le comic :
Un an après avoir écrit le futur plus sombre que jamais du chevalier noir, Frank Miller explore les origines du personnage, on découvre Bruce Wayne avant Batman. Mais s'il s'agit de la genèse du justicier de Gotham, c'est aussi celle du futur commissaire Gordon, ici simple lieutenant. Les deux entrent dans l'histoire en même temps avec une narration double traçant des parallèles, leur soif de justice étant sensiblement la même ; mais ne font que se rater pour mieux attiser l'impatience du lecteur jusqu'à leur rencontre décisive.
Miller nous place dans la tête des personnages, nous offre leur propre vision de chaque chose qu'ils désignent par des périphrases concernant le manoir Wayne ou la cité par exemple, ce qui nous en apprend à la fois sur le sujet en question et sur l'observateur, et toujours avec une écriture soignée et pleine de détails.


Le point de vue de Gordon en tant que policier donne de la crédibilité au personnage et à son passé ; et pour l'homme chauve-souris l'écriture arrive à amener étapes par étapes une raison logique au pourquoi de son costume. L'exploration des racines de ces êtres que l'on croyait déjà connaître les rend plus vivant que jamais, face à une ville de Gotham rongée par le crime qui essaye elle-même de les engloutir.
Frank Miller nous fait voir une réalité fictive presque palpable, il nous affiche non seulement la détermination de Gordon et Wayne, mais nous en montre la dimension et les raisons.
Bruce Wayne n'est pas encore le tas de muscles tel qu'il a souvent été représenté, c'est un homme qui doit se perfectionner pour devenir la bête.


Les dessins de Mazzuchelli mis en couleur par Richmond Lewis correspondent bien à ce retour vers le passé, faisant penser à des images issues de vieilles photographies. Les dessins sont plus enclins à respecter le sentiment de réalité recherché, sans qu'il y ait non plus trop de détails pour pouvoir correspondre à cette idée d'un instant passé éphémère.
Dans les couleurs, le blanc cru et fulgurant qui figure la mort alterne avec le rouge et l'orangé pour signifier le danger au coeur de l'action, mais la différence entre les deux est diminuée par un ton terne tout du long qui conserve aussi l'ambiance recherchée.


En tant que fan de Batman, Frank Miller a réussi à utiliser son talent pour nous éclairer sur ce personnage avec lequel il a grandi, en nous offrant deux ouvrages sur le passé et le futur du chevalier noir qui sont depuis devenus des incontournables de la série.

mercredi 31 mars 2010

Batman & Robin


Fiche du film :
Réalisateur : Joel Schumacher
Scénariste : Akiva Goldsman
Année : 1997
Genre : Action
Acteurs principaux : George Clooney, Chris O'Donnell, Arnold Schwarzenegger, Uma Thurman, Alicia Silverstone
Résumé : Tandis que Mr Freeze se manifeste, deux nouveaux ennemis voient le jour : Bane et Poison Ivy, qui n'hésite pas à utiliser les conflits entre Batman et Robin pour vaincre le duo de justiciers.

Avis sur le film :
Malgré les critiques mitigées à l'égard de Batman forever, la saga se perpétue et toujours sous la direction de Joel Schumacher, mais avec un scénariste et un acteur principal différents, Val Kilmer étant remplacé par un George Clooney qui se retrouve sans aucun charisme dans le rôle du justicier de Gotham city.
Les spectateurs sachant certainement à quoi s'attendre avec cette revisite de l'univers de Batman, la scène d'intro reprenant celle du précédent épisode ne cherche plus à cacher quoi que ce soit, puisqu'on nous offre directement des plans sur le fessier et l'entrejambe du héros sous son costume. Il n'y a alors plus aucune ambiguité quant au choix d'avoir modifié le costume pour le rendre moulant jusqu'à épouser la forme des tétons. Mais ce qui ne change pas, ce sont les premières paroles qui sont encore une fois tout simplement ahurissantes.


