samedi 12 décembre 2009

American movie

Fiche du film :
Réalisateur : Chris Smith
Année : 1999
Genre : Documentaire
Intervenants principaux : Mark Borchardt, Mike Schank, Bill Borchardt

Avis sur le film :
Avant d'être quelque peu plus connu et reconnu grâce à son film sur les Yes men, Chris Smith a tourné un documentaire sur de parfaits inconnus, et plus particulièrement sur Mark Borchardt.
Il s'agit d'un trentenaire Américain qui a jusque là principalement travaillé en tant que livreur de journaux, et qui tient à tous prix à mettre en scène le film dont il rêve depuis des années : The Northwesterner.


C'est donc cet homme sans expérience -qui raconte qu'il lui arrive d'appeller le Maroc à 2h du matin quand il est saoul, et qui réalise ses films en noir et blanc comme il peut, avec l'aide de ses amis- que l'on suit dans ce documentaire. C'était un pari risqué que de se baser sur un tel sujet, les chances de succès du tournage de Mark Borchardt étant minces, et c'est pour cela que ce n'est au bout de 3 ans que le documentaire sort enfin. Il passe tout de même par le début de la production, puis les désillusions et les tentatives ratées, pour finalement arriver à la réalisation d'un projet, qui n'était pas tout à fait celui de départ.
Pendant ces 3 années, nous suivons le quotidien et plus ou moins le travail effectué par Mark, souvent aidé par son ami d'enfance Mike Schank.
Nous nous retrouvons dans leur intimité, Chris Smith filmant aussi bien les bons moments que ceux, plus fréquents, qui s'avèrent peu glorieux. Mais c'est la réalité dans son entièreté qui est montré, les sujets sont au naturels, aussi peu distingués qu'ils soient.
Mark et Mike n'ont pas de quoi être pris au sérieux, ayant l'air perdus et sortant respectivement d'une addiction à l'alcool et la drogue, et répétant "man" ou "you know" à tout bout de champ. Mais pourtant on ne peut que ressentir de la compassion pour ces personnes.
Mark est animé d'une grande passion pour le cinéma et n'est jamais découragé, malgré l'incompétence inconsciente de ceux qui l'entourent, qui ne sont pas aussi motivés qu'il l'est.


L'entourage et les collaborateurs de Mark sont là pour témoigner aussi, en sa faveur ou non, mais sont tous sincères. Même si cette immersion dans la vie de ces inconnus s'avère quelque fois dénuée d'intérêt, comme lorsque l'on voit la famille à Thanksgiving ou devant la TV à regarder le Superbowl ; la plupart du temps c'est du réel des situations exposées qu'est issu un humour involontaire, les protagonistes ne se rendant sans doute pas compte du potentiel comique de ce qu'ils disent.
En dehors des histoires loufoques de Mark et Mike, nous pouvons compter sur "Oncle Bill" Borchardt, qui incarne pleinement le mélange entre comique et tragique que l'on ressent parfois à la vision du film. C'est un homme farfelu, drôle sans le vouloir, et pourtant inévitablement dramatique, il donne l'impression d'être quelqu'un de fragile mais est poussé par sa sympathie à aider son neveu. Il s'attire ainsi la compassion du public, qui s'intensifie jusqu'à ce que l'on apprenne son décès après que ses paroles aient clos le documentaire.


Chris Smith a eu la chance de tomber sur la bonne personne pour le sujet de son documentaire à petit budget. La musique a été créée par Mike Schank lui-même et le montage a quelque défauts, mais son sujet et la façon dont il est traité a fait la qualité du film, celui-ci ayant été récompensé par le grand prix du jury au festival du film de Sundance en 1999.
Même si c'est Mark Borchardt qui a eu la chance de figurer dans American movie, il y a beaucoup de gens tels que lui qui tentent de réaliser leur rêve et de vivre de leur passion, et c'est à eux que l'on peut s'imaginer que ce documentaire est dédié.
La vision d'American movie donne en tout cas l'envie de voir ces gens réussir tant bien que mal, et d'en savoir d'avantage sur la carrière et les films de Mark.

