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mercredi 7 septembre 2011

Super


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : James Gunn
Année : 2010
Genre : Comédie / Action
Acteurs principaux : Rainn Wilson, Ellen Page, Kevin Bacon, Liv Tyler
Résumé : Frank D'Arbo est un homme normal, sans problèmes à part peut-être au sein de son couple, mais tout change quand sa femme, ancienne toxicomane, le quitte pour un riche dealer. Frank, complètement désespéré, se met en tête de combattre le crime habillé en super-héros, son but final étant de mettre en échec le baron de la drogue et récupérer sa femme.

Avis sur le film :
Il a fallu attendre bien longtemps pour que la première affiche et le trailer de ce film apparaissent, peu de temps seulement avant sa sortie aux Etats-Unis, car jusque là tout ce que l'on pouvait se mettre sous la dent n'était qu'un court extrait.
En France, il a fallu attendre encore plus longtemps pour voir Super, prévu pour une sortie au cinéma qui a finalement été annulée, le film étant visiblement trop violent. Ainsi, quel bonheur que d'avoir malgré tout la chance de le voir en salle grâce à L'étrange festival 2011.
Soit c'est une illusion créée par mon esprit pour me tromper, soit ça faisait des années que j'avais vu que c'était prévu, mais j'ai comme le souvenir d'avoir entendu parler d'un projet comme Super sur le site de James Gunn. A moins que je confonde encore avec PG-porn, ce qui n'a aucun rapport je sais, mais à moins que je fasse erreur j'avais lu à propos des deux à l'époque où je voulais en savoir plus sur ce scénariste issu de Troma. J'aurais alors des hallucinations, comme le personnage principal de ce long-métrage. Ce qui pourrait aussi dire que Super est un film que j'attendais avant même qu'il n'existe.
En tout cas la bande-annonce a (re?)lancé mon intérêt, abandonné que j'étais à l'époque après Kick-ass que j'avais tant attendu, comme le messie, et dont la suite au cinéma est d'ailleurs incertaine.
Evidemment je fais allusion au film de Matthew Vaughn, il faut croire que c'est inévitable car je l'ai lu dans toutes les critiques, mais je veux bien croire que James Gunn n'ait pas piqué l'idée et qu'il l'ait eu avant ou pendant que l'autre film se faisait.
De toute façon, Kick-ass ou non, je serais allé voir Super car je suis toujours friand de tout ce qui touche au super-héroïsme, surtout si en plus de cela il y a une dose d'immoralité, ce que j'adore peut être encore plus.


La bande-annonce était folle, dynamique, concentrant tant de délire en si peu de temps, ce qui fonctionne forcément. Je ne pouvais qu'être impatient.
Mais le film n'est pas comme ça.
Il prend des airs de film indépendant voire de cinéma du réel, avec sa musique, sa caméra à l'épaule qui tremblotte un peu, et sa surexposition, comme si les images avaient été prises sur le vif, voulant plus capter le naturel que faire du cinéma avec des artifices. C'est ce qu'indiquent aussi les plans serrés et la caméra toute proche des visages lors des scènes en voiture, comme si le cameraman n'avait pas trop la place de se positionner, et comme si dans les scènes plus agitées, par exemple celle du "viol", il avait du mal à saisir l'action.
Ce n'est pas si appuyé que ça, mais le décalage avec le sujet se remarque tout de même, et on voit que la photographie n'est pas celle d'un film de super-héros Hollywoodien classique.
L'histoire est avant tout celle d'une femme qui quitte son mari, laissant celui-ci complètement désespéré. Sauf que c'est traité avec humour et dérision, le personnage principal se montrant en voix-off aussi cruel et piquant avec lui-même que le scénario plein d'ironie qui a voulu que sa vie soit misérable.
Peut-être que c'est pour correspondre à la naïveté et banalité de sa vie que le film avait adopté cette esthétique particulière. Frank est un nul, il est ennuyeux, il se trouve pitoyable, et concernant ce qui pourrait rendre sa vie excitante, à savoir devenir un super-héros, ce n'est qu'étapes par étapes qu'il se décide à enfiler un costume.

 
Contrairement à la bande-annonce, le film n'est pas si énergique, en réalité il n'y a qu'une scène qui correspond à ce qu'on y voyait, et le trailer lui doit beaucoup. Comme le dit Frank, ce n'est pas si mal de s'ennuyer parfois, car l'ambition de Super n'est pas réellement de faire un film de super-héros épique, mais de baisser la barre pour la placer au niveau des gens normaux dont la vie n'a rien de bien trépidant. Même en costume, le héros doit passer des nuits à ne rien faire à part partienter, attendant qu'un crime survienne. C'est là que Super va chercher son humour.
En un sens il se veut plus réaliste que Kick-ass, et nous montre ce qui se passe "entre les cases", ce qu'on ne voit pas dans les comics, soit parce que c'est ennuyeux, soit parce que ce ne serait pas approprié.
Il n'y a pas tellement de références à des oeuvres existantes, à mon avis James Gunn n'est pas un spécialiste comme Mark Millar, il n'y a que quelques titres ou noms de personnages qui sont cités. Libby, le personnage d'Ellen Page, qui est censée s'y connaître, ne sait même pas d'où vient le nom de Robin. Le film parvient tout de même à s'en prendre aux comics, et surtout leur violence sans violence, celle où il n'y a aucun tache de sang ni blessure apparente, de par ses onomatopées qui s'affichent à l'écran, des "kapow" ou "bam" dans le style de la série TV Batman qui s'ajoutent à des coups de clé anglaise dans la gueule ou des corps qui explosent, et qui en plus de souiller le media dont le film s'inspire, ajoute une touche de fun à la brutalité représentée.


Toutefois ce qui brise radicalement avec l'apparent calme du début de Super, ce sont ces visions dingues qui sortent de nulle part, simplement expliquées par la voix-off de Frank qui raconte avoir des hallucinations depuis son enfance. C'est à partir de là, avant même qu'il agisse en tant que Crimson Bolt pour fendre le crâne des gens qui dépassent dans les files d'attente, qu'on se dit qu'il est sérieusement dérangé. On ne saura jamais vraiment d'où viennent de ses visions, bien qu'on puisse se douter qu'elles ne sont pas d'origine divine, surtout qu'il semblerait qu'elles ne surviennent que quand Frank est soumis à une tension émotionnelle forte, et qu'il voit ce qu'il a envie de voir, inconsciemment.
Libby est sûrement encore plus tarée, elle était déjà loufoque et hystérique avant d'être Boltie, mais après elle est encore plus excitée et prend un plaisir véritablement fou à massacrer des gens, vu son rire et son sourire de maniaque. Et plutôt que de s'ennuyer, elle préfère attaquer des personnes qui ne sont pas forcément coupables.
Ellen Page est très bonne dans ce rôle, et elle donne envie d'aller faire taire le crime avec elle.
En plus de cela, James Gunn a pensé à en faire quelqu'un qui transpose son trouble, son excitation d'être une super-héroïne, et son admiration pour Frank dans un autre contexte, lui donnant envie d'être bien plus qu'une "kid sidekick". C'est d'ailleurs excellent de voir comme la suggestion de Boltie d'aller "combattre le crime", face à un Crimson Bolt qui veut juste dormir, s'apparente à une proposition de coucher ensemble.
Le film se veut immoral et l'assume à fond et jusqu'au bout, c'est ça que j'admire. Le personnage principal n'a déjà aucune morale, et finalement ni lui ni sa coéquipière n'arrivent correctement à distinguer le bien du mal, à la fin la leçon n'est pas vraiment celle que certains auraient pu attendre, et il se passe des choses graves qui arrivent forcément quand on veut jouer aux super-héros - c'est d'ailleurs très fort que James Gunn ait fait ça dans son film, ce que d'autres n'auraient pas osé - sans que cela n'apprenne quoi que ce soit aux personnages ou que ce soit utilisé comme moralisateur.