Ca ne s'arrange pas par la suite, loin de là, puisque pratiquement toutes les répliques ne sont que des blagues vaseuses, sans qu'il n'y ait de réelles conversations mais plutôt des renvois d'extraits d'une sélection des pires jeux de mots qui puissent exister, ce qui prouverait que le scénariste ne sait pas écrire de dialogues s'il n'avait pas adapté Da Vinci code et Un homme d'exception plus tard. Quand des joueurs de hockey attaquent les héros, ceux-ci sortent un "je crois qu'ils nous veulent des crosses", mais le pire est de loin Mr Freeze qui n'arrive pas à ouvrir la bouche sans faire référence au froid.
Pour les deux autres méchants, leur genèse est d'une stupidité sans limites tout comme l'est leur caractère. Poison Ivy n'y va pas de main morte sur les jeux de mots botaniques, et Bane ne sait que grogner et répéter ce qu'on lui dit. Il est également amusant de remarquer qu'en 1997, Poison Ivy pouvait se faire rire au nez quand elle proposait un projet écologique à Bruce Wayne, et ce dernier, étant le gentil de l'histoire, lui rétorque que l'on mourrait sans notre fioul et électricité.


C'en est ainsi tout du long, allant d'une mauvaise blague à une autre, avec quelques combats insipides par instants durant lesquels les ennemis visent toujours l'environnement qui est un danger en puissance au lieu de s'attaquer aux héros directement.
Tous les défauts de Batman forever sont de nouveau présents mais décuplés : le scénario idiot, les costumes, et les lumières aveuglants placées ici et là sans raison valide. On nage en pleine bêtise noyée dans des couleurs sauvages et des bruitages dignes de vidéo-gag, à en donner la migraine.
C'est toujours la même chose pendant deux heures, et même si on peut en rire à je ne sais quel degré tout d'abord, l'agacement finit par triompher dans cette lutte de mauvais goûts entremêlés.
Ce que Batman & Robin a réussi, c'est faire pire que Batman forever et anéantir complètement l'esprit du comic book.

Bande-annonce VF :

mardi 30 mars 2010

Batman forever


Fiche du film :
Réalisateur : Joel Schumacher
Scénaristes : Lee Batchler et Janet Scott Batchler
Année : 1995
Genre : Action
Acteurs principaux : Val Kilmer, Chris O'Donnell, Jim Carrey, Tommy Lee Jones
Résumé : Deux des ennemis du chevalier noir s'allient pour mettre en place un plan de domination de la ville. Mais l'Homme chauve-souris n'est plus seul, rejoint par son co-équipier Robin, un jeune trapéziste dont les parents ont été tués par Double-Face.

Avis sur le film :
La fin de Batman le défi présageait une suite, or c'est 3 ans plus tard que celle-ci arrive sur les écrans, mais cette fois sous une toute nouvelle direction, les Batman de Tim Burton ayant été jugés trop sombres par le studio Warner bros. La saga repart à zéro, tout est changé en même temps que l'atmosphère du nouveau film, et en particulier le réalisateur, les scénaristes et les acteurs.
La scène d'ouverture conserve tout de même le grandiose intrinsèque à la figure emblématique de Batman, la scène où le héros se prépare pour arpenter les rues fait presque illusion sans que l'on ne s'aperçoive des modifications apportées notamment au costume, mais tout part en fumée à cause d'une blague maladroite et mal placée qui constitue les premières paroles du long-métrage : "Dois-je vous préparer un sandwich monsieur ?" demande Alfred toujours interprété par un Michael Gough qui essaye de garder son sérieux alors que le chaos se prépare.


