mercredi 22 juin 2011

The Toxic Avenger part III : The last temptation of Toxie

Lors de la rédaction du brouillon, un bug de Blogger a effacé une grande partie de ce qui a été écrit, d'où le fait que cet article n'ait pas donné suite à celui de The Toxic avenger part II publié le mois dernier.


Fiche du film :
Réalisateurs : Lloyd Kaufman et Michael Herz
Scénaristes : Lloyd Kaufman et Gay Partington Terry
Année : 1989
Genres : Comédie / Action
Acteurs principaux : Ron Fazio, John Altamura, Phoebe Legere, Rick Collins
Résumé : De retour à Tromaville, Toxie se remet à se débarasser des truands, qui ont précédemment profité de son départ pour faire ce qu'ils souhaitaient. Tout va alors pour le mieux concernant la criminalité, mais c'est ce qui pose problème au super-héros toxique, qui se retrouve sans travail.
Le leader de la société Apocalypse, qui s'était échappé par le passé, revient et profite de la situation pour se mettre Toxie dans sa poche, en sachant qu'il a besoin d'argent pour payer l'opération qui rendra la vue à sa petite amie.

Avis sur le film :
La même année que l'épisode 2 sort The Toxic Avenger part III, non pas parce que les deux ont été réalisés parallèlement, comme ça a été le cas avec Retour vers le futur II et III à la même époque, mais parce que le film prévu originellement était trop long, avec une durée d'environ quatre heures, et a dû être coupé en deux.
La scission de l'oeuvre peut expliquer quelques passages bâclés, comme la course-poursuite expédiée dans les dernières minutes du second film. Toutefois, la coupure ne se remarque pas tant en prenant les deux films séparément, les problèmes évoqués dans la première suite ayant trouvé leur solution d'ici le générique de fin, et c'est d'ailleurs probablement la raison pour laquelle les distributeurs français ne se sont pas gênés pour ne pas sortir dans l'hexagone le troisième opus.


Outre le retour de certains personnages dont "Cigare-face" de l'épisode un, le lien avec le film précédent s'effectue tout d'abord par un montage récapitulatif énergique et entraînant revenant sur les évènements récents, mais pour un résumé curieusement erroné et outrancier dans ses promesses d'exploits à venir.
La connexion se fait quoiqu'il en soit par une continuité dans le traitement de thèmes récurrents. Comme d'habitude, Troma ne fait pas dans la finesse, et ce n'est pas avec ce troisième épisode des aventures de leur mascotte que les choses changent. D'entrée de jeu, le film affiche un message assez clair, présentant un groupe de braqueurs, chacun nommé d'après une grande compagnie de production cinématographique, et se faisant appeller à eux tous les "Warner brothers". Ils privent les clients d'un videoclub de leur liberté à choisir ce qu'ils veulent voir, bien que curieusement ces derniers semblent tous adeptes des réalisations de Troma, par ailleurs largement promues par diverses affiches dans la boutique. Toxie ne peut tolérer les propos des malfrats tels que "Screw Troma movies", et en tant que garant du bon goût ainsi que défenseur d'un libre-arbitre assez questionnable, il s'amuse à mettre en morceaux les malfaiteurs.
Le gore est toujours aussi réjouissant, et fait encore une fois preuve d'une grande inventivité par rapport à ce que le héros peut trouver à portée de main : un magnétoscope, un effaceur de cassettes, des bandes magnétiques, ou des tripes avec lesquels jouer à la corde à sauter.
The Toxic Avenger part III poursuit également son entreprise de tourner en dérision le film classique, avec un développement de personnage dans le cas présent volontairement forcé et ridicule concernant Claire, dont on apprend les causes de sa cécité tout juste avant que ne soit évoqué un remède possible. Le film tourne simplement en ridicule cette sorte de passage obligatoire dans les suites, tout comme dans l'épisode précédent étaient présentés des hommes de mains caricaturaux en arrière-plan, qui poussaient plus loin le cabotinage habituel en exhibant leurs muscles sans raisons, comme si c'était naturel.


