mardi 2 mars 2010

Sukeban boy


Fiche du film :
Réalisateur : Noboru Iguchi
Année : 2006
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Asami Sugiura, Kaori, Kentaro Kishi
Résumé : Sukeban est un garçon qui, à son grand désespoir, a le visage d'une fille. Etant trop turbulent, son père a l'idée de le punir en l'inscrivant dans une école pour filles dans laquelle il doit porter un uniforme classique et passer inaperçu. Mais il apprend bien vite que les écolières sont menacées par un gang qui dirige l'établissement.

Avis sur le film :
Avant de réaliser Machine girl et après sa carrière dans le porno, Noboru Iguchi effectue la transition avec Sukeban boy, l'adaptation en live action d'un manga qui avait déjà été porté à l'écran en 1998. Le thème du garçon obligé de se faire passer pour une fille est déjà adéquat pour figurer dans la filmographie d'Iguchi, à qui l'on doit également Robo-Geisha.


Sans que l'on ait encore pu se préparer à ce à quoi nous allons nous attaquer, ça démarre déjà sur les chapeaux de roues puisqu'on nous fait foncer directement dans le vif du sujet dès lors qu'un pauvre bougre crache son sang face à la caméra. Après quoi tous les éléments majeurs du film sont réunis : le sang, les blagues grivoises (lorsque le héros tient à bien montrer à ses ennemis qu'il est un homme) et pour couronner le tout le classique arrêt sur image durant le générique de début nous montre cette fois les méchants qui se vomissent dessus. Les bases sont posées.
Après la scène d'introduction et une fois l'histoire lancée, il est à remarquer que le réalisateur n'a pas cherché à adapter ce qui marche sur papier et non à l'écran. Cela donne des scènes d'une exagération inimaginable, les situations et dialogues héritent du ridicule du manga, on en rirait presque si le visage n'était pas crispé par la consternation. Le jeu des actrices, dont le talent est déjà à mettre en doute, en pâtit d'autant plus vu la débilité de leurs répliques et expressions faciales.


La consternation cède ensuite à l'incompréhension face aux idées les plus bizzares, sorties d'on ne sait où. Ca commence par un club d'humiliation dans lequel les filles apprennent à avoir honte, et les scènes de ce genre ne cessent avant la fin du métrage, qui se lance même dans le fantastique dans les dernières minutes. La seule explication de ces idées défiant toute logique élémentaire serait l'envie de rabaisser la gente féminine en profitant de nudité gratuite.
Y sont ajoutées des scènes d'action dans un même temps, et un autre problème de la transposition directe du manga est le rythme de ces scènes. Les plans et les actions doivent s'enchaîner très rapidement, ce qui est permis dans les pages du manga où on ne se pose pas de questions concernant les actions mises bout à bout, mais dans le film le montage devient chaotique, d'autant plus que les combats encombrés du grotesque général sont très mal orchestrés, voire ne le sont pas du tout.


Des gags que le réalisateur a cru drôles s'étirent en longueur et ridiculise encore plus le montage, le film n'a beau durer qu'une heure, ça paraît alors beaucoup plus long.
Sukeban boy se voulait très fidèle au support d'origine pour apporter un grain de folie supplémentaire, mais c'est finalement le ridicule puis l'ennui qui l'emportent par manque de maîtrise de la part de toute l'équipe du film.

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