Les deux premiers films de la saga (si on excepte celui adapté de la série TV des années 60) recréaient l'univers sombre et glacial des comic books à la perfection, avec la touche de Tim Burton qui ne faisait qu'améliorer le tableau. Schumacher a peut être pris le mot trop au pied de la lettre quant aux directives qu'on lui a donné, ou alors le studio a imposé sa propre vision, mais dans ce 3ème opus les effets de lumières flashent, les costumes sont bariolés, et même le visage nécrosé de Double-Face attaque les yeux par ses couleurs criardes.
Les acteurs, eux, sont pourtant loins d'être mauvais quand on regarde l'ensemble de leur carrière, le choix de Tommy Lee Jones était même très judicieux pour jouer Double-Face, lui qui jouait à merveille le personnage complètement azimuté de Dwight McClusky dans Tueurs nés un an plus tôt. Mais à vouloir trop insister là dessus et trop souvent, l'interprétation de son personnage dépasse le seuil de tolérance du bon goût. Du moins c'est ce que l'on se dit jusqu'à rencontrer l'Homme-mystère, insupportable, joué par un Jim Carrey qui cabotine comme jamais, démultipliant ses mimiques habituelles pour atteindre des pics de pénibilité.
Mais même les interprètes comme Val Kilmer ou Nicole Kidman, qui jouent avec plus de réserve, ne font que parachever le ridicule des dialogues. Dans le cas des méchants, leur aliénation n'excuse pas leurs jeux de mots lamentables ou autres répliques incongrues qui semblent placées totalement au hasard.


Le scénario est donc loin de briller, mais le point culminant est atteint lors de la découverte de l'identité de l'Homme-mystère : les chiffres indiqués dans chacun de ses indices correspondent à des lettres une fois qu'ils sont ajoutés l'un à l'autre d'un façon particulière, ces lettres donnent "M R E", ce qui en toute logique fait référence à Mr Edward Nigma, et de plus "mister" sonne comme "mystère" ; voilà le talent de Batman, le héros des premiers Detective comics, mis en application devant le spectateur abasourdi. Il s'agit là d'une tentative pour se raccrocher à l'humour de la série télévisée, sans qu'il n'y ait de second degré mis en évidence, ce qui trouble davantage un public de nouvelle génération qui n'a pas forcément connu l'époque où Adam West jouait le justicier de Gotham.
Mais rien sur les deux heures de ce trop long métrage ne veut fonctionner correctement, que ce soit les maquillages, les costumes criards, ou les décors dont la fausseté crève les yeux, digne du sado-masochisme mis en vitrine par l'accoutrement des sbires de Double-Face.


Les bonnes idées se font très rare dans ce Batman forever dont la seule prouesse est de démolir ce qui a été établi par ses deux prédécesseurs, un acte qui paraît presque volontaire lorsque Bruce Wayne efface d'une réplique son passé amoureux qui avait pourtant été abordé à deux reprises dans les films de Tim Burton.

Bande-annonce VO :

jeudi 14 janvier 2010

Batman : The killing joke [Autour du cinéma]


Fiche du comic-book :
Auteur : Alan Moore
Dessinateur : Brian Bolland
Année : 1988
Résumé : Alors que Batman se rend à l'asile d'Arkham afin de mettre les points sur les i avec le Joker, il se rend compte que ce dernier a réussi à s'échapper. A partir de ce moment là, le célèbre tueur tente de manipuler le comissaire Gordon, afin de prouver que tout ce qu'il suffit pour qu'un homme sombre dans la folie, c'est une mauvaise journée.

Avis sur le comic-book :
A la fin des années 80, la série des Batman a été renouvelée grâce à quelques romans graphiques qui ont connu un grand succès, en ayant exploré plus en profondeur cet univers : son passé avec Batman année un en 1986, son futur avec Dark knight returns la même année, et en 1988 c'est sur le Joker qu'on en apprend d'avantage, au travers de The killing joke.