Bande-annonce VO :

vendredi 11 décembre 2009

Crocodile Dundee


Fiche du film :
Réalisateur : Peter Faiman
Année de production : 1986
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Paul Hogan, Linda Kozlowski
Résumé : La journaliste Sue Charlton se rend dans une petite bourgade d'Australie afin d'écrire un article sur Mick "Crocodile" Dundee, un chasseur de prime local qui vit dans la cambrousse. S'attachant peu à peu à lui, Sue lui propose de la suivre à New York, où il découvre ce qu'est la jungle urbaine.

Avis sur le film :
Le scénario de Crocodile Dundee a été écrit par John Cornell et l'acteur Paul Hogan, interprète du personnage éponyme, qui a eu l'idée de l'histoire en se sentant perdu lorsqu'il arriva en plein New York. C'est en 1986 qu'il donne vie à ce personnage auquel il n'a jamais pu se détacher, au point de revenir dans 2 suites, dont la seconde 15 ans après le premier opus.


L'idée de départ peut paraître ne pas se prêter au rire, et pourtant c'est bien de cette histoire que survient cette comédie inattendue et qui s'avère être absolument originale. C'est une bonne surprise de voir finalement que de ce tableau de patelin perdu au fin fond de l'Australie apparaissent des éléments à ce point amusants.
Cela vient notamment du personnage principal de Dundee, et à la vision du film il est compréhensible que son créateur et interprète n'ait pu s'en séparer, car cet attachement est aussi ressenti par le spectateur.
Dundee est un personnage drôle et captivant, il est le héros et a les qualités qui correspondent, mais tout en restant dans un environnement réel et crédible. Il ne s'agit pas d'un personnage chimérique tel qu'on n'en voit qu'au cinéma, mais on ressent qu'il s'agit d'un être qui aurait pu exister, après avoir grandi dans la nature sauvage.


Lorsqu'il se retrouve à New York dans la seconde partie du film, une nouvelle forme de comédie surgit du film, le personnage devient un sorte de candide qui traverse un monde qu'il ne comprend pas, lui qui était à son aise dans la nature, ce qui donne lieu à de nombreuses situations cocasses, et ne laissant l'ennui s'installer à aucun moment.
Malgré ce choc des cultures, la sympathie communicative de Dundee fait qu'il s'attache à des inconnus déconcertés aux premiers abords, mais qui se prennent d'affection pour ce personnage hors du commun. Le spectateur s'attache alors non seulement à Dundee, mais aussi à ceux auxquels lui-même se lie d'amitié.
Dans la première partie, le film démystifiait certaines images symboliques que l'on se fait, en nous montrant par exemple un aborigène vivant parfaitement dans son époque, brisant ainsi les stéréotypes liés à son apparence. Dans cet épisode urbain, le film se situe entre une critique de la vie dans les grandes villes où l'antipathie règne et entre une histoire moraliste voulant nous montrer que tout le monde a un bon fond. Pour une ville comme New York, c'est donc une vision bien loin de la réalité, contrairement à ce qui est dépeint dans un film comme Borat où les protagonistes sont d'authentiques badauds bien moins polis.


Quoiqu'il en soit, l'humour et la bonne humeur expansive fonctionnent toujours aussi bien de nos jours, il est même surprenant de voir que le film date de 1986 tant ce qui est décrit semble toujours valable à notre époque. Le personnage de Dundee tel qu'il est campé ici restera lui aussi dans les mémoires.

dimanche 6 décembre 2009

Paranormal activity



Fiche du film :
Réalisateur : Oren Peli
Année : 2007
Genre : Horreur
Acteurs principaux : Katie Featherson, Micah Sloat
Résumé : Un couple installe une caméra vidéo dans leur chambre après avoir assisté à des phénomènes étranges dans leur maison.

Avis sur le film :
L'idée du scénario de ce film évènement venait de l'expérience personnelle du réalisateur, qui a entendu des bruits dans sa nouvelle demeure, ce qui s'était avéré être le bruit du bois qui travaillait. C'est ainsi qu'en 2007 il s'improvise réalisateur et avec un budget de 15 000 dollars seulement il donne vie à son idée qui est devenue Paranormal activity. Ce n'est qu'environ 3 ans plus tard que le film sort en salles grâce à des pétitions et le soutien de Steven Spielberg, qui aurait été effrayé lors du visionnage du métrage au point de ne pas pouvoir finir de le voir sans que ce soit en plein jour.