Il est toujours agréable d'en voir encore plus à propos de nos héros, dans des domaines probablement plus triviaux, mais rendus intéressants par les particularités du personnage de Toxic, que l'on voit en agent du Fisc, employé de vidéo-club, garagiste, chanteur de gospel ; il tente même de se suicider, avant de devenir un odieux yuppie. Concernant ce dernier point, il est dû au retour de la société Apocalypse, qui avait déserté Tromaville à la fin du second film et qui revient ici sans explications -ce qui expose un des problèmes causés par la coupure du montage originel en deux long-métrages distincts- et sans aucun problème non plus, à se demander comment il ait été possible que les criminels se tiennent à l'écart jusque là.
Avec l'intrigue de la manipulation de Toxie par Apocalypse, dont le boss aux méthodes radicales cache en fait le Diable en personne, tel que nous l'indique clairement un passage de la Bible récité un peu plus tôt, les scénaristes font preuve d'une naïveté cette fois totalement dépourvue de second degré et qui n'est qu'un ploiement vers la facilité, sans le recul comique nécessaire pour le faire accepter par le spectateur. De plus, ce qui arrive est ennuyeux ; la nouvelle situation est source de peu de gags dont on a vite fait le tour, puisque la plupart consistent surtout à simplement montrer un monstre toxique s'habiller et parler comme un yuppie, déjà qu'il était presque navrant de le voir trop longtemps dans son rôle de contrôleur fiscal. On en reste donc à la mise en situation qui ne va pas bien loin, et qui ne permet pas de partir dans des délires poussés comme lors du voyage au Japon peu de temps avant, avec ses combats à influence asiatique.
Même quand le héros se révolte contre le chef d'Apocalypse, le film reste trop lent, trop peu énergique. L'acteur jouant Toxie semble lui-même fatigué et montre peu d'entrain, et ce depuis le début de ce long-métrage.
Pour ce qui est de l'interprète de son double, Melvin, ce n'est plus le même que dans le premier épisode de la saga, et avec ce nouvel acteur est lié un problème peut être inverse, car son trop-plein d'énergie rend le personnage agaçant de par son cabotinage insupportable.


Le montage n'arrange rien, car il insiste sur des passages à effets spéciaux dont le cinéaste devait être fier, mais de ce fait dilate trop le temps, perdant totalement l'impact d'une scène lorsque les personnages crient durant des minutes qui semblent de plus en plus longues tandis que Satan s'extirpe difficilement d'un corps.
En fin de film, l'idée de mettre Toxie à l'épreuve dans des niveaux de jeux vidéos peut se montrer originale, mais cette partie comporte le même problème que précédemment, à savoir que les personnages secondaires hurlent comme s'il y avait de quoi s'inquiéter alors que nous assistons à un héros attaqué avec lenteur par une tondeuse à gazon.
De plus les effets spéciaux sont très faibles, certains se résumant à des retours en arrière de la pellicule pour donner vaguement l'impression que Toxie fait un salto arrière, ou qu'un bus remonte en haut d'une falaise d'où il est tombé. Il n'y a qu'un seul autre moment fort qui vient faire écho au début, et il faut pour cela attendre 1h30, il s'agit de la transformation du super-héros en Melvin, tout aussi peu rythmée mais constituée d'un effet gore digne d'un feu d'artifices de couleurs dégoulinantes issu de Street trash, mais en dehors de cela il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent.
Il est tout de même surprenant qu'à l'origine ce troisième film devait faire partie du deuxième, au vu de la différence de qualité entre eux. Heureusement que The Toxic Avenger part II a été séparé de cette seconde moitié particulièrement faible, sans quoi il aurait effectué une plongée phénoménale en plein milieu du recit, mais du coup Troma nous fournit un autre film très décevant, un épisode des aventures de Toxie à oublier.

Bande-annonce VO :

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