C'est Alan Moore, auteur de Watchmen, qui décide de se lancer dans le projet audacieux de scénariser ce comic. Non seulement c'est le Joker qui est au centre de l'histoire, mais de plus on découvre enfin ses origines, ou en tout cas une version qui pourrait provenir de son esprit malade. Cela se fait au travers de flash-backs qui réapparaissent pour torturer ce fou en cavale, après qu'il se soit évadé de l'asile d'Arkham.
Ces retours en arrières sont interposés entre l'intrigue principale, et les deux histoires mêlées l'une à l'autre se confondent très bien, ajoutant du suspense à chaque fois lorsque l'on attend de voir ce qu'il va se passer avant que le récit ne soit coupé pour passer d'une histoire à une autre.
Le passé du Joker n'est pas tout rose, et c'est encore moins le cas pour ses actions dans le présen, son plan étant de faire passer Gordon de la raison à la folie, en lui faisant subir les pires atrocités. Le comic book s'avère alors beaucoup plus sévère et dérangeant que ce que l'on a vu sur tout autre support, c'en est presque trash au point que l'on ne pourrait jamais voir un récit pareil transposé à l'écran. Les destins de personnages comme Gordon et sa fille Barbara sont scellés à cause de la dépravation dans laquelle ils sont entraînés par un Joker au sourire machiavelique et crispé.


Les dessins de Brian Bolland et ses couleurs pour la ré-édition du comic rendent plus limpide cette descente en enfer, aussi bien pour le Joker que pour Gordon.
Les illustrations sont pleines de détails et accompagnent fluidement n'importe quelles scènes de l'album, mais insistent surtout sur les aspects dramatiques quand il le faut, avec le dessin du visage du Joker faisant transparaître sa folie et sa cruauté, et les visages de ses victimes figés par l'horreur de leur situation.
Les transitions entre passé et présent sont du plus bel effet et sont traitées de façon quasi cinématographique, on ne peut qu'admirer le travail fait à ce niveau là.
Quant aux couleurs, le talent se remarque surtout dans les flash-backs, où les éléments sont effacés et ternes, à l'exception de quelques détails de couleur rose tournant peu à peu au rouge, jusqu'à ce que cela devienne le rouge du sang, le rouge du costume de Red hood, déterminant la transformation du Joker.


Le comic débutait par un questionnement de la part de Batman, et il se termine par une blague de la part du Joker, en guise de réponse. Celle-ci résume sous forme de métaphore toute la situation de rapports entre les deux personnages, et la blague suivie de son fou rire nous fait comprendre que le conflit ne se terminera jamais, si ce n'est par la mort de l'un des deux.
Avec The killing joke, Moore et Bolland ont réussi le pari risqué de pouvoir nous rendre leur version des origines du Joker, et ils ont réussi à tel point que ce comic est considéré comme l'un des meilleurs, et a été la source d'inspiration de nombreux autres récits sur différents supports, comme Batman de Tim Burton ou The dark knight de Christopher Nolan.

dimanche 10 janvier 2010

Batman le défi


Fiche du film :
Réalisateur : Tim Burton
Année : 1992
Genre : Action / Fantastique
Acteurs principaux : Michael Keaton, Michelle Pfeiffer, Danny DeVito, Christopher Walken
Résumé : Batman doit protéger Gotham contre une nouvelle menace : l'homme d'affaire Max Shreck dominant la ville s'allie au Pingouin, un homme difforme venu des égoûts, qui veut postuler pour le poste de maire de Gotham. Dans un même temps apparaît Catwoman, une secrétaire revenue d'entre les morts après avoir été tuée par son patron, Max Shreck.

Avis sur le film :
Avec le succès de Batman, Warner bros envisage une suite, en conservant Tim Burton à la réalisation et Michael Keaton comme acteur principal. Des modifications ont ainsi été apportées au script pour satisfaire Burton. Ce dernier n'aimant pas réaliser de suites, l'histoire de ce second opus s'éloigne du premier, avec l'absence de Vicki Vale et d'une quelconque mention sur le Joker, et l'apparition de personnages totalement nouveaux que sont Max Shreck, Catwoman et le Pingouin.


