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vendredi 25 mars 2011
Clerks : The lost scene [Court-métrage]
Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Kevin Smith
Année : 2004
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Brian O'Halloran, Jeff Anderson, Joey Lauren Adams
Avis sur le film :
The lost scene fait référence à une scène qui devait se trouver vers le milieu de Clerks, lorsque Dante et Randal se rendent à l'enterrement de Julie Dwyer. Si l'ellipse dans le film entre l'entrée et la sortie du funérarium semble tout à fait naturelle, le script de départ contenait le récit de ce qu'il se passait à l'intérieur du bâtiment, mais la scène n'avait pas été filmée faute de moyens.
Elle avait été révélée en 1998 sous la forme d'un comic book, mais avec la sortie du DVD Clerks X pour les 10 ans du film, une version en dessin animé dans le même style visuel que celui de la série a été réalisée pour cette "scène perdue".
Randal est le même salaud qu'il était, Dante est toujours aussi précautionneux ; le film nous fait retrouver des personnages tant appréciés et nous ramène des années en arrière d'une des seules façons possibles maintenant que les acteurs ont vieilli, mais sans oublier tout ce que Kevin Smith a fait depuis sa première réalisation. Il n'y a certainement pas de cinéastes plus auto-référentiel que lui, Jay & Bob contre-attaquent étant le sommet des allusions au View Askewniverse, mais The lost scene ne fait pas exception à la pratique habituelle de Smith. Le réalisateur reste fidèle à son script originel mais rajoute quelques éclaircissements sur des évènements survenus dans Mallrats, une référence visuelle au Jesus de Dogma, et quant à l'apparition d'Alyssa, elle prend un sens nouveau dès lors que le spectateur a vu Chasing Amy.
L'animation permet d'aller plus vite tant que le doublage peut suivre et enchaîne plus rapidement les gags, mais certaines situations sont tirées par les cheveux, certainement modifiées et exagérées pour ce court-métrage, car il serait difficile d'imaginer comment une scène telle que celle où la clef se perd dans le cercueil aurait pu être crédible dans un film avec de vrais acteurs.
The lost scene est à voir en dehors de Clerks, bien que le DVD propose la vision de l'un intégré dans l'autre, car le rythme du film original en est brisé. La suppression de cette scène n'était pas un mal, mais le court-métrage reste à voir, malgré le fait qu'il retire toute part d'imagination sur ce qui a pu se passer à la veillée funéraire, comme un document inédit et important pour en savoir plus sur la première œuvre de Kevin Smith.
Le film en VO :
Libellés :
Brian O'Halloran,
Jeff Anderson,
Kevin Smith
mardi 22 mars 2011
The flying car [Court-métrage]
Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Kevin Smith
Année : 2002
Genre : Comédie
Acteurs : Brian O'Halloran, Jeff Anderson
Avis sur le film :
Premier film commandé pour le Tonight show with Jay Leno, le court-métrage The flying car est l'occasion pour Kevin Smith de consacrer une nouvelle histoire rien que pour ses personnages de Dante et Randall qui, depuis Clerks huit ans auparavant, étaient apparus dans des films du View Askewniverse mais seulement dans des rôles secondaires.
Même s'il manque la traditionnelle référence à Star Wars, les grivoiseries et références à la pop culture typiques chez Kevin Smith se retrouvent ici comme dans toutes ses créations. Le réalisateur n'a pourtant pas, visiblement, tellement recherché son sujet afin de répondre à la commande, puisqu'il recycle un passage qui se trouvait dans une ancienne version du script de Clerks II, et qui par ailleurs rappelle fortement une autre scène en voiture dans Clerks premier du nom. Smith fait tout de même ici encore preuve de son talent d'écriture et d'un sens de la mise en scène d'un gag qui, en dépit de la chute prévisible, font fonctionner ce court-métrage.
Les faciès de O'Halloran y sont aussi pour beaucoup, mais pas autant que la performance d'Anderson qui donne vie aux insistances et répétitions du script sans les rendre monotones. Randall est un personnage toujours ambigu, à l'origine d'expressions indicatrices d'une certaine bêtise mais capable par ses mots bien dosés de faire prendre de l'ampleur à son stratagème qui donne de l'importance au gag en même temps qu'il le fait fonctionner.