Même si certains peuvent rester sceptique par rapport à cette anecdote concernant Spielberg, qui n'est pas connu spécialement pour être un amateur de films d'horreur, d'autres avis venant de sites américains tels que Bloody-disgusting ou Dreadcentral ont de quoi convaincre les plus réticents.
Et pourtant, à la vision du métrage en question, il y a de quoi rester perplexe.
Si au départ il est possible de se dire que le film démarre doucement, prenant le temps d'installer l'ambiance et de nous en apprendre sur le quotidien des personnages, on attend tout de même le moment où va arriver cette fameuse terreur que l'on attendait, ces frayeurs pour lesquels nous sommes venus voir le film. Mais il y a beau attendre autant que possible, nous attendons toujours alors même qu'arrive le générique final.
Mais que s'est-il donc passé entretemps ? A vrai dire, pas grand chose, en tout cas rien qui retienne vraiment l'attention. Etait-ce lorsqu'un bruit se faisait entendre hors champ qu'il fallait avoir peur ? Ou était-ce lorsqu'une lumière s'est allumée dans le couloir alors que les acteurs étaient endormis ? Fallait-il être effrayé lorsque l'actrice retrouve ses clés par terre, alors que l'acteur qui joue son mari lui dit qu'elles n'étaient pas là ? Etait-ce quand on nous a dit que la porte qui est désormais ouverte était auparavant fermée qu'il fallait crier d'effroi ?
En tout cas sur le moment il était difficile de se décider, tellement les effets censés nous faire peur utilisés dans ces scènes sont bas de gamme, au point que l'on se dit sans arrêt que n'importe qui peut faire de même, voire mieux, chez soit, à l'instar du réalisateur qui a justement filmé dans sa propre demeure.



Même si le film repose sur la peur qu'il essaye d'instaurer, il n'est pas sauvé par le reste. Les scènes de jours sont sans aucun intérêt, et ne permettent même pas de s'attacher au couple dont on suit le quotidien. Leur intérêt est inexistant, puisque durant ce temps la seule envie que l'on a est de passer à la nuit afin d'assister aux phénomènes paranormaux. Et malheureusement, ceux-ci ne sont que frustrations pour le spectateur, passant trop rapidement aux scènes de jour qui sont simplement là afin de meubler.
La réalisation non plus n'est d'aucun secours ni d'aucune originalité. Le principe de caméra à la main a été vu et revu à l'usure ces dernières années, sauf qu'ici cette utilisation de la caméra qui bouge dans tous les sens devient vite irritant et ne sert qu'à cacher une non-maîtrise de la réalisation de la part d'Oren Peli.
Le scénario quant à lui est d'une grande banalité et n'est qu'un prétexte à ces scènes tentant désespérément de faire peur. Il y a également quelques scènes qui, d'après les rires dans la salle, doivent être comiques, mais laissent aussi circonspect que le reste.



Mais alors comment se fait-il que ce Paranormal activity ait eu tant de succès ?
Revenons sur la bande-annonce, qui nous montrait un public en effervescence, des étudiants qui étaient parmi les premiers à assister à une projection du film et qui sursautaient de façon poussée et se cramponnaient à leurs sièges. C'est là le pouvoir de manipulation des images : le public choisi est bien évidemment un public de jeunes étudiants, n'étant pas forcément habitués à ce genre de cinéma, et qui tombent naïvement dans les pièges grossiers qui leur sont tendus. Et même si certains auraient pu ne pas réagir aussi excessivement, ce ne sont que les plus effrayés qui sont retenus pour apparaître dans la bande-annonce. Avec le buzz énorme ainsi créé, c'est un même genre de public naïf à souhait qui se rend en salle afin d'assister à ce qui, pour eux, est effrayant au point de ne plus pouvoir fermer l'oeil la nuit. Et ces réactions sont reproduites lorsque l'on se rend au cinéma, et il suffit d'une simple araignée ou d'une télévision allumée afin que la plupart des gens du public se mettent à hurler de peur.
Les habitués de ce genre de films par contre ne peuvent que trouver celui-ci insipide et ennuyeux à s'en décrocher la mâchoire à force de bailler. Malheureusement ce ne sont pas ceux-là qui sont majoritaires, et ce sont les néophytes qui font le succès de ce film.