 
Je ne sais vraiment si j'ai bien aimé, aimé, ou beaucoup aimé Super. Ce n'est pas exactement ce à quoi je m'attendais, et j'aurais voulu que ce soit le type de film où l'on éclate de rire par sa profusion de fun et de violence. J'ai ri un peu pourtant.
James Gunn a beau continuer à faire référence à Troma avec un extrait de Troma's war et une apparition de Lloyd Kaufman, c'est surtout pour la forme ; il n'y a que les scènes de l'émission religieuse qui penchent vraiment pour l'exagération grotesque et rappellent le passé du cinéaste, mais sinon il n'écrit plus le même genre de films.
En tout cas je conseille celui-ci. C'est un film de malades, de psychopathes ; Super est "inappropriate", et c'est ça qui est bon.

Réplique mémorable :
"Shut up, crime !" - Crimson Bolt

Bande-annonce VO :

samedi 29 janvier 2011

The green hornet


Fiche du film :
Réalisateur : Michel Gondry
Scénaristes : Evan Goldberg, Seth Rogen
Année : 2011
Genre : Action / Comédie
Acteurs principaux : Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz, Christoph Waltz
Résumé : Fils du milliardaire et homme d'affaire James Reid, Britt préfère aux finances les fêtes où l'argent lui permet tous les excès. Cependant à la mort de son père, il se rend compte n'avoir rien fait de sa vie. Découvrant qu'un de ses employés, Kato, est expert en arts martiaux et concepteur de gadgets incroyables, Britt a l'idée de se rattrapper en formant avec lui un duo de justiciers chargés d'enrayer le crime en ville.

Avis sur le film :
Héros d'un programme de radio dans les années 30, le Frelon vert connut plus tard une carrière sur le petit écran avec des téléfilms et une série devenue populaire par la présence de Bruce Lee dans le rôle de Kato, et poursuit de nos jours ses aventures par le biais de la bande-dessinée. Kevin Smith, geek lecteur et lui-même auteur d'un comic book sur le personnage en question, était d'ailleurs prévu comme réalisateur par ses amis les frères Weinstein, mais refusa car considérait que le budget et l'importance du projet même pour les fans le dépasseraient.
Michel Gondry fut de nouveau considéré pour la réalisation en 2009, lui qui avait déjà été embauché en 1997 alors qu'il n'avait encore dirigé que des clips vidéos. Sa filmographie depuis crée un curieux mélange avec le sujet de son nouveau long-métrage, et avec les scénaristes finaux que sont Seth Rogen et son acolyte de Supergrave, Evan Goldberg.


Pour sa première production dédiée au cinéma, les autres films sortis ayant été des montages d'épisodes de la série télévisée, le Frelon vert voit son nom emblématique devenir un prétexte servant à mettre plus facilement sur le devant de la scène le principe choisi par les scénaristes : celui d'un super-héros immature, un anti-Bruce Wayne qui n'a comme point commun avec ce dernier que l'argent et qui profite des soirées arrosées pour avoir des filles faciles, jusqu'à ce qu'il décide d'aider les gens car l'idée l'amuse.
Une réinvention totale du personnage risquée, dont le ton de la comédie saugrenue aurait pu ne pas plaire aux puristes. Seth Rogen, aussi interprète du principal protagoniste, n'en fait néanmoins pas trop, ne se lâche plus dans ses improvisations habituelles, et son personnage est drôle quoique suffisamment sobre. En revanche, Reid commence en étant immature et le reste, conformé au rôle comique si commun de la personne égocentrique et bornée qui se croit le meilleur et ne voit pas qu'il serait mort sans son ami, dans la même branche que l'inspecteur Clouseau dans le remake de La panthère rose, et qui finit par aller trop loin pour avoir sa place dans un film de super-héros. Un schéma plus classique mais évolutif où la prise de conscience de la part de Reid de l'infantilité de ses actes aurait, dans le cas présent, été plus adapté que de voir le héros traiter son sidekick de bébé et se moquer de son rédacteur en chef plus expérimenté.
L'histoire n'est quoiqu'il en soit pas ce qui importe le plus, les personnages suivant une ascension prévisible jusqu'à l'affrontement avec le grand méchant.



Michel Gondry, dont le nom surprend par sa place au générique de ce film d'action sur le papier très loin de La science des rêves ou Eternal sunshine of the spotless mind, justifie pourtant sa présence par une mise en scène qui est le plus gros atout du métrage.
Si les transitions qui font qu'un élément de la fin d'une scène se raccorde avec celui du début d'une autre sont devenu courantes de nos jours, à travers Wanted, Kick-ass ou encore Futurama, The Green hornet peut rester en mémoire par sa représentation des combats qui, après tout ce qui a été fait depuis l'existence du cinéma, trouve encore de quoi innover. Ces scènes interloquent au premier abord, puisque Kato a une vision qui lui permet d'analyser chaque ennemi et chaque arme en les cernant d'un éclairage rouge et ce, contrairement à ce que l'on peut penser, sans aucun gadget mais seulement par une représentation stylisée de la poussée d'adrénaline qui donne des ailes au personnage. Une fois ce principe inexpliqué accepté, les ralentis et les éléments du décors se démultipliant sans raison, font plaisir à voir.
Seth Rogen a perdu du poids pour obtenir le rôle titre, bien qu'il se batte peu contrairement à son camarade Jay Chou, qui fait pâle figure à côté de son prédécesseur Bruce Lee, mais qui se voit doté d'une force surhumaine par les effets spéciaux. Si les coups bas à mains nues sont nombreux, ça tire et explose aussi largement, et sans jamais ressembler à tout autre film d'action, ce grâce à des idées apportant une once de surprise dans ce qui a déjà été fait, notamment avec un pistolet à double canon ou des mitrailleuses dans des portières de voiture, et autres excentricités.
L'esthétique particulière apportée par Gondry donne aussi lieu à une séquence de résolution à tendance surréaliste, mais la plus grande prouesse, qui justifierait à elle seule la vision du film, réside en un split-screen incroyable à rendre jaloux Brian de Palma.


Parce qu'elle s'éloigne de la personnalité traditionnelle du personnage qu'elle reprend, sans oublier de faire plaisir en ressortant la fabuleuse musique de générique de la série TV originale, la version cinéma du Green hornet se place dans les bonnes adaptations de super-héros grâce au style spécifique qu'elle se crée. Le film est assimilable au couteau Suisse évoqué par Seth Rogen : alors que l'on croit avoir tout vu, quelque chose d'encore plus cool apparaît ; sans oublier un humour déjà vu mais qui fonctionne encore, servant une oeuvre faite par et pour ceux qui jouaient à être Batman dans la cour de récré durant leur enfance.

Bande-annonce VOST :

dimanche 10 octobre 2010

Dans la grotte de Batman


Fiche du film :
Réalisateur : Paul A. Kaufman
Scénariste : Duane Poole
Année : 2003
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Jack Brewer, Jason Marsden, Lee Meriwether, Frank Gorshin
Résumé : Les anciens acteurs héros de la série Batman de 1966 sont invités à une exposition automobile par un malfaiteur qui en profite pour dérober la fameuse Batmobile. Adam West et Burt Ward, se disant que la police est déjà débordée, mènent l'enquète sur les traces de leur passé.