The flying car est un ajout à l'univers fictif de Kevin Smith sans surprises mais divertissant le temps de quelques minutes, bien que le principal attrait soit certainement le fait d'avoir pu retrouver des personnages chers aux fans du premier film quelques années avant le grand retour dans Clerks II.
Le film en VOST :
Libellés :
Brian O'Halloran,
Jeff Anderson,
Kevin Smith
mardi 29 décembre 2009
Clerks : the animated series
Fiche de la série :
Développé par : Kevin Smith, Scott Mosier, David Mandel
Année : 2000
Acteurs principaux : Brian O'Halloran, Jeff Anderson, Jason Mewes, Kevin Smith
Résumé : De nouvelles aventures dans la vie trépidante de Dante et Randall, les deux employés de Clerks.
Avis sur la série :
Avant Jay & Bob contre-attaquent ou Clerks II, le retour des personnages principaux de Clerks s'est fait en dessin-animé, avec les acteurs originaux prêtant leur voix et Kevin Smith ainsi que Scott Mosier (producteur de View Askew) à l'écriture.
Le format cartoon implique quelques modifications, afin de ne pas offenser un public différent de celui du film. Ainsi Jay & Silent Bob passe de dealers de drogue à vendeurs de feu d'artifice, et toute vulgarité est supprimée.
Mais ces changements n'altèrent en rien la qualité du dessin animé, puisqu'au contraire il est majoritairement gagnant concernant cette transpositon d'un médium à un autre. Le cartoon permet de mettre en application des idées qui n'auraient jamais pu voir le jour autrement, et de nouvelles et très nombreuses possibilités deviennent envisageables. Les scénaristes peuvent se permettre n'importe quel fantaisie extravagante et n'hésitent pas aller toujours plus loin dans l'improbable, comme lorsque Dante et Randall deviennent chirurgiens pour quelques secondes, ou lorsque les héros se retrouvent dans la Matrice, ou encore lorsqu'ils se retrouvent dans un décor similaire au temple maudit d'Indiana Jones après s'être préparés pour une finale de baseball. Tous ces élucubrations abracadabrantesques sont réalisables afin de servir un humour d'autant plus fort.
L'humour du cartoon est bien différent du film, le rythme rapide et frénétique qui est permis par l'animation amène des gags très nombreux qui s'entrechoquent dans l'esprit qui les perçoit, et provoquent de grands éclats de rire dans la stupéfaction la plus totale.
Par moment, les scénaristes ont réussi à détourner la contrainte de la censure en plaçant des gags compréhensible par un public plus âgé, et on retrouve par moments quelques éléments rappelant les films de Kevin Smith, comme le début de chaque épisode reprenant et dérivant de celui du film, les habituelles références à Star wars et Les dents de la mer, d'autres marques significatives comme la présence du nombre 37 (chiffre fétiche du réalisateur) et autres références et parodies innombrables à la culture cinématographique ; mais dans l'ensemble le cartoon Clerks est très différent du film. Non en mal, au contraire, car nous retrouvons les personnages de Dante et Randall dans un univers similaire mais très différent en même temps, avec des détournements de codes spécifiques à une série TV et un sens de la comédie totalement absurde mais très plaisant.
L'auto-dérision est très présente aussi, et elle atteint son point culminant dans le dernier épisode nommé "The last episode ever", dans lequel des fans mécontents demandent à ce que le cartoon ressemble plus au film dont il est dérivé. A la parodie du cartoon s'ajoute alors une parodie du premier film de Smith, où toutes ses caractéristiques sont reprises mais détournées afin d'être éxagérées à l'extrême. Tout ce qui était crédible et composait l'histoire de Clerks devient complètement idiot, mais incroyablement drôle.
Il est bien dommage que cette série agréablement surprenante ait été supprimée si tôt, au bout de six épisodes dont deux seulement ont été diffusés, car parmis les nombreux aspects qu'aura revêtu le View Askewniverse, Clerks the animated series fait partie de ceux qui sont à hurler de rire tellement ce cartoon est hystériquement hilarant.