Paranormal activity n'a donc en réalité pas le moindre mérite, et ne vaut son succès qu'à un astucieux tour de force médiatique, sans quoi il aurait fini dans l'oubli total.
Pour résumer le film, il y a deux répliques qui en sont issues et qui lui correspondent parfaitement : "Il ne s'est rien passé depuis un moment. Est-ce que tu as peur ?" et plus tard : "J'en ai vraiment marre".
A éviter donc, ou du moins si vous allez tout de même le voir ne vous inquiétez pas pour votre sommeil, car la seule raison qui ferait que vous ne dormiez pas après serait que vous vous êtes endormi pendant la séance.

vendredi 4 décembre 2009

South park : le film



Fiche du film :
Réalisateur : Trey Parker
Année : 1999
Genre : Animation / Comédie
Acteurs principaux : Trey Parker, Matt Stone

Avis sur le film :
Alors que pour la plupart des séries il faut attendre de nombreuses années pour qu'elles soient portées à l'écran (comme Les Simpson), et que pour d'autres encore il faut même attendre leur suppression pour qu'un long-métrage soit produit (Dead like me, Futurama, Sex and the city, Les griffins), South park n'a eu besoin que de 2 saisons pour avoir son propre film.
Bien que le premier coup d'oeil peut en rebuter certains à cause de l'animation primaire, cette série provocatrice d'une vulgarité sans précédents a engrengé assez de notoriété au bout de 2 ans seulement pour être adaptée en film.
Bien évidemment, c'est toujours les créateurs Matt Stone et Trey Parker qui en assurent la majorité du scénario, la réalisation, le doublage, la production et... la musique. Exactement comme pour la série ou pour leurs autres films.



Ayant pu avoir l'autorisation de réaliser un film R (interdit aux moins de 17 ans) au lieu de PG-13 (interdit aux moins de 13 ans non accompagnés), le duo de scénaristes et réalisateurs a pu garantir le maintien du même esprit que dans leur série.
Et ça se voit dans le film, c'est du pur humour à la Parker et Stone, du pur South park mais décuplé, démultiplié.
A l'âme propre de la série s'ajoutent des chansons qui apportent une touche supplémentaire de délire décalé. Les habitués des films de Parker ont certainement remarqué qu'il se plaît à placer un bon nombre de chansons composées par lui-même, avec des paroles correspondant à l'idiotie de ses films. Il y en a que très rarement dans la série, mais ici ce sont elles pratiquement qui rythment le métrage, apportant du punch, de la dynamique, une bonne dose d'humour, tout en faisant avancer l'histoire et en retranscrivant par moments les émotions des personnages.



Une autre récurrence, c'est le plaisir de critiquer tout et n'importe quoi, et surtout n'importe quoi. N'importe qui est visé par l'ironie mordante de South park, la plupart du temps sans véritable raison, et c'est ce n'importe quoi permanent qui est retranscrit lors de ces piques lancés à Winona Ryder, Conan O'Brien, Bill Gates ou encore Brian Boitano.
Mais le film apporte également une vraie critique, ciblant la société américaine comme souvent. L'apparition des deux créateurs dans le documentaire Bowling for Columbine de Michael Moore n'est certainement pas un hasard, puisqu'ils critiquent à la fois la censure aux Etats-Unis et la violence omniprésente. C'est cette brutalité au cinéma qui est dénoncée, au profit de la vulgarité qui est également pointée du doigt par des personnages de South park, ironie suprème puisque le film est un étalage de grossièretés qui lui a valu d'être classé dans le Guiness book des records comme étant le film d'animation le plus vulgaire qui existe.
Après un bain de sang final, la morale nous paraît plutôt tordue et sans aucune moralité, mais ce n'est pas ça l'important.