Avis sur le film :
N'ayant jamais pu se débarasser des rôles qui marquèrent leur carrière en tant que Batman et Robin, Adam West et Burt Ward continuent de nos jours à donner des conférences où ils évoquent la série télévisée qui les a fait connaître. En 2003, l'occasion de revenir davantage sur les débuts de leur carrière se présente sous la forme d'un téléfilm nommé Dans la grotte de Batman, qui se définit comme un hommage à la série des années 60 doublé d'une réunion pour les membres du casting encore vivants ainsi que d'autres personnes liées de près ou de loin à l'adaptation sur petit écran du comic book. On peut ainsi repérer la fille d'Adam West ou un acteur rejeté lors des auditions qui se retrouvent à faire une apparition, devant une équipe de tournage en partie constituée de membres de celle d'origine ou leurs descendants.


Les acteurs sont présentés d'une façon qui adopte avec disproportion une image qu'on pourrait avoir d'eux façonnée uniquement par la série grâce à laquelle ils sont célèbres, prenant l'aspect nostalgique existant pour le tourner en ridicule par des extrêmes où Adam West aurait emporté une part de la série chez lui en aménageant sa demeure selon le modèle de la Batcave et où Burt Ward continuerait à lancer des interjections commenceant par "Holy" à tout bout de champ.
Reprendre les interprètes originaux est parfaitement logique, une grande part de l'histoire se joue même autour de la complicité du Dynamic Duo de comédiens présentés comme de vieux amis lorsqu'ils jouent leur propre rôle mais dans cette fiction, cependant cela implique un jeu d'acteur qui n'est pas entièrement bon. C'est par moments le cas pour Ward, dont la fausseté du ton pouvait correspondre au second degré avec lequel il fallait voir la série, mais qui devient un vrai défaut lors des scènes sérieuses de Dans la grotte de Batman qui devraient contraster avec les réels instants de comédie.


Néanmoins sur ce dernier point le téléfilm est réussi, selon qu'il s'agisse de blagues, d'improvisations ou des gags parfois trop exagérés, il y a aussi du plausible tourné en dérision pour accentuer certains faits comme les débuts de Ward ou le succès auprès des fans, et nous avons même droit à un désopilant Batusi sur un remix du thème musical de Batman. Toutefois, tout n'est pas basé sur les références à la série puisqu'on arrive à nous faire rire autrement même si, à travers une intrigue qui inclut la nécessité d'introduire des flashbacks pour résoudre des énigmes, nous revenons de nombreuses fois sur la série pour en apprendre d'avantage sur les coulisses et les hommes sous le costume.
Lors des reconstitutions, le flambeau est alors passé à Jack Brewer et Jason Marsden qui ont été choisis par West et Ward, les personnes qu'ils incarnent, et entraînés afin de leur ressembler dans leurs gestuelles et manière de prononcer les répliques. Sans que la production n'ait pourtant eu le droit d'utiliser des images d'archives de la série, qui n'a d'ailleurs jamais connu de sortie en DVD, des scènes clés de celle-ci sont reproduites, avec des rires derrière la caméra mais aussi des controverses sur les personnages et des inconvénients, comme ceux des costumes, mis en lumière.


Il en devient même fascinant de voir l'approche que le scénariste prête aux acteurs fictifs concernant leurs personnages ; ce n'est peut être inventé que pour Dans la grotte de Batman, mais cela dévoile une profondeur que l'on n'aurait pas perçue autrement.
Même si la reproduction n'est pas aussi drôle que la véritable série, ce très amusant téléfilm laisse porter un autre regard que l'on partage avec des acteurs qui ont vieilli mais qui ont su garder leur sens de l'humour.

Bande-annonce VOST :

jeudi 7 octobre 2010

Batman : Le film


Fiche du film :
Réalisateur : Leslie H. Martinson
Scénaristes : Lorenzo Semple Jr.
Année : 1966
Genres : Comédie / Action
Acteurs principaux : Adam West, Burt Ward, Lee Meriwether, Cesar Romero, Burgess Meredith, Frank Gorshin
Résumé : Quatre des malfrats les plus dangereux de Gotham city s'allient pour dérober une précieuse invention et tendre un piège à Batman.

Avis sur le film :
Pour promouvoir la série télévisée qu'il avait proposé, William Dozier voulut qu'une version cinéma de Batman se fasse, seulement le studio 20th century Fox refusa, jusqu'à ce que la première saison de la série ne soit terminée. Sa production se faisant avec des décors et objets déjà créés, il n'y eut plus d'hésitation quant au financement d'un long-métrage, et les acteurs du petit écran purent passer au grand, tout comme l'un des scénaristes et l'un des réalisateurs de la série.


Les épisodes de Batman étaient connus pour leur ridicule, et pourtant son adaptation cinématographique surprend encore par son démarrage en trombe avec ses messages fantaisistes, ses couleurs criardes à l'extrême et les expressions faciales très caricaturales des acteurs ; ce qui fait que le film en lui-même n'a pas encore commencé que le générique est d'un kitsch insurpassable, poussé à plus de 100% si cela était possible, au point d'en devenir déjà jouissif au bout de quelques minutes.
"Kitsch" est indubitablement le mot d'ordre, puisqu'il se retrouve partout, depuis les bases que sont la risible narration en voix off, les gadgets improbables et les costumes de pacotille, jusqu'à toutes les tournures que prennent les évènements.


Les rebondissements peu crédibles nous sont de plus présentés par des expressions saugrenues tel que "Holy sardine !" venant d'un Burt Ward excessivement fébrile accompagnant un Adam West à la parole saccadée, ainsi que d'autres acteurs faisant de leur mieux pour cabotiner. C'est notamment le cas des malfaiteurs, qui rivalisent essentiellement en mauvais jeux de mots lors de la mise en place d'un plan puéril de par son idée de départ basée sur de la science nanarde aussi bien que par son développement digne du jeu de société Attrap' souris.
Le kitsch va jusqu'à se nicher dans les détails de l'arrière-plan comme si les effets spéciaux et le requin en plastique d'un grotesque incroyable ne suffisaient pas, le tout sur une musique qui n'a jamais paru plus ridicule.


La cadence à laquelle arrivent les âneries se calme par la suite, sans quoi la vision serait devenu éprouvante, mais les éléments ahurissants sont toujours présents, entres autres dans la représentation caricaturale du monde moderne, dans des moments d'irrespect de la physique et dans l'utilisation d'onomatopées visibles à l'image qui sont gardées pour la fin, et les personnages persistent dans une bêtise terrible, sauf quand il leur faut résoudre des énigmes tirées par les cheveux jusqu'à la racine.
Batman le film s'apprécie toutefois sans remords car il assume parfaitement son idiotie monumentale qui s'est accrue et bonifiée avec le temps.

Bande-annonce VO :

mercredi 14 avril 2010

Kick-Ass

Critique en avant-première.


Fiche du film :
Réalisateur : Matthew Vaughn
Scénaristes : Jane Goldman, Matthew Vaughn
Année : 2010
Genre : Comédie / Action
Acteurs principaux : Aaron Johnson, Christopher Mintz-Plasse, Nicolas Cage, Chloë Grace Moretz, Lyndsy Fonseca
Résumé : Dave Lizewski n'était qu'un ado fan de comic books qui ne se différenciait en rien des autres jusqu'à ce qu'il décide, à partir d'une simple idée lancée au détour d'une conversation, de devenir lui-même un super-héros. Il enfile un costume et s'arme de matraques, et alors qu'il s'attarde à de basses besognes comme la recherche d'un chat disparu, il est mêlé à une affaire concernant la mafia New-yorkaise.