Bande-annonce VO :
Libellés :
Brian O'Halloran,
Jason Mewes,
Jay et Silent Bob,
Jeff Anderson,
Kevin Smith
dimanche 27 décembre 2009
Zack and Miri make a porno
Fiche du film :
Réalisateur : Kevin Smith
Année : 2008
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Seth Rogen, Elizabeth Banks, Craig Robinson
Résumé : Zack et Miri sont deux amis d'enfance cohabitant depuis des années dans le même appartement. Ils se débrouillent comme ils peuvent, jusqu'à ce qu'on leur coupe l'eau et l'éléctricité. Pour payer leurs factures, ils ont l'idée de tourner un film pornographique amateur.
Avis sur le film :
Zack and Miri make a porno marque une rupture dans la filmographie de Kevin Smith, deux ans après la clôture (définitive ou non) du View Askewniverse avec Clerks II. C'est le premier film à ne pas se situer dans le New Jersey, et même si des acteurs récurrents comme Jeff Anderson ou Jason Mewes sont présents, ils tiennent des rôles différents.
Kevin Smith continue néanmoins dans le genre qu'il préfère : la comédie, adjointe avec une intrigue romantique peu ordinaire, puisque les deux personnages principaux se rendent compte qu'ils s'aiment sur le tournage d'un film porno.
La présentation des personnages est succinte, nous ne savons d'eux que ce qui est superficiel et tout ce qui est suffisant afin de bâtir une relation amoureuse entre les deux. Ce n'est donc pas l'histoire d'amour qui est mise en avant, comme le laissait penser le synopsis préliminaire, mais c'est la comédie des situations qui en découlent. La réunion des anciens élèves en début de métrage aurait pu nous en apprendre plus sur les personnages, mais cela sert de nouveau la comédie, qui atteint dans cette scène un point élevé dans le film, avec l'apparition du personnage de Justin Long. Son petit rôle en tant qu'acteur porno gay est sûrement la meilleure prestation de toutes, grâce à son ton et son attitude qui conviennent parfaitement au personnage et qui, avec les répliques écrites par Smith, rendent sa présence hilarante.
Nous sommes bien loin de l'écriture de Clerks, mais cette forme d'humour différente baignant dans le grivois reste drôle, dans la mesure où cela ne va pas trop loin, et rien n'est montré de façon gratuite.
Il est quand même dommageable de voir que la vulgarité s'est accru. Elle se trouve dans des phrases qui n'en ont pas besoin, et passe moins bien que dans Jay & Bob contre-attaquent où les grossièretés étaient pourtant plus nombreuses.
Les acteurs comme Justin Long ou Seth Rogen se concurrencent pour remporter la palme de l'improvisation, au point de se demander où se cache le travail du réalisateur, mais la patte de Kevin Smith se retrouve tout de même, puisqu'il retourne malgré tout à ses racines sur certains points. Zack and Miri make a porno s'inspire des expériences du réalisateur lors du tournage de Clerks, certaines anecdotes réelles se retrouvant dans ce film, tout comme une scène coupée dont l'idée est reprise ici. D'autres éléments personnels transparaissent, comme avec les références habituelles à Star Wars et au hockey. Kevin Smith se sert aussi de son oeuvre pour faire part de ses (dé)goûts, avec quelques références à Zombie, notamment de par l'apparition de Tom Savini, que le réalisateur admire. Une autre allusion cinématographique est celle faite à Edward penishands, parodie d'Edward aux mains d'argent de Tim Burton, qui s'est ouvertement opposé à Smith de nombreuses fois.
Bande-annonce VOST :
Libellés :
Elizabeth Banks,
Jason Mewes,
Jeff Anderson,
Jennifer Schwalbach,
Kevin Smith,
Seth Rogen,
Tom Savini,
Traci Lords
samedi 26 décembre 2009
Clerks II
Fiche du film :
Réalisateur : Kevin Smith
Année : 2006
Genre : Comédie
Acteurs princpaux : Brian O'Halloran, Jeff Anderson, Rosario Dawson, Trevor Fehrman
Résumé : Plus de 10 ans après les évènements de Clerks, Dante et Randall travaillent travaillent désormais dans une fast-food, après qu'un incendie ait détruit l'épicerie Quick stop. Clerks II suit la dernière journée de Dante à son travail, avant qu'il ne parte en Floride avec sa future épouse. Randall décide de préparer une soirée très spéciale pour son ami.