Le début est dans la continuité du premier film : un univers sombre, surréaliste et décalé dès l'apparition du Pingouin étant bébé. La musique qui suit la scène d'ouverture, toujours composée par Danny Elfman, donne un air de fable moderne et sinistre, cela rappelle la plupart des Burton et place parfaitement l'ambiance générale du film qui suit.
L'installation de cet univers se poursuit après grâce à l'imagination de Burton et celle des scénaristes, transformant ce qui est commun en quelque chose de redoutable et inquiétant. La première scène d'action où Batman affronte un groupe de vilains costumés en personnages de cirque est assez inouïe et riche en imagination.
Batman est plus sombre qu'auparavant, n'hésitant plus à tuer ses ennemis de diverses façons grâce à tous les accessoires mis à sa disposition. Son nouveau costume, ses nouvelles armes et les nouvelles fonction de sa Batmobile font déjà poindre les possibilités offertes par un budget plus important.


Cette fois, Batman est confronté à deux ennemis, et un personnage plus ambigu.
Le premier est Max Shreck, dont le nom provient du célèbre acteur principal de Nosferatu, confirmant l'amour de Burton pour le cinéma gothique, déjà exprimé par le choix de l'acteur Michael Cough, habitué des films de la Hammer, pour jouer Alfred.
Concernant Shreck lui-même, il est assez retiré et laisse plus la place aux autres personnages, mais l'interprétation de Christopher Walken, bien que restant austère, est judicieuse et convient à son personnage.
Le grand méchant de ce Batman le défi, c'est le Pingouin, qui est en quelque sorte la succession du Joker dans Batman, dont il se rapproche le plus grâce à sa folie et son apparence monstrueuse. En dehors de son apparence, ce personnage tente de se faire passer pour quelqu'un de bon, renforçant ainsi le danger qu'il représente, et son allure hideuse renforce la caractère mauvais du personnage lorsqu'il tombe dans le vice, comme lorsque se manifeste sa libido. L'interprétation de Danny DeVito est très bonne, il incarne très bien la cruauté de ce personnage immonde, qui l'est rendu encore plus grâce au maquillage. Il porte aussi en lui une bonne partie du potentiel comique du film, grâce à ses tours et ses nombreux parapluies, qui servent plusieurs fois et qui reviennent plus tard pour un rebondissement dans l'intrigue.


Pour ce qui est de Selina Kyle alias Catwoman, sa personnalité est moins aisée à cerner.
Elle est d'abord présentée comme une secrétaire timide et perdue, sa transformation est donc plus compliquée à mettre en place que dans le comic.
La resurrection de Selina est plus qu'étrange et reste inexpliquée, mais son glissement d'un personnage à un autre se fait peu à peu et de façon structurée, grâce à des éléments qui la poussent à la folie. Elle perd alors l'innocence qu'elle avait lorsqu'elle était accompagnée de sa sottise, et devient Catwoman, femme fatale envoûtant ses opposants, sans réelle distinction entre le bien et le mal.
Batman trouve alors une ennemie à sa hauteur, Catwoman l'affrontant la nuit, et elle est séduite par Bruce Wayne le jour. Cette dualité entre les personnages qui se confrontent donne lieu à de bonnes idées scénaristiques, jusqu'à ce qu'ils découvrent leur identité respective.
La relation entre Bruce et Selina remplace celle avec Vicki Vale dans Batman, mais se finit inévitablement mal, leur union étant impossible.


L'introduction du personnage de Catwoman est accompagnée de (trop ?) nombreuses allusions sexuelles assez déroutantes qui entâchent quelque peu la vision du film, mais le final est tout simplement grandiose et incroyable, ce qui laisse le spectateur sur une dernière bonne note.
Ce Batman le défi marque la fin d'une époque dans la filmographie du chevalier noire, une très bonne époque sombre au possible, marquée par une superbe ésthétique et le talent de Tim Burton.

Bande-annonce VF :

vendredi 8 janvier 2010

Batman


Fiche du film :
Réalisateur : Tim Burton
Année : 1989
Genre : Action / Fantastique
Acteurs principaux : Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl, Michael Gough
Résumé : A Gotham City, ville rongée par le crime et la corruption, un être non-identifié à l'apparence d'une chauve-souris géante terrorise les malfrats. Il s'agit de Batman, l'alter ego du milliardaire Bruce Wayne. Un soir, lors d'une descente de police visant à capturer le criminel Jack Napier, Batman le fait accidentellement tomber dans une cuve de produits chimiques. Jack Napier est mort, le Joker est né, le nouveau grand fléau de Gotham.