Avis sur le film :
Le comic book écrit par Mark Millar avait déjà eu une belle promotion, mais l'attente créée pour son adaptation cinématographique était d'autant plus grande, la sortie au fur et à mesure des comics étant aussi accompagnée de très nombreuses bande-annonces et extraits vidéos publiés sur le net.
Le réalisateur Matthew Vaughn et le créateur du comic Mark Millar s'étaient rencontrés à la sortie de Stardust, et c'est là que le projet de création du film et de la bande-dessinée en partenariat est né.
L'écriture simultanée des deux fait qu'il y a des ressemblances parfois trait pour trait, et d'autres fois des différences notables. Tant mieux d'un côté, car les deux histoires se complètent, chacun ayant apporté ses idées concernant le même sujet, ce qui empêche une trop grande impression de déjà vu en passant d'un support à un autre et permet de surprendre de nouveau ; mais d'un autre côté ce qui est dommageable c'est que ceux ayant été habitués à l'ouvrage de Mark Millar ne retrouvent pas les mêmes propos qui sont au coeur de sa version.


Les grandes lignes restent néanmoins les mêmes, mais le film développe plus certains aspects d'une histoire qui paraissait trop courte dans les 200 pages dessinées par John Romita Jr. C'est le même Dave Lizewski que l'on retrouve, ses traits de caractère et la façon dont il nous est présenté sont similaires mais ses actes et paroles qui modèlent sa personne sont différents. Le misérabilisme est tout de même accentué, ce qui donne chez le spectateur une réaction mêlée d'apitoiement, de répulsion et d'amusement.
Surgit alors l'idée de devenir un super-héros, réellement lancée par le personnage comme une idée saugrenue qui vient d'émerger dans son esprit, donnant vraiment l'impression que c'est l'ennui qui l'a poussé à mettre ses paroles en application. Car Dave n'a rien d'un héros, bien au contraire, et l'idée sotte qu'il a eu n'est qu'un délire qui l'a mené dans une situation dont il ne pouvait s'échapper. C'est seulement alors que ce justicier de pacotille va jusqu'au bout de son plan, bien malgré lui en réalité.


La violence démesurée des combats du bien contre le mal se retrouve tout de même, mais on voit bien que Kick-ass n'a rien d'un héros ou même d'un bon combattant. L'explication de sa résistance à la douleur est plus détaillée, se rapprochant de Darkman de Sam Raimi, et même avec ce "pouvoir", Kick-ass se fait "ass-kicked". On voit bien cette fois que seul la chance lui permet de survivre, mais la détermination de Dave à protéger non pas forcément les innocents mais les inconnus, ou bien mourir, fait que sa cause est marquée d'une justice aveugle (mais discutable).
Mais il ne suffit pas des quelques coups décochés au hasard par Dave, même avec en fond une musique énergique qui retranscrit très bien l'intensité de sa résolution, pour faire que Kick-ass impressionne par sa violence graphique.
Apparaissent par la suite Hit-girl et Big Daddy qui ajoutent une sérieuse touche de démence et de brutalité crue.
Nicolas Cage joue un papa maniéré et protecteur envers sa fille même s'il l'entraîne à dézinguer des méchants. Le rire est créé par le contraste entre son intonation à la Adam West suivie de ses blagues ringardes rappellant tout papa dépassé par son temps, et la barbarie dont ses ennemis sont victimes. De plus, Cage fait transparraître à l'écran sa passion pour les comic books qui se transforme en une force d'interprétation bluffante marquée par son investissement total, et la prononciation de chacune de ses répliques est d'une justesse éclatante qui nous fait ressentir que l'acteur ne joue pas Big Daddy mais le devient entièrement.
Quant à Chloe Moretz en Hit-girl, son rôle est sensationnel. Rares sont les petites filles qui marquent, mais Hit-girl a de quoi faire pâlir n'importe quel héros de film d'action.
Cette fillette vole la vedette par son humour piquant et irrévérencieux, quand elle n'est pas au milieu d'une des scènes de fusillades qui témoignent de la surpuissance de cette enfant, mise en valeur par le montage, la musique et les effets de lumières qui accompagnent ses coups de feu impitoyables qui se rapprochent parfois d'un style issu d'un jeu vidéo en first-person shooter.


Alors que Mark Millar nous montrait le anti-héros parfait rêvant de devenir un super-héros et qui se prenait une grosse claque en revenant sur terre, Matthew Vaughn fait presque le choix inverse en faisant de Kick-ass un piètre héros qui ne réussit qu'en étant lui-même. Mais s'il n'est qu'un couard armé de matraques, ce qui est tout de même plus tangible, comment expliquer sa victoire en dehors d'une chance qui a ses limites ?
C'est sur ce point que le film décide de s'affranchir des limites du réel dans lequel le comic book se basait, même dans ses égarements. Grâce à des gadgets sophistiqués, c'est celui qui a l'arme la plus grosse qui gagne, dans un bain de sang enjolivé d'explosions de gags et de tirs au bazooka.
Mais comme Millar l'a ironiquement fait remarqué à Vaughn et Jane Goldman, le duo a écrit un "film de filles", se concentrant également d'avantage sur les émotions. Le développement des personnages grâce aux deux heures de film ne nous montre pas qu'un déchaînement d'aggressivité même si c'est ce qui est attendu, car la relation entre Big Daddy et Hit-girl se construit pour en arriver presque au touchant lorsque le père calciné adresse ses dernières paroles à sa chère fille qu'il a éduqué pour la vengeance. L'insensibilité meurtrière de la Hit-girl sur le papier devient tiraillement à l'écran lorsqu'elle doit choisir entre sa propre vie ou celle de son paternel.
Mais une autre relation conflictuelle est celle entre Kick-ass et Red Mist, joué par Christopher Mintz-Plasse qui s'était fait remarqué pour son rôle de McLovin dans Supergrave. L'acteur joue de façon moins exagérée mais son intonation bien spécifique apporte une touche comique à n'importe laquelle de ses répliques.
Pour lui aussi, le personnage est devenu légèrement plus complexe car il est désormais partagé entre sa sincère admiration pour Kick-ass et son désir de suivre la voie de son père mafieux.


Kick-ass a plus de liberté que le comic book délimité par les lignes de ses cases, mais même si l'hémoglobine coule généreusement, le film donne l'impression de s'être restreint pour ne pas trop choquer le grand public, en substituant par exemple les testicules électrocutées par un supplice par le feu plus traditionnel, même si cela reste bien cruel. Ce qui est surtout à regretter c'est que la fin nous réserve un happy end alors que Mark Millar se plaisait et faisait plaisir en enfonçant encore plus ses personnages.
Malgré des changements qui peuvent sembler mineurs, le message passé est résolument différent, les auteurs ayant sûrement eu des points de vue divergents à ce sujet.
Mais dans ce cas là il ne faut plus voir Kick-ass le film comme une adaptation du comic book mais une version d'un sujet qui au départ était le même. Les deux oeuvres se complètent sans toujours se correspondre ; le comic book visait l'héroïque et le trash bien crade, le film plus grand public et donc sûrement plus limité, notamment pour éviter les contestations d'associations et les enfants voulant jouer chez eux à être Kick-ass, nous fait comprendre pourquoi les super-héros n'existent pas dans la vraie vie, mais reste cependant suffisamment en marge pour nous faire vibrer dans ses passages d'apothéoses et nous laisser ébahis dans un plaisir jubilatoire.