Avis sur le film :
En 1994, Kevin Smith avait écrit le scénario de Busing, dont on voyait une affiche dans Jay & Bob contre-attaquent alors qu'il n'avait pas encore été porté à l'écran. Busing étant décrit comme un "Clerks dans un restaurant", Smith y a retravaillé depuis jusqu'à ce que cela devienne Clerks II.
Pour la première fois depuis Clerks, nous retrouvons Dante et Randall comme personnages principaux, alors qu'ils n'avaient fait qu'une apparition dans Jay & Bob contre-attaquent. Ce dernier devait d'ailleurs clore le View Askewniverse, mais Smith reprend sa "saga du New Jersey" avec ce Clerks II, qui nous permet de retrouver les personnages cultes immortalisés dans le premier épisode.
L'humour est par contre radicalement différent, le premier film misait sur l'excellence des dialogues sur lesquels tout reposait, alors que cette suite fait preuve d'un humour plus potache et moins recherché, mais qui fonctionne tout de même. En dehors de ça, nous retrouvons Dante et Randall comme ils étaient, ou presque, puisque le personnage de Randall semble avoir perdu quelques points de QI : son sens de l'humour qui venait auparavant de ses répliques acerbes est ici substitué par un comportement plus idiot et immature.
Heureusement ce changement chez Randall occasionne encore de bonnes discussions avec ses collègues. Smith a toujours le talent de rendre passionante une quelconque conversation anodine entre amis, qui peuvent tout aussi bien critiquer Transformers et Le seigneur des anneaux que parler d' "érotisme sans frontières".
Clerks II nous plonge donc dans une certaine nostalgie quand ses deux personnages principaux se montrent encore une fois comme des héros lorsqu'il s'agit d'une confrontation verbale, Randall arrivant même à faire vomir un fan du Seigneur des anneaux ; mais Smith ne se contente pas de montrer les deux employés en train de discuter sans encombres, comme s'ils se trouvaient encore dans leurs jeunes années à travailler au Quick stop. En milieu de récit, un élément perturbateur issu du passé de Dante et Randall vient les remettre en question, eux qui se lancent dans leurs longues discussions alors qu'ils travaillent dans un fast-food, la trentaine passée. Grâce à cette contrariété, nous en apprenons plus sur les personnages et leur vision des choses puisqu'ils démarrent une courte analyse de leur vie, interrompue ensuite par une scène au rythme plus vif.
Dans ce passage-ci, le montage prouve d'ailleurs le talent de Kevin Smith (qui est également le monteur), qui innove grâce à de nouveaux procédés. La musique aide à la transition entre les différentes scènes, et est choisie avec justesse pour correspondre parfaitement au ton de chacune d'elles. D'autres éléments comme la façon de filmer et d'entrecouper les plans immerge le spectateur dans la situation d'angoisse des personnages lors de scènes plus sérieuses.
Clerks II nous fait passer du drôle à l'émouvant même, avec une intrigue romantique entre Dante et Becky la gérante du fast food, qui est un bref témoignage du passage à la trentaine de la part de Smith, dont les problèmes sont transposés dans la vie de Dante.
Le film est fortement marqué par l'anti-conformisme recherché volontairement, ça passe par Dante et Randall mais aussi Becky, qui rejette l'idée de romantisme. Ainsi après avoir de nouveau suivi une journée mouvementée dans la vie de Dante et Randall, ces deux losers du New Jersey, tout se termine au mieux pour chacun. Les réponses aux questions des deux personnages principaux sur eux-même sont apportées à la fin, lorsqu'on retrouve les deux employés comme ils étaient auparavant, deux caissiers au Quick-stop et heureux d'y être, assumant pleinement leur statut d'ados dans un corps d'adulte et leur refus d'apporter du changement dans leur vie, et cela sans plus avoir à se soucier de leur vie sentimentale. La boucle est bouclée, puisque les problèmes posés dans Clerks II tout comme dans Clerks sont résolus, et les personnages sont de nouveau tels qu'on les aimait.
Clerks II a de quoi combler les adeptes du premier opus, aussi bien en tant que suite qu'en tant qu'hommage.
Suite car nous retrouvons avec un plaisir non dissimulé les personnages que l'on avait aimé dans Clerks, dans lequel nous les suivions au cours d'une journée trop courte et dont on aurait aimé voir le lendemain.