Avis sur le film :
Tim Burton est connu pour ses films aux univers très sombres, et de plus le premier des comics qu'il ait aimé est The killing joke, le roman graphique le plus populaire parmi ceux dépeignant le personnage du Joker, qui a lui aussi marqué le réalisateur. Il est donc presque logique que ce soit à lui qu'ait été confié le script de Batman, écrit par Sam Hamm et Warren Skaaren.


Le métrage nous place dans l'ambiance adéquate dès le générique de début où l'on parcourt le célèbre logo de la chauve-souris, sur la musique de Danny Elfman. Le compositeur a créé de nombreuses musiques de films prestigieuses, Batman en fait partie grâce à son thème principal mémorable, qui semble dès le départ esquisser les contours du Chevalier noir et son univers, et qui annonce une aventure de grande envergure.
Le début du film confirme déjà que le milieu dépravé et menaçant de Gotham est respecté, son essence étant concentrée dans les premières minutes.
Apparaît ensuite peu à peu le personnage éponyme, qui reste très mystérieux et imperceptible au premier abord, étant pris pour un monstre géant aux pouvoirs surhumains.
Le personnage de Bruce Wayne est interprété par Michael Keaton, acteur qui avait été très contesté pour le rôle par les fans du comic. Keaton rentre pourtant très bien dans le rôle, remplissant comme il faut chacune des deux personnalités de son personnage. Il arrive à jouer l'étrange playboy milliardaire ainsi que le héros masqué semant la peur dans le coeur de ses ennemis.
Le caractère du personnage de Wayne se dévoile notamment au travers de sa relation avec la journaliste Vicki Vale, qui nous en apprend plus sur lui en dehors de sa façade habituelle de milliardaire ou de justicier et nous montre ses problèmes humains. Les relations et les personnalités sont développées de cette façon, avec quelques autres dialogues donnant une contenance et une histoire crédible aux personnages. L'attachement entre Bruce et son majordome Alfred se fait aussi ressentir par la même occasion.


Mais de tous les personnages, celui qui se détache du lot est le Joker, interprété par Jack Nicholson. Plutôt que d'en faire un comédien raté comme dans le comic, il a été choisi d'en faire un meurtrier, ayant déjà un pied dans le vice. Il chute donc de moins haut dans la folie criminelle, mais son passage d'un homme normal au Joker se fait de façon appropriée : d'abord sa transformation physique, puis son passage peu à peu dans le délire après avoir vu le résultat de sa défiguration. Et dès le premier rire tonitruant poussé par sa nouvelle identité, le Joker va aller de plus en plus loin dans la démence.
C'est sûrement le méchant le plus connu parmi les comics de Batman, d'où ce choix là, qui s'avère très bon pour ce premier opus. Le personnage en lui-même est déjà la folie incarnée, son pouvoir vient de sa puissance alliée à sa folie pure qui le rend hallucinant et hystériquement drôle. Nicholson est au sommet de son art dans ce personnage de plus en plus colossal et dingue, qui lui semble être taillé sur mesure tellement il l'incarne parfaitement bien, trouvant la gestuelle et le ton des répliques qu'il faut pour pousser le délire jusqu'à son paroxysme.
Le Joker en vient même à éclipser le personnage de Batman. En toutes occasions du début à la fin il est pris par, et même personnifie, la folie furieuse, et ce même après sa fin, puisque son rire se fait encore entendre en quelque sorte après sa mort. Cela atteste parfaitement de la puissance du Joker et de son humour ravageur, dont la démence outrepasse la mort.


Batman est une très bonne adaptation du comic book destinée à un plus grand public, mais surtout un film spectaculaire mêlant atmosphère sombre, excellent humour noir et des scènes d'action impressionnantes.

Bande-annonce VF :