Réplique culte :
"Switch to kryptonite" - Big Daddy

Bande-annonce VOST :

mardi 13 avril 2010

Spider-man 3


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Année : 2007
Genre : Action / Fantastique
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church, Bryce Dallas Howard, Topher Grace

Avis sur le film :
Avec un nouveau succès rencontré à la sortie de Spider-man 2, une suite est immédiatement prévue avec une date fixée, et cette fois les frères Ivan et Sam Raimi accompagnent Alvin Sargent dans le processus d'écriture, décidant eux-même des personnages et des thèmes qui seront traités.
Cette fois les choses ont l’air d’aller pour le mieux dans la vie de Peter, le second film s’étant cette fois terminé sur une note positive, ce troisième épisode n’efface pas les accomplissements réalisés. Mais il y a néanmoins un problème qui persiste et qui s’est même aggravé : celui d’Harry Osborne, le fil conducteur de la trilogie, instauré en même temps que son père le Bouffon vert, et qui revient sous une nouvelle forme comme pour boucler la boucle une fois pour toutes.



Alors qu’il n’y avait précédemment qu’un seul ennemi sur lequel le script se concentrait, bien que les premiers jets prévoyaient déjà Doc Ock dans Spider-man 1 ainsi que le Lézard dans le 2, ce nouveau segment de la saga choisit de placer trois ennemis au total.
C’est ainsi que l’on découvre l’Homme-sable, pour lequel les scénaristes se sont appliqué à montrer le côté humain avant qu’il ne mute. Il ne s’agit pas d’un méchant caricatural dont il est très facile de n’afficher que les défauts, mais on nous le montre en premier lieu auprès de sa fille malade avec autant de soin que lorsque l’on nous fait voir tante May donnant sa bague de fiançailles à Peter. C’est cela qui fait preuve d’un talent de la part des scénaristes, qui développent leurs personnages pour leur donner une dimension réelle même dans un univers pareil, et c’est ce qui fait par exemple que le public retient son souffle quand Spider-man, en plein milieu des gratte-ciels, perd la bague qu’il peut presque saisir du bout des doigts.


L’affrontement est néanmoins reporté -même si les combattants se croisent parfois le temps d'une scène spectaculaire- pour se concentrer sur un autre ennemi plus proche : Harry Osborne, qui se retrouve amnésique. L’adaptation cinématographique s’éloigne désormais encore plus du comic book, mais se crée finalement son propre univers en piochant parmi les créations du support d’origine. L’idée de l’accident d’Harry est d’ailleurs très bonne pour pouvoir également nous faire attendre avant le grand combat final, et crée une tension au milieu de ce bonheur trop parfait pour que le super-héros conserve son intérêt.
Le projet de mariage entre Peter et Mary-Jane ainsi que le trou de mémoire d’Harry qui fait qu’il est en permanence de bonne humeur sont le calme avant la tempête, mais sont favorables à l’insertion de scènes comiques plus nombreuses. Parmi les deux grandes figures comiques de la trilogie, Jameson prend une plus grande place à l’écran rien que pour faire son show ; et l’acteur Bruce Campbell est de retour dans le rôle surprenant et désopilant d’un restaurateur Français qui lui permet encore une fois d’étaler devant nos yeux tout son talent de comédie.


Encore une fois, il y a besoin de perturber la vie presque tranquille de Peter Parker par une remise en question du héros. Venom, à disposition parmi les méchants du comic book, est parfait pour remplir ce rôle. Cette fois, le problème n’est plus extérieur mais littéralement intérieur à Spider-man, dont c’est finalement le tour de dévoiler son côté obscur, après Norman Osborne et Otto Octavius contre qui il s’était battu.
Mais c’est là que la situation devient caricaturale. Avant même d’être contaminé, Peter se comporte de façon inexplicable et sème le trouble dans son couple ; mais une fois que le symbiote s’est accroché à son organisme, notre héros se comporte comme un emo en manque de rebellion et qui prouve que le mal est en lui en se coiffant de travers. Pourtant les possibilités d’actes de cruauté auxquels pourraient mener le symbiote sont infinies. C'est comme si l'envie de chambouler le quotidien de Parker était toujours présente, mais sans en en faire trop non plus pour éviter d'en arriver à des actes irréparables. Ce point là est vraiment raté, mais on peut à la limite rire en ne le prenant pas au premier degré lorsque l'on voit Peter Parker se déhancher en pleine rue.


Toutefois les combats sont toujours superbes, repoussant encore plus loin leurs limites. La scène de la formation de l'Homme-sable était déjà le produit d'un aboutissement technologique incroyable, mais l'affrontement final tant attendu mettant en scène les quatre personnages dotés de pouvoirs surhumains redéfinit les notions de titanesque et d'épique qui avaient accompagné la trilogie.
Le sang neuf parmi les opposants et leurs pouvoirs permettent de donner des coups beaucoup plus sévères et stupéfiants de brutalité ; et la grandeur phénoménale du spectacle nous fait comprendre pour quelle raison Spider-man 3 était le film le plus cher de l'histoire du cinéma à sa sortie.
La conclusion complète l'histoire de la mort de l'Oncle Ben, suivie d'une leçon de moral pour le héros qui découvre que le mal n'est pas forcément là où il le croit.
On pourrait croire que la boucle est définitivement bouclée, comme ce devait être le cas, mais la relation entre Spidey et Mary-Jane reste en suspens, alors que ce que le public attendait avant même la sortie du film était le mariage concluant leur relation tout comme ce fût le cas dans la série animée.
Malgré le grandiose du divertissement, cette déception entâche quelque peu cette super-production.

Bande-annonce VF :

samedi 10 avril 2010

Spider-man 2


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Scénaristes : Alvin Sargent, Alfred Gough, Miles Millar, Michael Chabon
Année : 2004
Genre : Action
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina

Avis sur le film :
Dès la fin du tournage de Spider-man, Sam Raimi voit déjà une suite, qui est clairement annoncée dans la scène finale du premier film. Ce dernier avait pourtant placé haut la barre et s'était terminé de façon à donner de la difficulté à raconter ce qui allait s'ensuivre, car les réponses aux nombreux problèmes de Peter restaient en suspens.
Et des problèmes, il en a désormais plus que l'on ne s'imaginait. Les premières minutes sont à la fois surprenantes et drôles, on assiste au malheur de Peter mais toujours entouré d'humour. Le scénario prend de nombreuses libertés, en nous montrant le héros en livreur de pizzas par exemple, mais ça colle toujours au personnage et est dans la continuation de ce qu'on nous avait déjà montré.


Cette fois encore, l'humour alterne avec un sérieux plus grave, Peter étant le seul super-héros qui doit gérer sa vie d'étudiant fauché et son rôle de justicier masqué. Il doit jongler entre ses devoirs et son passé qui le rattrappe : la mort de son oncle et l'abandon de la fille qu'il aime, qui sont justement dus à sa double identité. Il y a également son ami Harry dont le père a été tué par l'homme araignée ; les conséquences du premier film ne sont donc pas oubliées, elles sont bien ré-intégrées pour pratiquement structurer les intrigues de ce second épisode. Spider-man est un héros qui traverse une crise qui est compréhensible par le public, il est harassé, humilié et le mauvais sort s'acharne sur lui. On prend un plaisir malsain à le voir souffrir, car les concours de circonstances sont clairement poussés jusqu'à l'éxagération, mais c'est d'un dramatique qui pousse aussi à la compassion.
Les personnages que l'on suit au cours du film nous sont déjà connus, nous nous y sommes déjà attaché, c'est pourquoi leur tiraillement est partagé, et le départ de Spider-man placé à l'aboutissement d'un engrenages d'évènements tragiques est compris.