Hommage car les références aux autres films de Smith sont nombreuses, avec une majorité pour Clerks bien entendu. Kevin Smith n'a pas négligé ses fans et n'a pas épargné le moindre détail que tout autre n'aurait pas remarqué. Pour la scène finale, il aurait pu s'agir de n'importe quel client achetant des cigarettes, mais Smith a décidé que ce soit Walter Flanagan, acheteur de cigarettes dans le premier Clerks déjà, ce qui prouve un dévouement envers les fans les plus acharnés.
Clerks II clot de façon sublime et touchante la saga après nous avoir rappelé la joie qu'elle a apporté au public, et on n'aurait pu imaginer meilleur conclusion afin de satisfaire les spectateurs les plus fidèles du View Askewniverse.
Bande-annonce VOST :
mercredi 23 décembre 2009
Jay & Bob contre-attaquent
Fiche du film :
Réalisateur : Kevin Smith
Année : 2001
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Jason Mewes, Kevin Smith, Shannon Elizabeth, Ben Affleck, Jason Lee, Will Ferrell
Résumé : Jay et Silent Bob apprennent qu'un film adapté de la BD dont ils sont l'inspiration va être tourné. Ils n'ont pourtant pas été rémunérés, et de plus des gens sur internet insultent leurs personnages. Les deux dealers décident donc de se rendre à Hollywood pour empêcher ce film de se faire.
Avis sur le film :
Jay et Silent Bob sont apparus dans chacun des films de Kevin Smith jusque là, étant à chaque fois relégués au second plan, mais leurs apparitions, aussi courtes qu'elles soient, ont suffi pour leur ériger un statut d'icône parmi les amateurs du travail de Smith. Il était donc temps que le duo ait leur propre film, et l'attente des fans fût enfin récompensée en 2001 avec Jay & Bob contre-attaquent.
C'est l'occasion d'en voir et en savoir d'avantage sur ces personnages assez énigmatiques. Dès le début du métrage, il y a de quoi ravir ceux qui ont suivi ces deux dealers depuis leurs origines, puisqu'on les voit étant bébés. Le film commence sur les chapeaux de roues, et le rythme effrené auquel se succèdent les gags ne s'arrêtera à aucun moment avant le générique de fin. Nous suivons un Jason Mewes déchaîné, plus à fond dans son personnage que jamais. Quant à Kevin Smith en tant que Bob, il reste silencieux comme toujours, mais sa gestuelle et ses mimiques sont suffisantes pour faire rire.
Les deux acolytes évoluent ainsi dans un univers qui est un concentré de tout le View Askewniverse (l'univers de View Askew, la boîte de production de Kevin Smith), avec un maximum d'éléments des précédents opus qui ont été regroupés en ce seul et même film. Nous retrouvons avec un inévitable sourire au lèvres des personnages comme Holden McNeil, Randall et Dante. D'autres références plus ou moins obscures parsèment le film et sont autant de pépites pour le passionné de Smith qui les trouve. Les allusions sont même poussées jusqu'à l'utilisation de la musique des films précédents.
Tout cet amas de références est aussi l'occasion pour Kevin Smith de se pencher vers l'auto-dérision. C'est le cas lorsque Alyssa Jones dit que Méprise multiple n'aurait pas marché au cinéma, après que Tricia Jones ait critiqué Les glandeurs (et par la même occasion, les liens entre les films se resserrent puisque l'on en déduit que les personnages sont de la même famille).
Il en est de même pour les personnages de Jay et Bob, le film permet d'en savoir plus sur eux et l'explication du terme "snoogans" de Jay sert à tourner cela à la plaisenterie, mais c'est de nouveau visé essentiellement aux adeptes de Smith.