South park le film s'affirme comme un panégyrique de la stupidité à outrance, de l'humour de bas étage et surtout de la vulgarité, ce qui est volontairement exprimé dans la scène final pastichant Dragon ball dans laquelle le monde est sauvé à grand renfort d'injures poussées à l'extrème.
C'est comme ça qu'il faut voir South park, comme un délire fou furieux faisant l'éloge de la connerie dans la démesure la plus complète, que l'on aime ou non.

Bande-annonce VF :

mardi 1 décembre 2009

Drácula (1931)




Fiche du film :
Réalisateur : George Melford
Année : 1931
Genre : Horreur
Acteurs principaux : Carlos Villarías, Lupita Tovar, Pablo Álvarez Rubio, Eduardo Arozamena

Avis sur le film :
En 1931, en même temps que le célèbre Dracula avec Bela Lugosi est réalisé, Universal décide de produire une version espagnole afin de satisfaire le public d'amérique latine, à une époque où le doublage était peu répandu.
C'est à l'américain Georges Melford que revient la tâche de réaliser ce film en espagnol. C'est avec l'aide d'un interprète qu'il dirige les acteurs hispaniques reprenant les mêmes rôles que ceux de la version américaine, à quelques différences près concernant les noms des personnages, certainement afin de correspondre au public visé.



Dans l'ensemble, la plupart des éléments du film américain se trouvent ici : les mêmes décors, à peu près les mêmes costumes, la même musique trop peu utilisée, et le même script mais adapté en espagnol.
Et pourtant, il y a plusieurs points qui font que cette version se démarque de l'autre.
Le tournage s'effectuant après celui du Dracula américain, les acteurs espagnol observèrent les scènes de leurs collègues pendant la journée, et c'est le soir qu'ils jouèrent à leur tour les mêmes scènes.
Les acteurs ont rapporté qu'ils ont essayé de reproduire les scènes en les améliorant, en leur apportant quelque chose en plus, et c'est réellement visible durant le film.
Si cela reste minime pour des scènes de moindres importance, ce changement est remarquable dans des scènes requierant plus d'expressivité. La scène dans laquelle Dracula est démasqué par Van Helsing est beaucoup plus marquante et semble beaucoup plus réelle dans cette version. Alors que Bela Lugosi se contentait de cacher un miroir, ici l'acteur Carlos Villarias le fait complètement voler en éclat.
Ce genre de modification donne plus d'énergie à la mise en scène, et on ressent mieux le courroux du vampire et son caractère n'en est que plus approfondi.



Bela Lugosi figure parmi les interprètes de Dracula les plus connus, alors qu'il ne s'est glissé dans la peau de ce personnage que deux fois; mais le jeu de son comparse espagnol est pourtant bien admirable.
Alors qu'il y avait trop de théâtralité dans le jeu de Lugosi, Villarias incarne parfaitement son personnage en faisant preuve de retenue tout en étant complètement dans ce qu'il fait. Il réussit à avoir un air réellement effrayant, notamment grâce à son regard foudroyant et son sourire machiavélique, mais sans tomber dans l'éxagération des mimiques.
Les autres interprètes plus secondaires ne sont pas forcément bons, mais il y a un autre acteur qui contraste avec les autres et avec son double américain. Il s'agit de Pablo Álvarez Rubio dans le rôle de Renfield, qui égale au moins Dwight Frye pour leur rôle de fou déchaîné. Alvarez Rubio bénéficie même d'un maquillage supplémentaire qui lui donne un air cadavérique, représentant le passage de Renfield de son état normal au monde de l'au-delà qui lui vaut sa démence.



Une meilleure réalisation et des plans plus élaborés tels que certains travelings rendent cette version espagnole définitivement meilleure que l'autre. C'est un métrage très intéressant à voir, que ce soit pour les fans de cinéma fantastique ou les curieux, puisqu'il s'agit d'un cas particulier que l'on voit rarement au cinéma, qui permet de voir sous un angle nouveau une oeuvre déjà connue, en y apportant même des améliorations.