C'est le moment choisi par Dr. Octopus pour faire son apparition. Il a la particularité, par rapport aux ennemis habituels, d'être un homme gentil de nature, mais qui se tourne vers le crime à cause du contrôle exercé sur lui par ses bras mécaniques. Sa genèse est même accompagnée d'une sévère violence, presque effrayante, et pourtant sans la moindre goutte de sang cette fois.
Avant sa transformation, l'attachement d'Octavius exprimé à l'encontre de Peter Parker remplace Norman Osborne du premier opus. C'est une variation sur le même thème de la dualité des rapports entre les personnages selon qu'ils sont dans leur état normal ou leur statut de héros ; si ce n'est que le drame accompagne aussi la nouvelle vie de Doc Ock, rongé par le remord qui nourrit le côté obscur de son être, après la mort de sa femme et le ratage de l'expérience qui lui a pris toute sa vie.
Le côté sombre de sa personnalité est symbolisé par ses tentacules douées d'une grande intelligence artificielle, et dont la formidable animation donne vie de façon inattendue pour nous montrer qui détient vraiment le pouvoir.


Le retour du héros est bien entendu inévitable, il est accueilli chaleureusement par des New-Yorkais dont l'attitude fait chaud au coeur, et par un combat de titans entre ce Spider-man plus expérimenté et un Doc Ock plus habile grâce à ses huit membres, suivi d'une démonstration de pouvoirs aux proportions épiques.
Parker arrivera finalement à panser ses plaies issues du passé en les confrontant, et concilie enfin ses deux identités en ne les faisant plus qu'une aux yeux de Mary-Jane, le personnage s'assume alors et devient réellement "lui-même" en faisant une amalgame de ses deux personnes.


Spider-man 2 est une suite à la hauteur de son prédecesseur, voire même meilleure, en conservant les mêmes atouts tout en allant légèrement plus loin. Le héros est cette fois en pleine puissance et nous fait preuve de toute l'étendue de ses pouvoirs face à un ennemi coriace qui nécessite l'application non seulement de la force physique mais aussi intellectuelle de l'Araignée.
Les personnages sont mieux explorés encore, et même complétés grâce aux réponses apportées par rapport au premier épisode ; et ce toujours avec de prodigieuses scènes d'actions.

Bande-annonce VF :

vendredi 9 avril 2010

Spider-man


Fiche du film :
Réalisateur : Sam Raimi
Scénariste : David Koepp
Année : 2002
Genre : Action
Acteurs principaux : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco
Résumé : Lors d'une visite dans un centre de recherche avec sa classe, Peter Parker se fait mordre par une araignée modifiée génétiquement. Il détient désormais les pouvoirs de plusieurs races d'arachnides et, lui qui était le bouc-émissaire de ses camarades, s'en sert pour devenir Spider-man.

Avis sur le film :
Avec la vague de super-héros déferlant sur les écrans au début des années 2000, Colombia Pictures redonne sa chance à l'un des personnages les plus populaires de Marvel en essayant d'effacer les trois nanars produits dans les années 70. Le scénariste David Koepp reprend ce qu'avait écrit James Cameron au début des années 90 pour Carolco pictures, mais en collant plus au comic book pour finalement conserver essentiellement l'idée de la toile fabriquée de façon organique par le héros.
Sam Raimi se charge de la réalisation, pour une fois sans qu'il ait été impliqué dans l'écriture, mais son intérêt est du à sa passion pour le comic book original.


Spider-man est un film qui rend honneur à son personnage et le comic book éponyme, partant de ses origines de loser typique, qui arrive à faire rire même avec un brin d'éxagération, jusqu'à ce qu'il devienne le super-héros que l'on connait. C'est une histoire qui semble familière à tous, mais sa revisite accompagnée d'une légère modernisation donne un air nouveau à l'image traditionnelle du zéro qui passe au héros. Tobey Maguire convient d'ailleurs bien à son rôle double, il passe de l'une de ses personnalités à une autre de façon crédible, en étant le nerd générique d'une part puis le super-héros qui garde dans sa voix une marque de son statut d'adolescent.
En même temps que le personnage acquiert ses pouvoirs, ils nous sont présentés et expliqués de façon astucieuse en associant la science-fiction à ce qui existe déjà dans la nature parmi les araignées. Généralement, les films du genre nous présente les pouvoirs en flash-back pour mieux nous montrer le héros dans toute sa puissance dans un temps présent, mais ici nous assistons à la découverte des pouvoirs tout comme leur contrôle progressif, avant qu'il ne devienne le vengeur masqué et ne vive des moments plus sombres.
Cette insistance de Columbia pictures pour que l'on suive l'évolution de Parker correspond bien au moment de sa vie dans lequel cela se déroule : son adolescence. Et le fait de placer l'histoire dans cette période précise implique la possibilité de dresser une parallèle avec sa crise d'adolescence, et la découverte sexuelle représentée au travers d'allusions par ses pouvoirs qui se développent.
Le scénario nous place même par la suite dans une situation de mal-être qu'est celle de ce jeune homme qui doit faire des choix à l'aube de sa vie d'adulte, la mort de son oncle se change en un tourment partagé avec le spectateur, qu'aurait-il fallu faire dans une telle situation ?


A tout bon héros, il se doit d'y avoir un méchant à la hauteur, et parmi la vaste cohorte d'ennemis issus du comic, c'est le Bouffon vert qui est choisi. Il introduit par la même occasion le personnage de son fils, Harry Osborn, un ami de Peter jouant un rôle très important dans sa vie. Se noue alors une intrigue triangulaire, entre Norman Osborn aka le Bouffon vert qui est comme un père de substitution pour Peter, délaissant son fils Harry et ami du héros. La métamorphose de deux d'entres eux en surhommes masqués envenime encore plus ces rapports relationnels qui construisent une intrigue bien ficelée dont les diverses histoires sous-jacentes se recroisent et s'entrechoquent.
Norman Osborn est joué par Willem Dafoe, qui convient au rôle de scientifique qui sait se montrer affectueux, mais sur son visage se dessine déjà ce mal qui est en lui et qui s'apprête à frapper, tout comme les couleurs de son environnement annoncent celles de son futur costume.
Avoir choisi le Bouffon vert permet d'exploiter plusieurs possibilités inclues en sa personne, et sert aussi d'équivalent au Joker dans Batman par son sens de l'humour qui s'avère tordu lors des quelques scènes où il en use. C'est le premier ennemi à affronter, il se montre démoniaque non seulement en tant que monstre derrière son masque grimaçant mais aussi en tant qu'être arrivant à tromper son entourage en maintenant ses pulsions le jour afin d'avoir l'air normal, et laissant libre cours à son sadisme derrière son costume.


Les effets spéciaux rendent la puissance des pouvoirs de Spider-man dans toute son intensité, et ils deviennent plus époustouflants encore par des mouvements de caméras originaux qui traduisent l'action dans laquelle nous sommes plongés, accentuée par la sublime musique de Danny Elfman.
C'est alors là que l'on retrouve la marque de Sam Raimi, qui a toujours essayé des effets nouveaux et audacieux à l'écran. Il y a aussi la présence de Bruce Campbell, l'acteur fétiche du réalisateur, et Ted Raimi qui donne la réplique à J. K. Simmons qui est hilarant en Jameson. Telle est la façon de s'exprimer de Sam Raimi, à travers un film qu'il n'a pas écrit mais auquel il donne un peu de lui-même.
Le style du film est épatant, nous sommes bien loins de L'armée des ténèbres réalisé 9 ans plus tôt par Raimi et dans lequel les fils transportant les démons étaient visibles ; et même si un large public est visé, la violence ne nous est pas épargnée. Il y a peu de sang, on pourrait presque compter les quelques gouttes versées, mais la violence graphique est plus stylisée et s'avère tout de même rude dans les combats les plus vifs.