Le délire déjà présent propre à l'univers de Kevin Smith peut s'étendre désormais au delà de ce qui a été fait auparavant, grâce à un budget beaucoup plus conséquent qui nous emmène dans des scènes complètement improbables et inimaginables. Le meilleur exemple est l'apparition des personnages de Scooby-doo, qui souffrent des plaisanteries dévastatrices du scénario et des personnages principaux. C'est une partie de notre enfance qui s'envole lorsque l'on voit Sammy, Scooby-doo et le reste de la bande fumer des joints tendus par Jay, mais cela ne nous empêche pas d'éclater de rire
Jay et Bob progressent encore plus loin qu'auparavant en s'aventurant à Hollywood, ce qui laisse une immensité de possibilités. Aux noms désormais prestigieux de Ben Affleck et Matt Damon, amis de Kevin Smith depuis qu'il les a aidé à produire Will Hunting, s'ajoutent d'autres grands noms du cinéma, présents pour casser leur image de marque grâce à cette comédie hors normes.
Il est assez incroyable qu'une oeuvre aussi référentielle soit sortie dans notre contrée, mais même si de nombreux aspects du film sont destinés aux initiés, il reste suffisament de matière pour faire se tordre de rire les autres.
Pour ce qui est des mordus de Kevin Smith et de Jay & Bob par contre, ils sont transportés de surprises en surprises toutes plus réjouissantes les unes que les autres grâce à ces deux dealers de fiction devenus cultes, qui sont au centre de ce film qui fait leur apologie de façon tout à fait jubilatoire.
Bande-annonce VOST :
lundi 21 décembre 2009
Dogma
Fiche du film :
Réalisateur : Kevin Smith
Année : 1999
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Linda Fiorentino, Ben Affleck, Matt Damon, Jason Mewes, Kevin Smith
Résumé : Loki et Bartleby, deux anges déchus, trouvent un moyen de rentrer au paradis. La dernière descendante de la famille du Christ est alors missionnée par un Metatron afin de les arrêter. Elle reçoit par la suite l'aide de deux prophètes, dont l'un est extrêmement bavard et l'autre est silencieux.
Avis sur le film :
Avant même Clerks, Kevin Smith avait déjà écrit Dogma, qu'il considère comme sa profession de foi mais sous la forme d'un film. Ce n'est qu'en 1999 et après 3 productions cinématographiques qu'il se lance dans le tournage, après avoir réuni un budget suffisamment conséquent pour les effets spéciaux.
Avant même la sortie du film, celui-ci était pourtant déjà soumis à la controverse par de nombreuses associations religieuses, voyant en Dogma un message anti-catholique.
C'est pourtant ironique en sachant que le réalisateur est croyant. La plupart des protestataires n'ont pas vu le film en lui-même, mais il est pourtant clair à sa vision que Smith a une grande connaissance de la Bible et du dogme, puisqu'il s'y tient et s'en sert afin de bâtir tout son script. Les références à la religion sont très nombreuses, plus ou moins recherchées, mais s'en servent adroitement et sans détournement afin d'élaborer la trame principale et les embûches sur le chemin des divers personnages.
Tous les personnages du film ne sont pas croyants, au contraire. C'est très varié à ce niveau là, il y a des anges déchus propageant un message athée, une descendante du Christ ayant perdu la foi, un cardinal cherchant à booster la religion de façon nouvelle, un 13ème apôtre mécontent par la Bible ou encore une muse reconvertie au strip-tease.
Au travers de ses personnages Smith pose de bonnes questions sur des zones d'ombres concernant le récit de la Bible, mais même si certains protagonistes remettent en question la foi, cela se termine par un retour vers la religion.
Dogma est à voir comme une comédie, c'est d'ailleurs à cause des contestataires qu'il y a cet avertissement au début du film, qui rappelle à certains que cette oeuvre de fiction a été réalisée à des fins humoristiques.
Et bien entendu, dans cette catégorie-ci, Smith réussit de nouveau. Aux réflexions sur la religion s'ajoutent le mordant de ses répliques, comme toujours.
Il est toutefois à regretter que l'humour déborde sur les scènes d'actions. Celles-ci sont entrecoupées par des répliques placées de façon inadéquate, qui cassent le rythme de la scène et la décrédibilisent.
Heureusement, Smith a depuis démontré qu'il est capable de tourner des scènes d'actions, avec son pilote de la série Reaper.
Dogma nous emmène dans un contexte différent mais se place dans la lignée des autres films de Kevin Smith, et s'avère être une très bonne comédie qui peut plaire à n'importe quel public, croyant ou non, du moment que l'on donne une chance au film.