Spider-man brise l'image du super-héros instaurée dans les années 80 pour se trouver fièrement à la tête d'une nouvelle ère dans ce genre-ci. C'est du grand spectacle qui respecte le comic book tout en apportant une dose de modernité qui ne lui fait pas de mal et sans essayer de l'édulcorer, avec de l'action et de la violence suffisantes pour divertir sans trop choquer ; et de part la maîtrise des artifices cinématographiques, le résultat est plus adulte qu'il n'y paraît.

Bande-annonce VF :

jeudi 8 avril 2010

Daredevil


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Mark Steven Johnson
Année : 2003
Genre : Action
Acteurs principaux : Ben Affleck, Jennifer Garner, Michael Clarke Duncan, Colin Farrell
Résumé : Matt Murdock est un avocat aveugle le jour, qui fait de son mieux pour rendre justice. Mais lorsqu'il faillit, son alter ego prend la relève la nuit. En tant que Daredevil, il punit les criminels.

Avis sur le film :
La Fox avait déjà posé une option sur Daredevil à la fin des années 90, mais c'est avec le succès des adaptations de comics Marvel dans les années 2000, et ce quelle que soit la qualité des films en question, qui a poussé le studio à accélérer le processus. En s'inspirant des comic books récents tout comme des classiques écrits par Frank Miller, Mark Steven Johnson s'occupe de la réalisation et du scénario, qui a d'ailleurs été apprécié par Harry Knowles du site Ain't it cool news. Pour ce qui est de l'interprère du rôle principal, il a été conseillé par le fan et scénariste de comic books Kevin Smith. Pour les fans du support original, Daredevil avait de quoi se présenter sous les meilleures auspices.


La première chose frappante dès les toutes premières images, c'est l'usage outrancier des images de synthèse pour lesquelles le film n'a sûrement pas manqué de budget. C'est d'ailleurs sûrement cet argent mis à disposition qui a motivé le choix de certains plans impossibles et nécessitant des retouches par ordinateur, mais justement il y en a trop et ils n'apportent rien aux scènes dans lesquelles ils sont placés. C'est un choix stylistique qui essaye de se développer au sein du scénario, mais est beaucoup trop artificiel, et malheureusement on découvre qu'il fait partie intégrante des pouvoirs du héros lorsqu'il est capable de voir son environnement grâce à son audition et son odorat surdéveloppés.
Les effets spéciaux et le montage ont un rendu parfois impressionnant mais qui n'est pas crédible la moindre seconde, notamment lorsque Matt a une force surhumaine ou fait des bonds titanesques sans se blesser, ce qui n'est pas expliqué par ses pouvoirs.


On peut alors décider d'apprécier le spectacle pour ses séquences d'action, mais encore une fois les choix artistiques entravent un quelconque plaisir à cause de la décision prise de montrer les choses telles qu'elles sont vues et senties par Daredevil. Le résultat est chaotique : la musique baisse ou monte de ton, les ralentissements sont suivis d'accélération et toute la panoplie de bruitages qui vont avec sont utilisés excessivement.
De plus, tout est prétexte au combat, que ce soit un règlement de compte avec un violeur ou la rencontre de Matt avec une femme, et même si les chorégraphies sont bonnes, le contexte est ridicule.
Les autres personnages n'ont pas, non plus, résisté au grotesque. Il n'est pas si important dérangeant que le Caïd ait changé de couleur de peau en passant du comic à l'écran, mais lui et le Tireur sont tombés sous la coupe de l'éxagération maladive. L'un casse des nuques d'une seule main tandis que l'autre tue avec une cacahuète et se pavane comme s'il était le roi du monde. Les deux personnages, en particulier le Tireur, auraient pu être intéressants s'il n'y avait pas tout ce cabotinage.


Mais les clichés nous assaillent de partout, dans l'histoire romantique avec Elektra ou dans la mise en scène, dans le montage et ses bruitages, dans le personnage du side-kick qui se veut drôle alors qu'il accumule les déjà-vus, ou dans le personnage joué par Coolio pour qui, décidément, le cinéma ne réussit pas (Dracula 3000, Leprechaun 5, Batman & Robin, Gangland 2010, ...)
Il y a quelques allusions agréables à John Romita, Jack Kirby, Stan Lee, ou encore Kevin Smith qui fait une apparition ; il y a aussi de bonnes idées tel que la remise en question de ce héros qui se costume en diable et dont la justice est discutable, mais rien de tout cela ne sauvent le film du trop grand nombre d'idées saugrenues qui l'anéantissent.

Bande-annonce VF :

mardi 6 avril 2010

The dark knight


Fiche du film :
Réalisateur : Christopher Nolan
Scénariste : David Goyer
Année : 2008
Genre : Action / Drame
Acteurs principaux : Christian Bale, Maggie Gyllenhaal, Heath Ledger, Aaron Eckhart
Résumé : Le nouveau procureur de Gotham, Harvey Dent, fait bouger les choses et grâce à lui la ville sera bientôt débarassée de ses plus grands criminels. C'est sans compter sur un nouvel arrivant, ne faisant partie d'aucune des mafias sévissant déjà. Lui aussi aime la mise en scène, jouer un rôle derrière son maquillage, et il se fait appeller le Joker.

Avis sur le film :
Batman begins n'était que le début du reboot organisé par Warner Bros ; tout comme la fin de ce dernier le laissait présager et grâce à un accueil chaleureux du public et des critiques, la suite se met en place dans la même lignée avec toujours Christopher Nolan et David Goyer aux commandes.
En continuant dans le même sillon tracé par Tim Burton, c'est à un gros morceau que l'on s'attaque avec l'apparition du Joker. Mais s'il semble que ce soit le même univers dont il est question, la façon dont il est traité est totalement différente entre les deux films, presque comme s'il était question de deux sujets antagonistes, alors qu'il s'agit de deux visions très différentes de Batman.


La scène d'intro nous expose ce contraste lorsque les deux némésis nous sont présentés de façon à surprendre le public. De bonnes idées innovantes sont introduites, comme la question des copycats concernant le justicier de Gotham, mais cela se fait beaucoup trop expéditivement : l'Epouvantail est arrêté sans difficultés, et dans l'ensemble les scènes en elles-mêmes ne ressemblent qu'à un avant-goût nous laissant sur une faim qui n'est pas comblée.
Le personnage du Joker n'a rien des versions vues par le passé, et cette intention de changement est soutenue par le fait que Jack Nicholson avait montré un grand intérêt à l'idée de reprendre le rôle, qui lui a été refusé. L'humour de ce criminel dans The dark knight n'est plus aussi extravagant mais plus fin, à l'image de l'humour général du film qui touche surtout à l'ironie et au sarcasme. Mais justement, le personnage perd son aspect clownesque marquant, qui était présent même dans les comics les plus sérieux comme Arkham asylum. L'accent est plutôt mis sur sa démence dans le sens dangereux du terme, et si ce psychopathe fait sourire c'est finalement par le sadisme de ses idées.


Cet épisode cinématographique, second d'une nouvelle série instaurée par Christopher Nolan, est marqué par le bouleversement pour ranimer l'attention du spectateur par rapport à l'épisode précédent qui posait les bases. Le trouble s'installe dans la vie sociale de Bruce Wayne, arborant autant de femmes qu'il veut avec lui lorsqu'il arrive à une fête mais n'arrivant pas à concilier sa doublie vie et ses sentiments pour Rachel Dawes ; et quant à Batman il est remis en question non seulement par la population mais aussi par l'arrivée du Joker. L'apparition d'Harvey Dent est par contre liée aux deux visages de Wayne, pour son bien comme pour son mal.
Gotham était proche de la salvation grâce à l'intervention de l'homme chauve-souris, mais le chaos est ramené par le Joker. L'histoire progresse en même temps que le scénario très élaboré brasse des actes criminels et magouilles de la mafia ainsi que des affaires judiciaires, à côté de celles financières de Wayne Enterprise.
Batman portait déjà ce pseudonyme avant, mais il est désormais le Chevalier noir plus que jamais grâce à des moments très sombres faits de morts, de déceptions et de révélations, alors même qu'une lueur d'espoir était proche.


Mais à vouloir trop insister sur le sérieux, Batman perd son essence même, qui avait pourtant été bien cernée dans Batman begins. Qu'il y ait des chamboulements n'est pas du tout dérangeant en soi, mais les personnages ne sont plus ce qu'ils devraient être. Les caractéristiques de l'univers se perdent même, la Batcave en premier lieu qui n'a plus le charme d'antan et est devenue une immense salle aseptisée semblable à une grande chambre d'hôpital.
Les diverses branches de l'histoire prennent une place trop vaste pour être suivie dans ses moindres détails et deviennent trop envahissantes pour ne pas affaiblir d'autres aspects du film. Les scènes d'actions par exemple se font plus rares, et bien qu'elles soient impressionnantes par leur démesure, elles le sont moins que dans Batman begins.
Néanmoins, les dispositifs mis en place préparent comme il faut le final d'une grande noirceur pleine de pessimisme, le mal l'emportant en partie sur le bien, jusqu'à l'ultime sacrifice qui nous fait retrouver l'héroïsme du Chevalier noir sous une forme nouvelle et donne une justification toute nouvelle pour ce surnom qui redéfinit complètement la perception du personnage.


Mais encore dans la dernière partie, il est dommage d'avoir mis fin trop tôt aux ennemis de Batman. Le film pose un rythme lent en son début et s'accélère quand les deux grandes figures du mal qui nous sont exposées prennent de l'importance et affichent leur potentiel qui est finalement trop peu exploité.
Il est tout de même impossible en 2h30 de rendre pleinement honneur à ces personnages capitaux du comic book, mais ils articulent tout de même une histoire qui est en définitive marquante, et dont le mot de la fin réconforte.

Bande-annonce VOST :

dimanche 4 avril 2010

Batman begins


Fiche du film :
Réalisateur : Christopher Nolan
Année : 2005
Genre : Action / Drame
Acteurs principaux : Christian Bale, Katie Holmes, Gary Oldman, Liam Neeson
Résumé : Après avoir cherché à toucher le fond aux quatre coins du globe, Bruce Wayne revient à Gotham, après un entraînement physique très éprouvant, ayant en tête l'idée d'éradiquer le crime qui empoisonne la ville à tous les niveaux. Mais pour pouvoir agir, Wayne doit frapper les esprits en tant que symbole porteur de force qui instaure la peur parmi ses ennemis, c'est ainsi qu'il choisit la chauve-souris.

Avis sur le film :
Les deux catastrophes filmiques réalisées par Joel Schumacher avaient mené à la cloture de la saga, même si une autre suite était prévue ; c'est au début des années 2000 que Warner bros décide de lancer un reboot de Batman, et cette fois c'est le connaisseur en comics David Goyer, déjà scénariste de la trilogie décomplexée et pleine de prises de liberté Blade, qui prend les rennes de l'écriture.
Pour que la saga reparte sur de bonnes bases, tout est repris depuis le début et Goyer se documente grâce à quelques uns des comics de Batman parmi les plus réputés dont Le long Halloween et Batman année 1. La réalisation est attribuée à Christopher Nolan qui montre de l'intérêt au projet, déjà réalisateur des très sombres et élaborés Memento et Insomnia.
Le sérieux du traitement du sujet et l'implication de l'équipe se ressent au vu du résultat, le grand soin frôlant le raffinement lors des séquences d'ouvertures tournées en Islande donnent l'impression d'un univers complètement différent de celui des précédents épisodes.


Batman begins nous fait voyager vers l'Orient puis nous entraîne jusqu'aux bas-fonds de Gotham city, deux cultures antagonistes avec leurs propres coutumes reflétées par les paysages et costumes ; avec aussi leur style de combat assimilés par Wayne pour former l'homme qu'il est devenu, se battant de façon brute avant qu'il ne soit formé par la ligue des ombres à un style plus technique et réfléchi.
C'est là que l'on découvre véritablement le côté humain de Bruce Wayne, nous connaissions déjà son histoire mais jamais nous ne l'avions vue ainsi. Sa mélancolie et sa rage sont exprimées de façon à ce qu'elles soient ressenties et comprises, on nous montre même le personnage comme étant faible, au seuil d'erreurs qui auraient pu lui être fatales, mais par la suite nous assistons aux gros sacrifices auxquels il se livre pour atteindre son idéal de justice.
David Goyer a fait le choix de quelques prises de liberté tout en reprenant des éléments du comic book, mais l'essence même de Batman est tout à fait assimilée, les ajouts sont tous positifs et construisent les diverses facettes d'un être complexe.


Les autres personnages repris du comic book et placés tous en même temps arrivent à entrer en adéquation et de façon habile au sein de l'histoire qu'ils servent tous sans jamais l'encombrer. Ils sont repris avec leurs caractéristiques propres, et pourtant leur présence est source d'innovations dans les éléments clés de l'intrigue inventés de toute pièce par le scénariste qui a réussi à s'inspirer des comics sans non plus les transposer simplement à l'écran.
Le casting de ces mêmes personnages arrive à concilier une brochette d'acteurs d'exceptions ainsi que des interprètes qui collent à la perfection à leur rôle respectif. Pour les adeptes de la bande-dessinée, Ra's Al Ghul est reconnaissable du premier coup d'oeil, et le choix de Gary Oldman pour Gordon était loin d'être aisé mais correspond complètement au rôle du commissaire tel qu'il était dessiné dans Batman année 1, par exemple.
Christian Bale quant à lui remplit la fonction de playboy, et même s'il n'est pas une montagne de muscles, car seul Stallone tel qu'il est actuellement conviendrait dans ce cas-là, Bale convient également en tant qu'alter ego de Bruce Wayne. Batman s'avère même être plus badass que jamais, et ce grâce à un montage exemplaire dont les astuces font comprendre au spectateur la peur instaurée par le chevalier noir. Malgré une approche plus réaliste du personnage, des artifices dignes d'un pretidigitateur donnent l'impression de le porter au rang de surhomme.


Pour la première fois les origines du costume, de la Batmobile, et de la Batcave entres autres sont expliquées, de façon rationnelle tout en ayant le prestige habituel.
Aucun élément ou personnage n'est laissé pour compte, tous sont utilisés suffisamment et à bon escien ; et cette fois toute la palette des talents du justicier est explorée et déployée sublimement, le scénario très astucieux rend hommage à son talent de détective, tandis que les actes de bravoure et les combats monumentaux sont sublimés par des effets spéciaux titanesques.


Batman begins minimise l'humour par rapport à ses prédecesseurs mais gagne en un sérieux providentiel et fait oublier tout ce que l'on sait ou non sur l'homme chauve-souris pour offrir une version nouvelle qui rend ses lettres de noblesses au héros créé par Bob Kane. Le scénario de génie est d'une richesse incroyable et donne même une dimension épique, confirmée par la musique, que n'a jamais connu le personnage au cinéma.
On en oublierait presque les films de Burton qui étaient pourtant admirables, mais cette fois Batman est de retour avec un long-métrage à sa mesure.

Réplique culte :
"It's not who you are underneath, it's what you do that defines you." - Rachel Dawes

Bande-annonce VF :