Bande-annonce VF :
jeudi 17 décembre 2009
Clerks, les employés modèles
Réalisateur : Kevin Smith
Année de production : 1993
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Brian O'Halloran, Jeff Anderson, Marilyn Ghigliotti
Résumé : Une immersion dans la vie de Dante et Randall, deux employés d'une épicerie et d'un vidéo-club respectivement. Leur journée s'écoule au fil des discussions, de l'arrivée de clients inopportuns ou encore une partie de hockey sur le toit du magasin. Sans oublier la venue de temps à autres de Jay et Silent Bob, les deux dealers du coin.
Avis sur le film :
En 1993, Kevin Smith travaille à l'épicerie Quick stop, dans le New Jersey. C'est la vision du film Slacker qui marque pour lui un déclic, décidant alors de réaliser son propre film, à partir de ce qu'il sait et ce qu'il a.
Il se lance dans l'écriture du scénario, prend quelques cours de réalisation et réunit ses amis ainsi que quelques acteurs afin de faire partie du casting. Après avoir réuni assez d'argent à partir d'emprunts sur divers cartes de crédits, prêts par la famille ou encore la vente de comics books coûteux, Smith se lance dans le tournage de son premier film, sur lequel tous ses espoirs reposent.
Après maints problèmes, le film a pu obtenir une réputation suffisamment importante grâce à quelques festivals pour pouvoir enfin être distribué en salle, et c'est avec une certaine impatience que les spectateurs vont voir en salle ce film déjà encensé par les critiques : Clerks.
C'est à partir de ses discussions entres amis et les comportements des clients que Smith a construit son scénario, essentiellement basé sur les dialogues. Pratiquement tout se passe dans l'épicerie Quick stop et le vidéoclub, avec la plupart du temps les personnages qui discutent. Oui, c'est ce que l'on suit pendant une heure et demi de film : les discussions entre les personnages. Et pourtant, en partant de ce quotidien en apparence ordinaire, inspiré de conversations réelles, Smith réussit à rendre celles-ci intéressantes au point que tout le film repose sur le talent d'écriture des dialogues, qui arrivent à fasciner le spectateur.
C'est aussi parce que l'écriture est ancrée dans la vie réelle que les spectateurs peuvent se reconnaître dans ces personnages dans lesquels Kevin Smith a placé une partie de son vécu, se reconnaissant lui-même en la personne de Dante.
Il y a tout de même certains évènements bouleversant le quotidien de ces deux flemmards que sont Dante et Randall, comme une veillée mortuaire ou une partie de hockey sur le toit, qui ajoutent un brin de folie à l'histoire, mais ce sont surtout les dialogues qui sont remarquables.
Avec un tel talent d'écriture rendant fluide et crédible l'intercalation des répliques porteuses de pensées abouties, mêlant des réflexions poussées sur la vie ou sur certaines oeuvres cinématographiques, Kevin Smith s'affirme comme un génie du scénario drôle et vulgaire teinté de pop culture à tendance geek, certes, mais un génie tout de même.
Il ne faut pas omettre de mentionner deux autres éléments contribuant au succès du film. Premièrement, le jeu des acteurs, dont pour certains Clerks est la première, voire seule, expérience en tant que comédiens, mais sans qui toute crédibilité de l'écriture, aussi bonne qu'elle soit, serait détruite.
Deuxièmement, la bande-son, qui a coûté une bonne partie du budget de seulement 30 000$. Elle inclut quelques légers éléments sonores qui ajoutent parfois une touche d'humour supplémentaire, mais aussi de très bonnes chansons particulièrement bien choisies, sans lesquelles Clerks ne serait pas vraiment ce qu'il est puisque certaines semblent enchevêtrées dans le film, au point que leur évocation ne peut être dissociée du métrage.
La chronique de la vie des deux losers qui tiennent les rôles principaux est concentrée en un seul jour, résultat de la distillation de tous ces éléments combinés formés par les dialogues et les situations cocasses, Clerks devient alors un pur bijou d'humour condensé en 1h30 qui nous paraissent alors trop courtes.
En étant parti de rien, Kevin Smith a réussi à user comme il faut de son habileté derrière la caméra, liée à son scénario sublime, afin de nous livrer ce chef-d'oeuvre culte à hurler de rire.
Réplique culte :
"I'm not even supposed to be here today !" - Dante Hicks
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